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August 4, 2005

e-cénotaphe

Posted by amo@emakina.fr

Cela fait longtemps que la question des traces numériques post-moterm est posée, mais le sujet est maintenant un des passage obligé dès que l’on parle de blog.


L’idée est simple, il s’agit de conserver le(s) blogue(s) du défunt, mais la question est plus vaste et se pose également autour des éléments de la vie numérique que sont musique, photo et vidéo. J’ai également assisté à une aparté sur le sujet autour des cyberfolios dans le monde universitaire, que certains prennent pour des blogues, mais qui serait plutôt une sorte de dossier personnel contenant vos données personnelles et ce que vous avez fait durant votre vie (à ce titre, il stockerai diplômes, certifications, CV … cela pose plein de questions mais c’est un autre débat).
J’en ai entendu prospectiver de pouvoir mettre une puce genre RFID sur la plaque funéraire afin de pouvoir se balader dans les cimetière et consulter ainsi les archives les archives des défunts, donc leurs blogs, sur son mobile. Cela renouvellerait la tradition des plaques épitaphes du XIXe (un ouvrage avait été consacré à celles en porcelaine qui peuplent les cimetières de Limoges ndr). Plus sérieusement, pensons cyber-cimetières, sites web conservant la mémoire des défunts, et qui existent déjà.
Quand Loïc cite cette auditrice de France Inter qui place le blog au même plan que les archives familiales, il y a plusieurs aspects.
S’il en était besoin, cela affirme que dans l’esprit des gens, ce qui est dématérialisé doit durer comme le reste et comme les lettres de mon arrière-arrière-grand-père à mon arrière-arrière-grand-mère en 1870, prisonnier qu’il était du côté de Sarrebruck. Le numérique fait partie de la vie et les données numériques personnelles nécessitent une pérennité
On y trouve bien la messagerie personnelle, ses fichiers, photos, vidéos, sites divers et variés, bref, une sorte de patrimoine numérique. Cela pose la question de la conservation et renvoie aux (très) grandes difficultés de l’archivistique à trouver une réponse à la conservation de tout cela. Ce n’est pas un problème de capacité ni même de garantie de sécurité, juste de pérennité des supports et des formats. Question à 100 balles : qu’en sera t’il des formats informatiques actuels dans 100 ans ? Je ne vois pas vraiment poindre de marché du stockage personnel sécurisé, quelqu’un a t’il des infos à ce propos ? ça m’intéresse.
Cela reste encore émergent, mais la question de la protection et de le conservation des données personnelles va devenir bientôt critique. Je me demande même dans quelle mesure, quand je parle de “patrimoine numérique”, cela n’aurait pas de sens en terme concret et successoral (?)
Il me semble parfaitement légitime que LiveJournal propose une conservation durable post-mortem car de toute manière, les données des bases étant de propriété de leurs auteurs, leur mise à disposition et leur conservation s’imposent. Je ne sais pas si c’est prévu, mais une prestation d’export pour délivrance sur CD ou autre me semblerait intéressante.
Pour ma part, je crois que la conservation en ligne du patrimoine numérique individuel ne se pose même pas, elle s’impose d’elle même. Il ne manque pas d’initiative d’archivage du net, sans parler des mises en cache de Google pour que, déjà, nos traces numériques perdurent. Ce dont on parle, c’est de les rassembler et de faciliter l’accès et la conservation à une communauté de descendants et de proches. C’est une demande qui va finir par se développer, au fur et à mesure que l’Internet va voir passer ses premières générations d’utilisateurs. Il y a un marché !
NB : un cénotaphe est un monument à la mémoire de défunt(s), sans être la sépulture proprement dite.

  • Bonjour Alexis,
    Je viens de découvrir votre article que je trouve excellent…
    Afin d’apporter un peu plus d’eau à votre moulin, j’ai créé récemment une société, intitulée Biobble, et qui propose de conserver perpétuellement un dossier personnel et biographique de chaque individu volontaire.
    Ce dossier, une “biobble”, contient une fiche signalétique, une biographie chronologique, une interview, des dossiers sur nos passions, la liste des membres de notre famille et de nos amis, ainsi qu’un livre d’or.
    Biobble permet donc à chacun de laisser une trace fidèle de son parcours pour les générations futures, bien plus complète et représentative que 2 dates dans un arbre généalogique ou sur une pierre tombale.
    En outre, nous avons matérialisé ce service sous la forme de kits physiques de rédaction qui permettent, et d’offrir un cadeau symbolique et sur-mesure, et, de se créer sa biobble sans ordinateur.
    Toutes nos formules sont conçues en “one life time fee”, on paye une fois, entre 40 et 65 euros, et Biobble conserve nos informations pour toujours.
    Toutes les informations sont en accès libre, entrant et sortant, mais il est possible de protéger sa biobble avec un mot de passe, ou même de choisir sa date de publication.
    Je vous invite à aller visiter mon site à l’adresse http://www.biobble.com et à me dire ce que vous pensez de cette modeste initiative française.
    Bien à vous.
    Alexandre Jardel
    Fondateur & CEO de Biobble

  • J’avais pas lu cet article remis en lumière par un commentaire :
    ça me parait être un voeu pieu, l’archivage gobal.
    Je suis pas si vieux et y’a déjà plus trace de mes débuts sur le Net :
    Pour donner des exemples, localement Cyber en Marche est ultra dans les oubliettes, on retrouve de Mygale.org quelques traces sur Web archives mais pas les miennes et j’ai rien retrouvé de citeweb.net…
    C’était pourtant les rares initiatives de cette époque ouvertes au grand public…
    Pour ce qui est du cache Google ou autre, suffit de tenter un plantage serveur sans sauvegarde pour savoir que le web conserve une infime partie de ce que l’on diffuse…
    Doit-on conserver nous-mêmes ce que l’on fait pour les générations futures ou bien le web doit-il s’auto-archiver ?
    J’ai bien peur que la seconde solution soit très empirique et fonction de trop de paramètres (choix d’hebergeurs, de formats…)
    Reste, me semble, si on veut que nos enfants les lisent, à passer nos films formats 8mm en super 8 puis en VHS puis en DVD puis en … et faire pareil pour le reste des infos numériques que l’on véhicule.
    ou a payer quelqu’un pour le faire.

  • Archivage du Web

    Le billet s’intitule “e-c