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October 12, 2005

Séminaire sur le net en politique à Nice

Posted by amo@emakina.fr

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Suite à une première formation demandée par le groupe UMP du Conseil Régional d’Ile-de-France et autour de laquelle j’ai reçu un satisfecit général, j’ai animé une nouvelle session avec des élus des groupes majoritaires d’Eure-et-Loir et des Alpes-Maritimes, hier à Nice.
Traverser le vieux Nice pour se rendre au Conseil Général des Alpes-Maritimes et déjeuner avec les élus en bordure du marché aux fleurs était tout sauf désagréable et compensait un aller-retour aérien, certes rapide, mais dont je ne suis pas un fan (le train c’est plus pratique pour travailler).
Lors de la précédente session, le public étant dans l’opposition et se positionnait donc dans une logique offensive, sujet plus facile à mon goût. Ici, il s’agissait de conserver la majorité et nous avons donc abordé des sujets plus complexes et plus passionnants.


En guise de hors d’oeuvre, on ne pouvait évidemment pas ne pas parler du SarkoSpam (puisque c’est comme ça qu’on l’appelle). Ce que je peux dire, c’est que cette histoire aura au moins permis une sensibilisation des plus efficace. Tout le monde a bien compris que ce n’est pas parce qu’on a le droit de faire quelque chose sur le net que c’est une bonne idée. Du coup, j’en connaît qui vont sérieusement réformer leur politique d’emailing et appliquer strictement les règles de l’opt-in 🙂
Plus encore que la dernière fois, j’ai trouvé des élus particulièrement en accord avec l’urgence de considérer en politique les changements de fonds à l’oeuvre avec l’avènement de la Société de l’Information.
Nous avons beaucoup parlé des jeunes et de leurs usages. Certains ont poussé le bouchon plus loin que moi, parlant de “révolution silencieuse”, affirmant avec gravité que la contestation avait quitté la rue pour s’installer sur le réseau, espace dénué de moyens de contrôle par le pouvoir. Les leçons du dernier référendum avaient déjà été reçues cinq sur cinq, sur le registre d’un “quand on sait à combien de voix se joue une élection, il ne faut rien laisser au hasard” faisant opportunément écho à un de mes billets récent.
Histoire de rentrer dans le concret, nous avons longuement parlé des phénomènes de rumeurs et de viralité, étudié les phénomènes de buzz et comment se constituaient des maillages de sites.
Le problème, dans un contexte majoritaire, c’est certes de savoir anticiper et gérer les phénomènes de rumeurs au sens négatif, mais surtout de créer du buzz positif et des dynamiques de confiance. Tout cela n’était que du pain béni pour que je puisse sortir mon arsenal autour d’un sujet que j’affectionne tout particulièrement : “investir [pour de bon] la société de l’information”.
De fait, nous en sommes venu à parler organisation. Passé les constats sur l’administration en silot et les modèles emblématiques de l’administration française du XXe siècle, nous avons abordé les bonnes pratiques de la conduite de projet et du changement au sein des collectivités locales, notamment les démarches participatives ou centrées sur l’usager.
À disserter des mérites et bénéficies d’une politique numérique active, on en revient aux études de cas exemplaires. Nous avons donc longuement parlé de Michel Hervé et de Parthenay, ainsi que de Felletin, exemples bien connus de mon auditoire. J’en viendrait à penser que ces deux villes sont entrées au panthéon des pionniers des TIC en France !
Nous avons ainsi parlé des enjeux des services publics numériques dans les territoires et exhumé les vertus des EPN. J’avais devant moi des élus de territoire ruraux ou rurbains (passé la côte, les Alpes Maritime, c’est de la montagne…) et c’est frappant comme ce sujet reste d’actualité sur ces espaces. Passé les canons du genre, j’ai été agréablement surpris d’être interpellé sur la nécessité de ces espaces sous l’angle de l’insertion et de la lutte contre les inégalités d’accès à des services, publics et privés, qui nécessitent de plus en plus un passage par l’informatique et le réseau. Une discussion passionnante et qui devrait déboucher sur des projets.

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