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October 10, 2006

YouTube, premières leçons d'un rachat

Posted by amo@emakina.fr

Et bien c’était vrai, Google a effectivement racheté YouTube et pour 1,6Md$, rien moins. Voilà donc la fin d’un suspense qui a généré un énorme buzz sur le net et dont l’épilogue m’invite à deux conclusions.


Ouf, les rêves de survalorisation des services web 2.0 sont sauvés. Après le milliard de MySpace, le 1,6 Milliard de YouTube confirme la valeur énorme des grandes communautés online, ce qui devrait logiquement relancer l’idée de bulle. Comme le souligne Emmanuel Parody qui anticipait l’annonce hier soir, il faudra maintenant attendre un à deux ans pour vérifier l’adéquation du montant du chèque avec le retour sur investissement.
Il semble que Yahoo! a fait monter les enchères. Mais même s’il paye le prix fort, Google est en train de mettre la main sur les grands espaces sociaux du réseau et accessoirement peu poubelliser GoogleVideo. Quelle est la prochaine cible ? Jusqu’à quand la frénésie des acquisitions va t’elle perdurer ? que vont faire les Yahoo! et autres Microsoft dans ce monopoly de l’audience 2.0 ?
J’avoue avoir été personnellement sceptique sur les chances de YouTube de s’en sortir, mais bien aidé par le tirage de bourre entre Google et Yahoo! pour tirer parti d’un service de fait sur le marché et la capacité de profiter de cet intérêt pour boucler des cessez-le-feu durables avec les majors d’autre part, ils s’en sont sortis. Bravo.
Maintenant, la question qui m’interpelle est de savoir qu’est-ce qui vaut 1,6Md$ dans YouTube ? Fred Cavazza s’agaçait fort hier soir là dessus et je persiste à penser que ce n’est pas le catalogue. Je crois de plus en plus que l’on se trompe quand on raisonne contenu. Le centre de valeur des services 2.0, ce n’est pas tant le contenu que les utilisateurs y déposent que la sociabilité et la notoriété qu’ils en retirent.
Dans un billet publié en juillet à propos de Digg, je posait la question de savoir si la capacité à être producteur de buzz n’était pas le coeur du business, le pourquoi nous nous servons de ces outils.
Oui, 99% du contenu de YouTube est de la merde, c’est un espèce de méga vidéo-gag, mais on s’en fout, l’important c’est que l’on s’y retrouve et que l’on en parle.
La valeur de YouTube ne me paraît pas être dans le contenu, mais dans la capacité à être une machine à en générer en continu pour le plus grand bonheur du buzz de tous et de chacun. Peu importe que le stock actuel soit pourri, l’important c’est la communauté qui se retrouve autour de ce service et qui ne va pas arrêter d’y publier.
En fin de compte, il me semble que la leçon de ce rachat, c’est de croire au changement économique du 2.0, celui d’une économie non plus centrée sur la matière, mais sur les échanges, la notoriété et la socialisation que cela rapporte à chacun. C’est après tout ça que nous allons tous chercher sur les services 2.0 et il est alors sain de penser que la valeur d’un service soit lié à ça et non au contenu qu’on a déposé chez lui.

  • Gare a celui qui neglige le contenu….Quelle erreur!
    C’est ce meme contenu justement qui fera la difference .

  • Comme tous les achats de Google la valeur ajoutée de YouTube est de focaliser ses quelques millions d’utilisateurs vers le moteur de recherche de Google… c’est tout. le moteur de recherche est le seul vrai modèle économique de Google… donc leur but est de ramener des gens sur celui-ci afin de vendre encore plus de pub pour un prix toujours plus élevé…

  • Pasionnante analyse!

  • Et avec quoi rime production de contenu par les utilisateurs ? Avec profils publicitaires qualifiés par centres d’intérêts. Il réside là l’eldorado publicitaire 2.0 me semble-t-il.