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October 24, 2007

L'adieu aux fichiers

Posted by amo@emakina.fr

Aux prémices du web 2, il y a déjà presque deux ans et demi, j’ai commis un billet dans lequel j’exposais le constat d’un problème culturel dans la manière d’aborder l’information et surtout ce que l’on fait avec. Ce que je pointais alors n’a fait que s’amplifier depuis et se trouve aujourd’hui au coeur des problématiques de performance dans les organisations.
À l’heure des nouveaux modèles de collaboration quels qu’en soient les instruments, l’enjeu n’est plus de publier, mais de faire vivre des idées, de susciter des interactions et du rebond. Récemment, Francis Pisani nous a avoué haïr les PDF parce qu’il considère que ce format est un cul-de-sac en cela. Ce que l’on veut maintenant c’est annoter, modifier, contribuer, s’approprier des bouts pour nourrir un nouveau sujet ou faire rebondir le premier.


Je souscris pleinement à ça, avec la réserve qu’il ne manque cependant pas de contextes, documentaires, légaux ou encore archivistiques où la fixation du contenu a somme toute du sens. Cela ne veut cependant pas dire que l’information soit nécessairement stockée en fichier, d’autant plus qu’associé à la nécessité de cristalliser se couple généralement celle de certifier. Quand à la captation, les outils permettant de collecter et conserver en online ou local ne sont plus un problème.
En ce moment, nous avons une belle poignée d’audits de services numériques sur la table, notamment en intranet. Ce qui est frappant à cette occasion, surtout en entretien avec les usagers c’est de constater leur frustration. Ils ont le plus grand mal à trouver des réponses à leurs problèmes dans un océan de fichiers et sont chaque jour confronté à un déluge d’information par portails et mails interposés. L’information quotidienne les sumergent et l’exploitation des gisements de ressources est en sous-performance.
La vraie révolution du Saas n’est pas de passer du logiciel au service, c’est de se libérer du fichier pour exploiter vraiment l’onformation qu’il y avait dans le fichier. Tous les observateurs ont de tout façon bien compris qu’à partir du moment où le doc est on-line, modifiable et disponible, il est aussi immédiatement diffusé et disponible aux autres. Terminé le temps passé à l’envoyer par mail et autres tâches d’acheminement. Reste à résoudre le problème d’avoir quelque chose pour superviser l’ensemble des interactions sur la myriade d’outils à disposition. Ça pourrait être via les flux RSS, mais il faudrait un peu d’évolution dans l’outillage des agrégateurs. pour suivre efficacement les révisions et les éditer directement depuis. Patience, ça vient.

  • Disons, qu’il y a surtout besoin de fluidité dans les pratiques.
    Un très bon exemple, c’est d’intégrer un Google Calendar et un Google Doc par exemple dans une page d’accueil personnalisable. D’un coup, on a un oeil sur un ensemble d’interaction. On voit qui édite, qui partage, qui met à jour, etc. Cela veut juste dire que l’équipement de base de chacun devient de souscrire à un ensemble de services qu’il faut partager et mettre en réseau.
    Finalement, le plus important devient que pour co-travailler, il faut partager des outils (et l’accès à ces outils, ainsi, j’ai besoin de connaître ton Google Agenda, ton nom d’enregistrement dans Delicious…) et aussi des pratiques (partager des tags dans Delicious, des méthodes éditoriales, de rédaction et de diffusion des mails, etc.). Ca demande comme tu le dis, un peu plus de patience.

  • Les outils sont disponibles ou près de l’être. Reste à mon sens ce qui constitue l’étape cruciale qu’un bon nombre d’entreprises hésite à franchir: l’appropriation de ces outils. Il subsiste une forte dichotomie, dont les racines se trouvent être le manque de formation, la peur de se voir déposséder d’un certain pouvoir, la culture même de l’entreprise radicalement à l’opposé, etc., entre le matériellement possible et le culturellement, socialement, politiquement, [insérer ici autres ‘excuses’], etc. bloquant.