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July 23, 2009

Privacy, privacy chérie

Posted by amo@emakina.fr

Il y a un peu plus d’un an, j’avais écris que le web 3 ce ne serait pas l’après web 2, mais changer le monde. Je n’ai pas été déçu. Nous ne sommes plus dans la démocratisation des médias, déjà dans celle de l’innovation, et déjà demain ? Quand je vois l’infinité de ce que des gens isolés et encore plus en réseau peuvent inventer et prototyper avec juste ce qu’il y a dans leur tête et le web, on n’a rien vu. La réalité dépasse la fiction.
Comme vous l’avez compris, ces derniers temps, je suis plus particulièrement stimulé par l’augmentation de la réalité. Et en contexte géolocalisé, c’est mieux. Nous trouvons déjà bizarre Aka-Aki et autres situations sociales en mobilité, mais quand la vitrine du magasin où toute objet susceptible de nous reconnaître va nous permettre de disposer, là où nous serons, d’informations et services personnalisés, sinon de nous parler, quelque chose va se passer.
Je suis entre autres choses assez interpellé par la grande sérénité avec laquelle nous semblons ne prêter aucun intérêt au fait que nous puissions interagir, disons échanger, peut-être même dialoguer. Je pense que la signification de tout cela est profondément disruptive et J’aimerai beaucoup entendre des gens instruits nous dire ce qu’ils en pensent. Entre autres choses, je vais commencer par relire, encore une fois, le dernier chapitre de SmartMobs.
Parmi les choses que je trouve intéressante à discuter, il y a les données personnelles, ce qu’internationalement on nomme la privacy.


En France, on a créé la CNIL il y a plus de vingt ans, on ne lui en a pas donné les moyens, mais ça n’empêche pas ce qui la fonde d’être toujours plus virulent d’acuité. Certains diront que les gens s’en fichent et ils ont tort. Ils en sont bien plus conscients qu’on ne le pense. Quelques rebellions bien senties ont montré que les gens détestent la modification intempestive des règles du jeu et du sens à ce dans quoi ils ont investis un peu de même. Les clients et usagers ne sont pas des moutons, mais au contraire des gens qu’il faut considérer avec sérieux.
Il y a même des analystes très sérieux qui vous disent que les gens ne veulent plus avoir à saisir des données sans rapport d’utilité avec les services qu’ils souscrivent (tiens, la porte était déjà ouverte). Je partage pleinement leur analyse et en suis à ce point ravi que cela a toujours été mon postulat personnel. Ce qu’il faut et juste ce qu’il faut, plus donner aux gens la compréhension du fonctionnement des choses et les paramètres pour maîtriser. Comprendre et pouvoir agir est fondamental quand on veut susciter l’appropriation, puisqu’on propose des services et que l’on récolte des usages.
Maintenant que l’on sait qu’il n’y a pas d’identité numérique, mais des facettes que l’internaute veut pouvoir mixer ou non, la privacy ne se discute pas, c’est un fondamental de toute tentation de services sociaux. Donner les instruments de contrôle n’est pas négociable. Et vous aurez remarquer que je ne fait ici que raisonner conditions de performance business, sans besoin d’en appeler aux Droits de l’Homme.
La question maintenant est : comment va-t’on faire avec les objets ? élément de réponse avec un excellent billet de Richard Mac Manus. J’y retrouve bien la conviction que la réalité augmentée pourrait bien être une expérience séduisante et porteuse de pleins d’idées connectées et sociales pour les lieux physiques. J’y découvre aussi les expérimentations d’objets personnels, sinon d’implants pouvant permettre de déclarer que l’on veut avoir la paix, ou pas.
Il y a là quelque chose d’intéressant. J’ai une certaine affection pour ceux qui réfléchissent à un droit à l’oubli, mais ça me paraît plutôt utopique. J’en ai rencontré qui pensaient tout bétonner, mais qui avaient oublié qu’à défaut d’être parfaitement asocial, les autres finissent toujours par parler de vous. On est en société, et il faut accepter d’en faire partie.
Surtout que, comme vous l’aurez compris, on n’en est plus là. L’actualité, c’est déjà assurer sa tranquillité de l’instant et son relatif anonymat. Marcher incognito ne va plus aller de soi très bientôt.
PS : je ne porte aucun jugement de savoir si ce que je décris est souhaitable ou pas. Le fait est que cela se développe. Le monde dans lequel nous vivons est aussi celui que nous décidons collectivement d’avoir. Les petites aventures d’Hadopi viennent aussi de nous enseigner que ces changements ne sont pas que de la technologies ou des pratiques, ils sont le fruit de nos libertés fondamentales.

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