Give your feedback
August 19, 2011

Laissez les QR codes reposer en paix !

Posted by Olivier Legris

Il ne se passe pas une semaine sans qu’on voit passer une campagne utilisant les QR code.

A l’image du concept proposé par un étudiant de la Miami School pour Victoria Secret, les campagnes sont souvent malines…

 

 

… à une exception près :

 

Personne n’utilise les QR codes.

Ou plutôt devrais-je nuancer mes propos.

Une fois que vous avez enlevé les tickets éléctroniques, personne n’utilise les QR codes.

Donc non les gens ne s’arrêtent pas sur le bas côté du périphérique pour scanner un QR code, non les gens ne poursuivent pas les bus pour scanner les affiches, non les gens ne s’arrêtent pas à une station de métro pour scanner un 4×3

Pour se faire une raison, les QR Code n’apparaissent jamais dans les études d’usage mobile.

La dernière que j’ai en date, le baromètre de suivi des mobiles IPSOS AFMM 2009 s’arrêtait à la notoriété de ces derniers (si vous avez des études d’usage sur les QR code en France, n’hésitez pas à me contredire dans les commentaires).

Ce n’est pas un hasard si R/GA, l’agence qui a crée Nike+, se permet de twitter ceci alors qu’ils viennent de lancer une campagne Mastercard dans New York qui utilise les QR codes (cf: Le Japon est le seul pays avec un usage des QR codes réél) :

 

 

Pour autant, avec le taux d’équipement de smartphone qui dépasse les 30%, une couverture du réseau 3G tout à fait décente sur le territoire, nous sommes dans des bonnes conditions pour enfin pouvoir utiliser le smartphone comme pont entre le monde physique et numérique.

 

Un problème technologique ? Non un problème de contexte

On pourrait facilement faire le procès de la technologie, dire que celle du QR code est dépassée.

Pour autant, aujourd’hui alors que la technologie de la reconnaissance d’images commence à être tout à fait viable (testez Google Goggles, U-Snap de JCDecaux, ou la très prometteuse technologie des parisiens de chez Moodstocks), nous n’assistons pas pour autant à des armées de personnes scannant des affiches dans la rue.

Une des réponses est peut-être à aller chercher du côté d’une étude publiée récemment chez Comscore où on apprend que 14 millions d’Américains (6,2% des propriétaires de mobile pour la perspective) ont scanné un QR Code.

On est encore au niveau des early adopteurs mais plus que l’étude démographique qui dresse le portrait d’un scanneur geek (homme, 18-34 ans, revenu du foyer de $100 000+), c’est bien le contexte de ces scan qui est intéressant :

Seul 12,6% des QR codes ont été scanné à l’extérieur ou dans les transports en commun.

Afin d’expliquer cet échec de contexte, j’aime bien utiliser l’expérience faîtes par le Washington Post qui a consisté à faire jouer Joshua Bell, violoniste de talent, dans le métro de D.C. et de démontrer que presque personnes n’y ferait attention.

 

De cet exemple (totalement emprunté à nos voisins de chez Nekid), il faut se poser la question du contexte :

Quand est-ce que le service amené par les QR Code (l’information complémentaire, le coupon, ou le goodies) se révèle pertinant ?

Là encore pas de surprise chez Comscore, les moments où les QR code sont le plus scannés sont “à la maison dans un magazine ou journal” ou “dans un magasin sur un packaging”.

Pour autant, il y a quelques mois, dans une discussion avec un directeur marketing d’une grande entreprise d’éléctroménager, il m’informa que le nombre de QR codes scannés par produit se limitait à l’échelle de la centaine sur l’Europe !

 

Un problème de contexte ? Un problème d’ambition !

Le QR code est un vestige d’une passé limité.

Aujourd’hui où les applications mobiles sont reines, il est temps d’utiliser les technologies actuelles (reconnaissance d’image), dans un ecosystème connu (l’application proposée par la marque) pour offrir une vrai valeur ajoutée (indice: télécharger le spot TV en scannant un 4×3 n’est pas un service de valeur ajoutée) dans un contexte naturel (catalogues, magazines, magasins).

Alors laissez le pauvre QR code reposer en paix après 15 ans de bon et loyaux services, et inventons les services de demain.

  • Très bon point de vue.

    Un petit exemple pour ta conclusion en reprenant tes critères avec l’application Castorama: http://bit.ly/lm0srU

    Technologie actuelle: reconnaissance d’image avec Moodstocks
    Ecosystème connu (l’application proposée par la marque) : application Castorama
    Vraie valeur ajoutée: vérifier la disponibilité ou réserver un produit
    Contexte naturel: publicité/catalogue ou produit

  • Bonsoir,
    tout d’abord je tiens à féliciter ce bien joli post, complet, bien écrit, cohérent et d’actualité.
    Ceci dit, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toutes les affirmations.
    Il est vrai qu’il n’existe pas encore de sérieuses études concernant le Qr Code en France.

    Évidemment si je défend ce “cher” Qr Code c’est qu’il fait parti de mon quotidien.
    J’ai de multiples expériences, concrètes et surtout dans des cas réels, je ne parle donc pas de pure “hypothèses” mais avec de vrais arguments vécu.

    Je crois que dans un premier temps le Qr Code n’est pas encore “si connu” que ça en France, de plus ils est “marketingement jeune” (même si il fait parti du quotidien d’autres pays depuis quelques années).
    De ce fait les apprentis sorciers qui tentent de l’utiliser son souvent maladroits.
    Je reprends l’exemple du periph, ou de l’arrière du bus … cela n’a aucun intérêts, je rajouterai même que c’est idem si le code renvoi l’utilisateur vers du contenu “Non Mobile”.
    On voit donc beaucoup d’erreur : Trop petit, trop dense, trop “customisé” qui le rende “inscannable” et décourage l’utilisateur.

    Il faut, à mon avis, laisser un peu de temps au temps pour voir les vraies valeurs de celui-ci.

    Je rebondis à présent sur la grande tendance du moment … la réalité augmenté ou la reconnaissance d’images.
    Pour ma part, et je fais un peu de provoc’ volontaire, la reconnaissance d’images ne vaut rien !
    Ou du moins face au Qr Code !

    Le Qr Code qui fait son entrée petit à petit commence à faire partie de l’image de l’entreprise, il devient une identité visuelle qui permet de dire ‘Chouette il y à de l’information supplémentaire’, de plus sa mise en place, je prendrai juste l’exemple de la génération d’un code pour une redirection vers un site Web, est gratuite.

    Prenons maintenant un cas simple de reconnaissance d’images, je zyeute un magasine et me dis de nouveau ‘Chouette il y a PEUT ETRE de l’information supplémentaire’ je m’arme donc de mon Smart Phone et là … déception il n’y à rien derrière cette image … frustration … au bout de 3 frustrations j’arrête de sortir mon Smart Phone pour rien !

    Détaillons à présent le même ca, gratuit,s que le Qr Code ci-dessus, une simple redirection vers un site Web nécessite.
    Pour la reconnaissance d’images une adhésion à un prestataire, car mr Lambda ne sera certainement pas capable de développer un service de reconnaissance d’images, sera de rigueur, ensuite pour chaque visuel que je vais vouloir “linker” je vais devoir déclarer celui ci sur un serveur de mon prestataire … ça commence à faire beaucoup pour une simple redirection non ?

    Continuons, la reconnaissance d’images a un côut non négligeable que le Qr code n’a pas !
    Vous allez devoir payer un droit d’entrée à votre prestataire, des frais de développement, des frais au nombre de scan de votre visuel, des frais au nombre d’images déclarées sur leurs serveur … bref ça chiffre vite !

    Ca fait quelques arguments quand même non ?
    Mais c’est pas fini, et le pire arrive pour moi !
    Selon qui à généré la reconnaissance d’images il vous faudra une application propriétaire, ca veut dire quoi ? Ca veut dire qu’il faudra posséder autant d’application qu’il y a d’acteurs sur ce marché ! Contrairement au Qr Code ou une application suffit a tous les lires !

    Bref je m’emballe certainement mais personnellement je ne crois pas que le Qr Code soit dépassé, bien au contraire, ses belles années sont devant lui !

    Christophe Harelle
    Qr-Me

  • Rom1

    Entièrement d’accord.
    Cette technologie devrait mourir complètement dans les 2-3 ans, le temps que la reconnaissance d’image fasse sa place et que la couverture des téléphones équipés NFC soit suffisament importante.

  • Ok dans les grandes lignes d’attaque mais
    – 10% des possesseurs de smartphones Europe5 ont scanné un QR en Juin. http://www.comscoredatamine.com/2011/08/in-eu5-more-than-half-of-qr-codes-are-scanned-while-at-home/ > volume très encourageant.
    – Attaquer le manque d’imagination des publicitaires pour proposer des services à réelle valeur ajoutée derrière les QR, c’est pas la bonne bataille. On peut proposer des services à valeur ajoutée, c’est un fait plutôt positif.
    – Le QR + l’indication de ce qu’on va retrouver derrière celui-ci fournit un avertisseur visuel contrairement à la reconnaissance d’image. À l’heure actuelle les usages ne sont pas assez matures pour qu’on puisse se passer de ce repère pour des usages généralisés.

  • Olivier Legris

    @Laurent @Christophe Harelle

    Je vous rejoints dans l’idée que le QR code a plus ou moins installé une signalétique qui dit “scanner ceci et vous aurez quelque chose”.

    Hélas le QR code n’étant pas explicite par lui-même sur le contenu que l’on va trouver en se connectant, il faut rajouter une phrase ou incentive.

    On en revient donc à se mordre la queue, vu qu’il est necessaire d’accompagner le QR code d’une phrase d’explication, perdant ainsi la valeur “informative” du QR code.

  • Je ne suis pas trop d’accord avec vos conclusions, surtout en national où je trouve, comme Christophe Harelle, qu’en France au niveau Marketing il n’en est qu’à ses débuts.

    Je m’occupe du marketing et de la com’ d’une SSII de 8 personnes, nous sommes actuellement en pleine refonte de l’image de la société et nous intégrons des QRcodes “à foison”.

    Pour l’image que ça renvoie premièrement, nous aimons ce coté geek, mais aussi pour le coté pratique et “interactif”. Nos cartes de visite sont affublées d’un QRcode qui renvoie sur un Vcard, en un “clic”, nos coordonnées complètes sont intégrées au contact du client / prospect.
    Le QR est effectivement accompagné de la mention “scannez moi”, mais il est aussi personnalisé, moins moche que le simple noir et blanc pixellisé.

    Toutes nos fiches produits sont équipées (renvoi sur la page dédiée de notre site), sur notre site nous en avons intégré, notamment pour la localisation de nos locaux. Un scan et l’itinéraire se met en place sur le smartphone, etc…

    Loin de nous l’idée de faire des 4×3 impossibles à scanner, nous faisons essentiellement du BtoB, mais je pense que bien utilisé le QR code est très pratique et commence tout juste à attirer “la masse”. Je le vois et le constate en distribuant ma carte de visite qui amuse toujours mes interlocuteurs.

    Je pense qu’il faut se positionner un peu + “généralement” et ne pas oublier que ce genre de technologies ne fait pas encore partie de la culture de Monsieur et Madame tout le monde, mais ces mêmes gens sont curieux, amusés, il n’y a que très peu de communication grand public sur le QR code et le réflexe n’est pas encore naturel. Mais je suis persuadée que ça viendra.

  • Je trouve que taper une short URL dans un browser est plus pratique et rapide que de scanner un QR Code. On ne doit pas lancer un logiciel spécifique et cadrer, on ne dépend pas des conditions de luminosité, on peut taper une short URL dans un véhicule si on est passager. Si elle est bien choisie, on peut mémoriser une short URL. Créer une short URL est trivial. Tous les utilisateurs savent ce qu’on peut faire avec une short URL. Ca marche sur les mobiles ET sur les laptops, desktops, consoles, … Utiliser une short URL ne nécessite aucune installation d’application du coté utilisateur. Avec la place économisée en utilisant une short URL plutôt qu’un QR Code, on peut mettre un call-to-action efficace, en couleur et pertinent. etc.

    A tous les promoteurs de QR code, je demande une réponse sincère : avez-vous réellement essayé de scanner un QR Code dans la vraie vie ? Et votre maman ? Et taper une short URL ?

  • @Rom1 : La problématique du NFC est que le constructeur seul va déterminer si les mobiles seront équipes ou non … j’ ai lu qu’Apple voulait le laisser tomber en faveur du Bluetooth 4.0 (http://geekattitu.de/2011/07/23/pas-de-nfc-dans-liphone-5-mais-du-bluetooth-4-0/) contrairement aux QR, ou autres, ou le seul décideur est le “consommateur” final (j’installe ou non une appli) donc actuellement je dirai que le NFC n’est pas une bonne soluce … trop de dépendances.

    @Oliver : permet moi de régir sur cet argument “Hélas le QR code n’étant pas explicite par lui-même sur le contenu que l’on va trouver en se connectant, il faut rajouter une phrase ou incentive.”, pour ma part je dirai plutôt que GRACE au Qr Code on est sur d’avoir du contenu derrière (certes aujourd’hui celui ci est encore souvent mal exploité) contrairement à la reconnaissance d’image ou après avoir scanné on peut se retrouver frustré de l’avoir fait pour rien.

    @Brice: On dirait du SEO pour du Short Url ! De mon coté je trouve que scanner un code est bien plus pratique que d’écrire une Url sur un écran 5″ faisons un test simple, l’Url de ce post à taper sur un Smart Phone contre cette même Url à scanner … je pense qu’a 10 contre 1 je gagne 😉 … Url rewriting oblige n’est ce pas.
    De plus tu dis “lancer un logiciel spécifique” … désolé mais pour écrire une Url je dois aussi lancer un logiciel spécifique … un navigateur 😉 donc un partout balle au centre.
    Ensuite je ne pense pas que Mr tout le monde connaissent le short Url, et pour le reste 90% de celle-ci (générése automatiquement) ne sont absolument pas mémorisables …

    Pour répondre à ta question … personnellement oui, on s’en doutai ceci dit, j’ai déjà scanné des Qr Codes, je dirai même plus que je boss avec un producteur de concert qui posent des Qr sur ces affiches pour acheter son billet en ligne direct depuis son smart phone … retour … ca fonctionne correctement et un certain panel ne se gène pas d’utiliser cette facilité.

    En revanche taper une short Url … jamais, j’ai déjà du mal a taper un sms ^^
    Après, et heureusement, chacun trouve son compte quant à sa façon d’utiliser ses appareils 😉

  • @Christophe Harelle : Tu n’as pas bien compris mais c’est ma faute j’ai oublié d’expliquer qu’une Short URL est une adresse de site aussi longue que tu veux qui est raccourcie via un alias, par exemple l’URL de ce post : “http://blog.emakina.com/2011/08/19/laissez-les-qr-codes-reposer-en-paix/” serait raccourcie en “http://x2.be/qr”.

    Evidemment dans ce cas taper cette URL dans le navigateur et plus rapide que devoir lancer un lecteur de QR code, cadrer correctement (si les condition de lumières et de proximité le permettent), shooter et reconnaitre le lien par un query online, avant d’ouvrir le navigateur avec cette URL.

    Tu comprendras aussi que Mr tout le monde n’a pas a connaitre ce qu’est une Short URL, c’est une URL comme les autres. Plus facile a générer qu’un QR code. Voila voila…

    Quand a ton problème pour taper les SMS, je propose de diviser le monde en deux : ceux qui sont incapables de taper un SMS et qui préfèrent les QR Codes (pour le moment je ne connais que toi) et ceux qui savent taper un SMS ou une URL et utiliserons plus facilement une URL (le reste de l’humanité). Certes chacun trouve son compte quant à sa façon d’utiliser ses appareils… mais on va pas faire perdre du temps et de l’espace a tous les éditeurs de contenu avec des QR Code pour ton handicap personnel.

    D’ailleurs on voit le succès des deux approches : tous les les utilisateurs de smartphones ont deja tapé une URL, par contre peu on utilisé un QR Code. Le reality check est toujours sain.

  • @Brice : Bien au contraire j’avais très bien compris ce qu’est une Short Url je les utilisent d’ailleurs pour faire du tracking n’est ce pas, bref, ton exemple montre très bien ce que j’ai essayé d’exposé, et par la même occasion, te contredit : ‘http://x2.be/qr’ bien que cette Url soit purement fictive car elle sont généralement générées avec 5 ou 6 caractères alphanumériques elles deviennent “inretenables” (http://goo.gl/a0f07) … et je reste prêt à prendre le pari 2 Smart Phones allumés sur son écran d’accueil, une Url à taper, un code à scanner, le résultat sera le même le code va plus vite … de plus tu ne pourra nier qu’en terme d’action utilisateur il y en a tout de même moins du coté du scan (car oui oui du côté des smarts phones tous nombres de click est comptabilisé pour pouvoir offrir une navigation aisée à l’utilisateur), bref il me semble qu l’on s’égare, et je j’ai pris l’exemple d’un sms pour dire que c’est tout aussi chiant qu’a taper qu’une Url non pas que je sois frappé d’un quelconque handicap 😉 et je répète que personnellement si je vois un visuel qui me laisse le choix entre “taper cette Url” ou “Scanner ce Code” mon choix sera vite fait.

    Maintenant juste histoire de remettre les choses dans leurs contexte, il me semble que le sujet de ce post était plus ou moins réalité augmenté ou reconnaissance d’images VS Qr Code , une simple aparté de SMS t’as fait perdre la route, comme quoi les arguments AR Vs QR Code te manquent 😉

    Je finirai donc avec une phrase comme la tienne mais qui est plus dans le thème du post : Il y a tous de même plus d’utilisateurs de smartphones qui ont déjà scanné un Qr Code que d’utilisateurs qui ont tentés de la reconnaissance d’images 😉