Et si la TV était sociale avant d’être connectée ?

Mar 9 2011

La télévision est au centre de toutes les attentions, l’objet de toutes les convoitises, au cœur d’une bataille très disputée… En effet, après une longue phase d’ignorance mutuelle, de mépris et d’observation, la télévision et internet vont se marier. C’est inéluctable. Cela soulève deux questions. L’une porte sur les usages, l’autre sur le modèle économique. C’est naturellement la seconde qui gouverne les esprits. Si les recettes publicitaires sur le web ont connu une très forte croissance, nous sommes encore bien loin du gigantesque gâteau de la publicité télévisuelle, une économie (encore) florissante mais déjà bousculée que le web regarde comme une grande opportunité.

Les chaînes sortent aujourd’hui de la télévision pour aller sur d’autres écrans, soucieuses de bien verrouiller le tuyau des contenus et des revenus publicitaires. Ce mouvement s’inscrit dans une tendance de fond : faire rentrer le web dans la télévision en la connectant. Constructeurs, géants du digital, fournisseurs d’accès et même certaines chaînes se disputent ainsi la place du meuble sous le téléviseur, à grands coups de « boxes ». Cependant, l’offre reste disparate et manque de convergence dans un marché qui reste en forte croissance avec une demande de plus en plus importante de la part des consommateurs pour des flux vidéos de toutes sortes que ce soit via la vidéo à la demande ou encore sur mobiles…

Télévision connectée ou « à l’ancienne », la télévision fonctionne quand elle capte un maximum d’attention du téléspectateur. C’est sa force et sa faiblesse. Le fait que la télévision « sorte de la télévision », suive le téléspectateur sur d’autres écrans ou il se connecte, ne réinvente rien en soit. Les écrans connectés sont de fait déjà une norme.

Alors quelle est la véritable révolution ? La télévision n’est en fait pas simplement « connectée », elle est « prolongée ». Les téléspectateurs utilisent aujourd’hui Facebook ou Twitter pour commenter en direct avec leurs amis leurs programmes favoris. Sur les grands rendez-vous – un match de l’OM, le tournoi des 6 nations ou un épisode de Plus belle la vie – le phénomène a pris une ampleur considérable. De même de plus en plus nombreux sont les téléspectateurs qui souhaitent partager la liste de leurs programmes favoris. Le magazine TV de demain est donc déjà réinventé : ce soir, vous regarderez ce que vos amis regardent et non plus les programmes imposés par la politique éditoriale des chaines…

Ainsi, est ajoutée à la posture de téléspectateur traditionnelle une expérience sociale qui décuple le plaisir de la consultation et assouvit un besoin de commentaire, participation, débat, et de partage. Réseaux sociaux et phénomènes de socialisation numérique sont de fait un formidable levier de valorisation pour la télévision et surtout une immense opportunité de fédérer plus que de l’audience, de générer de l’appartenance, de l’engagement. La télévision sera de moins en moins uniforme et linéaire pour évoluer vers quelque chose de vivant, une communauté active de téléspectateurs.

Dans ce contexte, les chaînes traditionnelles ont encore une avance concurrentielle puisqu’elles conservent – pour combien de temps ? – les droits des grands événements (compétitions sportives, concerts, …), des programmes et séries en première diffusion. Mais cette accoutumance – il est vrai déjà mise à mal par les « boxes » – devrait rapidement prendre fin. Les nouveaux formats de séries apparaissent sur le web, la vidéo s’y réinvente et l’internet a supplanté la télévision en termes d’influence sur l’acte d’achat. Le jour où les acteurs de l’Internet feront une vraie proposition de culture et de divertissement avec des programmes exclusifs et une ligne éditoriale, le tout accessible facilement, il se passera quelque chose d’une violence aussi inouïe que celle qui a bouleversé l’industrie musicale.

Et pour les acteurs historiques du canal hertzien, l’avenir passe très certainement par un positionnement sur des contenus live, originaux et exclusifs, couplés au second écran dans les mains d’un utilisateur sur son canapé engagé dans une expérience de socialisation et d’échange avec ses amis via sa tablette ou son mobile. En parallèle, de nouveaux acteurs développeront un autre modèle économique basé sur l’accès à un catalogue infini et intelligent de vidéos à la demande contextualisées à nos goûts et comportements sociaux déterminés.

Sur cette seconde expérience tout est à inventer et les chaînes ne peuvent s’appuyer sur leur culture initiale ni compter sur leur puissance dans la mesure ou des acteurs globaux comme Google, Apple ou Facebook seront des compétiteurs redoutables déjà bien installés dans les usages. Ce Yalta concurrentiel aura-t-il lieu ? Nul ne le sait, mais la guerre froide a déjà commencé. Bienvenue dans une économie de l’attention.

Les véritables entrepreneurs sont…

Dec 29 2010

Une excellente définition de ce qu’est un entrepreneur par Steve Blank.

Au culte des amateurs, les experts sont rois

Nov 25 2010

Mardi soir, j’ai eu l’honneur et le plaisir d’entendre Andrew Keen au (très beau) Loft Microsoft, pour le premier rendez vous de Regard sur le Numérique. J’y ai retrouvé l’esprit de brassage d’idées en provenance de gens très divers, qui marque le débat RSLN, auquel je contribue avec plaisir depuis un an maintenant. Les bouillons de culture sont rares et c’est tout à l’honneur de Microsoft de permettre cela, d’autant plus qu’ils ne se mettent pas en avant plus que ça. En l’espèce, il s’est passé quelque chose ce soir-là. Explication…

Où sont les évidences ? Où sont les causes ?

Andrew Keen est une sorte de contre-gourou. Face aux évangélistes de tout poil qui nous vendent de la pensée magique par kilo, il est un des représentants de ces gens qui viennent un peu casser les rêves. Exemple type, avec la sentence ainsi prononcée mardi soir : “[There is] no evidence that social media has cured anything”.
Saint-Thomas était parmi-nous, mais comme je l’ai dis sur Twitter : il a raison. J’aurai même ajouté que c’est une évidence car, le Social Media n’étant qu’un moyen, ce sont les gens qui résolvent les choses, pas l’outil dont il se servent. Relisez Tribes, ou cet excellent billet de savoir si la technologie peut éradiquer la pauvreté. Bien vu, Hubert : la technologie n’est pas le progrès !

Mardi soir, en écoutant Keen, je pensais à Jaron Lanier. D’abord parce que Lanier est plus ou moins le même genre de désenchanteur. J’avais adoré sa thèse du nouveau totalitarisme social. il était en avance sur la nostalgie communiste. Ensuite parce que Geneviève Petit a posé une excellente question sur l’idée d’un caractère calviniste du Social Media qui renvoyait à mon goût à la culture de certains de pères fondateurs du net et du web, faisant écho à l’excellente sortie de Lanier sur l’impact du design originel du web dans le constat que l’on peut faire de ce qu’il est devenu aujourd’hui. Vous en aurez un aperçu sur RSLN, justement.

Mardi soir en écoutant keen et en pensant à Lanier, j’ai surtout revisité mentalement le dernier chapitre de Smart Mobs de Rheingold, celui où il nous dit que la technologie ne produit que ce que nous décidons d’en faire. C’est fondamentalement le propos de Lanier, dans son dernier opus, et de son appel à se prendre en main pour s’extraire des contingences du design originel du web et de choisir d’en corriger les traits, si nous le décidons, dans une logique d’humanisme. Keen pointe, dans cette veine, la problématique de la vie privée, directement concernée par ce problème de design originel.

Comme Rheingold, Keen fait référence à Foucault et aux philosophes français de la fin du XXe siècle. C’était facile de jouer avec nous, français, l’autre soir. Et il est bon de rappeler à quel point ils sont considérés comme fondateur de la compréhension de ce que nous vivons … outre-atlantique.
Ça tombait bien, car la sociologie française était brillamment représentée par Patrice Flichy en ouverture de cette soirée. Cela me plait de voir un pont se créer entre nos penseurs historiques si bien mis en mouvements pour étayer le propos de Keen et un digne représentant de la recherche française.
Cela me plait d’autant que nous avons assisté sur la fin à une collision entre Keen et Patrice Flichy. Le second critiquant la pensée, certes brillante du premier, mais trop généraliste et théorique à son goût, pour faire la promotion du travail de fonde de la recherche à aller enquêter dans le dur, sur le terrain, histoire de comprendre vraiment ce qui s’y passe. Keen a balayé tout ça d’un revers de main.

C’était vraiment très drôle en fait, car le sujet de la soirée portait sur la critique du culte de l’amateur, le fond de commerce de Keen. Voir ce dernier gentiment recadré par un représentant estampillé de la recherche était tout compte fait énorme, dans le contexte.

Et c’est là où je veux en venir. Cet épisode m’est apparu parfaitement révélateur d’un point de bascule caractéristique de l’instant présent, dont je veux parler ici : les gourous ne sont plus seuls à penser, les (vrais) chercheurs viennent la leur faire et ils ont du biscuit et du fonds !

Gourous vs real experts

Depuis que je fais ce métier, j’aime à fréquenter les bouillons de culture et ceux qui me connaissent m’ont souvent croisé à la FING ou à LIFT, connaissent mon goût pour la confrontation des idées en milieu hétérogène. C’est aussi pour ça que je suis chez Owni.

Jusqu’à présent, il faut bien reconnaître que, dans ces environnements, on voyait assez peu de chercheurs et que les données et enquêtes que l’on avait à se mettre sous la dent étaient rarement le fruit de travaux de recherche dument estampillés. De fait, on s’est habitué à discuter sur des enquêtes d’opinion et autres études aux méthodologies douteuses, méthodologies qui n’intéressaient personne puisqu’il s’agissait de trouver des appuis à nos pensées magiques. C’était, et c’est aussi une sorte de jeux, auquel je goûte avec gourmandise pour ma part.

A l’arrivée de ma démocratisation des médias, beaucoup de gens, dont moi, se sont rendu compte que l’on s’était fait un putain de film et que ce qui se passait avec les gens n’avait rien à voir avec nos théories fumeuses. C’est de là que vient, notamment, mon goût immodéré pour l’observation des usages, pour la rencontre avec la réalité vraie, ras le goudron. Je ne peux que constater que c’est déjà compliqué de bien comprendre ce qui a déjà eu lieu.
Dans notre petit monde douillet des experts autoproclamés et sociologues du dimanche, nous sommes rodés aux pensées magiques, visions et autres constructions intellectuelles hors sol, à l’art de la synthèse.

C’était très chouette, mais tout ceci se termine. Keen a beau balayer la critique d’un revers de main, il n’est qu’un de plus sur la liste des gourous de tout poil à se faire recadrer par le monde de la recherche. Chers amis du cirque des ex-blogueurs et influenceurs stratégiques de tout poil, nous avons de la concurrence estampillée CNRS. On va souffrir. A ce titre, il faut aller lire les commentaires du billet sur le dernier livre de Dominique Cardon pour juger de ce qui attend les historiques du débat. Le comble étant que Dominique est pourtant un vrai chercheur. Un des rares participant historique au jeu. Ça doit être ça, le truc.

A titre personnel, je range donc volontiers ma gloriole, et je veux faire amende honorable aux chercheurs. J’aurai même aimé qu’ils débarquent plus tôt.

Descendre du nuage et aller sur zone

Keen a tort. On a besoin d’aller voir sur zone. On a un aperçu de notre méprise dans l’étude récente des vieux routiers bretons des usages que sont Marsouin. C’est une des raisons qui me font conserver quelques heures de cours en fac, pour vérifier sur pièce combien les prophètes de la génération Y sont en décalage, par exemple.
Comme au début des années 2000, quand nous avons pris dans la gueule la faillite de nos théories à la con, il faut se méfier des idées simples et flatteuses, pour aller juger de la réalité. Celle-ci, de ce que je peux juger, n’en est pas moins prometteuse de ce que l’homme est capable de faire avec le digital. La vérité c’est qu’il faut partir de l’homme d’abord, de ce qui l’anime et du sens qu’il met à faire certaines choses en mobilisant, en fin de compte, certains outils.

Hier soir, avec les gens de Microsoft, je parlais de la foultitude de détournement des Kinects. Une magnifique nouvelle pour ce produit d’être déjà détourné, de servir à quantité d’autres choses que ce pourquoi il a été conçu, de ne plus appartenir à ses pères, qui vont bien en profiter, en situation de perte de contrôle …
Il faut accepter de lâcher des potentialités dans la nature et revenir à un peu d’humilité et de pragmatisme. Il faut travailler avec les gens, pas essayer de faire des plans sur la comète et en fin de compte essayer de les manipuler. Ils n’en font qu’à leur tête. Allez lire les désillusions de MyMajorCompany et vous comprendrez ce dont je parle. Et vive l’opendata au passage.

Mardi soir, j’ai compris quelque chose. Keen et consors ne nous parlent pas de l’avenir. Ils fabriquent une photographie du modèle tel qu’il le conçoivent maintenant. L’avenir n’est pas ce qu’ils en disent, car ils raisonnent comme si le Social Media avait atteind un état figé et était réductible aux grandes plateformes comme Facebook.
Comme l’a fait remarquer quelqu’un, c’est le même type de point de vue qu’au début de la télévision, quand il y avait 3 chaines et qu’on en faisait le procès définitif. Aujourd’hui, il y en a des tonnes et l’usage en est tellement différent.
Ceci ne veux pas dire que, comme le design originel du net a influencé la situation présente du net et du web, le poids de ce qu’est et de ce que pense un Marc Zuckerberg n’aura pas d’incidence. Mais bien malin, dans un environnement aussi instable et avec tant de possibilité de hacking et de constitution de mouvements militants et agissants, de savoir ce qui va se passer. Par contre, pour avoir un écho favorable à ce que dit Jaron Lanier, et avant lui Rheingold, on peut sérieusement reposer la question de savoir quel futur nous choisissons et comment ?.

Il est heureux que la recherche soit enfin là pour nous donner de la matière de qualité pour y répondre. Bienvenu. Je suis impatient d’interagir avec vous.

Vivement le prochain débat RSLN. Ce serait bien d’y inviter Danah Boyd, elle a l’avantage d’être des deux côtés :)

Dans le Loft Microsoft

Illustration perso : panoramique du Loft via Pano sur iPhone (j’adore cette appli).

iArt ? La fondation PB-YSL, expose les Fresh flowers de David Hockney

Nov 19 2010

David Hockney ©

David Hockney ©

Un des artistes les plus connus et appréciés au monde depuis les années 60 et la période pop art, David Hockney, reste à l’affût des nouvelles techniques et des possibilités d’expression artistique qu’elles offrent. Après la photocopie, le fax et le computer drawing, rien d’étonnant à ce qu’iPhone et iPad entrent dans sa panoplie, même s’il n’est pas le premier. Certaines de ses réalisations, « fleurs fraîches », sont exposées à la fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent jusqu’au 30 janvier 2011 (on peut voir le dispositif lors du vernissage). On peut aussi voir quelques créations sur iPhone sur le site d’Hockney.

Alors que changent les interfaces tactiles ? Elles ouvrent un champ de création dont il est trop tôt pour mesurer l’étendue et l’avenir. En masquant à la conscience de l’utilisateur la phase de calcul et de traduction par la machine, phase perceptible par l’usager du clavier et même par celui de la souris, ces interfaces réintroduisent ce qui s’était affaibli avec le numérique, à savoir un lien perçu comme direct entre le geste et la trace même simulée (un des fondements de la peinture et de la sculpture. J’avais par ailleurs évoqué la disparition de ce lien à propos de Veilhan ). De ce point de vue, iPhone et iPad n’offrent pas la même expérience gestuelle. Un écran accessible par le bord du pouce et sans bouger la main pour l’un, un écran nécessitant des mouvements de la main et du bras pour l’autre. Quant au toucher, la peau étant, comme le dit Michel Serres, le bord commun au corps et au monde, interface et frontière à la fois, il nous ramène à la relation à la matière et à sa sensorialité…même si la texture, la température perçue ou le relief ne sont pas ceux d’une feuille de papier ou d’une toile.

Pour quel résultat ? Bien sûr, la surface d’un smartphone est limitée. L’appli Brushes utilisée par Hockney, aussi. Mais elle offre des possibilités de superposition et de transparence que n’offrent pas les couleurs sur papier ; et aussi des possibilités de correction et de revisite de la cinématique du dessin. Ces possibilités, associées à une synthèse des lumières colorées bien sûr très différente de celle des pigments, à leur transparence et à la maîtrise de ces couleurs par Hockney, donnent des résultats d’une grande fraîcheur et souvent séduisants sur un écran. Un bouquet dans la lumière d’une persienne, dessiné le matin au réveil et envoyé de l’hôtel, peut en dire plus sur l’atmosphère du lieu et l’humeur de son auteur que la photo ou la carte postale de monsieur tout le monde envoyée du lieu de séjour. La viralité est exploitée a minima puisque seuls, aux dires d’Hockney, une vingtaine de ses amis reçoivent ses dessins. Et d’ailleurs, j’en profite, David, if you read this note, I would like very happy if you sent me some flowers on my iPhone.

Au final est-ce de l’art ? fallait-il l’exposer ? La notoriété de l’auteur y pousse ; et si le fait d’être exposé dans une institution consacre le travail et l’étiquette art, c’est fait. Et cependant, sortis de leur contexte qui se situe quelque part entre l’art et la communication, ces dessins exposés dans un contexte muséal, perdent de leur spontanéité et peuvent apparaître plus comme un exercice de style où les contraintes de la surface et de l’outil sont  très présentes. Certains y verront de la poésie, d’autres de l’indigence. Bien sûr le problème de la circulation, de la reproduction et du marché des œuvres sur support numérique n’est pas réglé, et le fait que l’on puisse encore « accrocher » au mur une production conçue pour un autre usage en rassurera certains, mais est-ce bien la solution ? Pourquoi pas un espace d’exposition virtuel accessible par le réseau ? Le débat est ouvert.

Ce que nous apprend Gap …

Oct 13 2010

Le nouveau logo Gap a donc tenu … 7 jours. A peine sorti, et sous le flot des critiques, Gap a reculé et en est revenu à son bon vieux logo historique. Sur cette base, j’observe des réactions contrastées, mais qui me semble largement marqué par une forme de malaise. Ne sommes nous pas face à une forme de dictature du (net)prolétariat ? hostile au changement et s’imposant aux marques. Derrière ce qui pourrait ressembler à la manifestation du pouvoir des consommateurs, les marques doivent-elles craindre de changer ou innover ? Il ne faut pas s’enflammer et observer des raisons objectives à ce qui est un accident industriel, mais aussi observer quelques signaux faibles …
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changer, pour quoi faire ?

Quand j’ai vu le nouveau logo, je n’y ai surtout rien vu. Et j’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé chez Gap le début de l’ombre d’une signification à ce changement.
Changer est un signal au bout duquel il y a un message. S’il n’y a pas de message, le changement n’a aucun sens autre – potentiellement – que celui de la lubie d’un exécutif en mal d’appropriation. De fait, cela n’a surtout aucune signification pour le client, alors que cela affecte directement son expérience. Le logo n’est pas qu’un simple code de reconnaissance, mais un code d’appartenance s’il en est. Changer le logo Gap sans l’inscrire dans une page qui se tourne, c’est déconnecter la marque de la mythologie de celle-ci, qui appartient d’abord et avant tout au client, et que le marketing se doit de faire vibrer.
Ce qui me frappe le plus dans l’histoire de Gap, c’est surtout la reddition en rase campagne, qui n’a d’autre signification que l’absence d’argumentation et de projet, ou l’abandon de ceux-ci, s’ils ont existé, ce qui serait pire.

Faut-il écouter les gens, ou leur demander ce qu’ils en pensent ?

J’ai été relire un billet que j’avais commis il y a un bon moment maintenant : Ecouter ses clients, pour quoi faire ?. J’y expliquait que l’on n’écoutait pas ses clients pour faire ce qu’ils demandent, mais pour les comprendre. En effet, si vos clients vous demandent de faire quelque chose, le jour où vous serez très fier de leur dire que c’est fait, vous ne recevrez que des haussements d’épaules disant au mieux que ce n’est pas trop tôt, surtout que vous auriez du le comprendre tout seul et il y a trop longtemps. Dell a montré il y a longtemps que c’était aussi une bonne première étape de démarche de reconstruction, quand on est devenu un punching-ball. Comprendre est surtout la meilleure manière d’appréhender ce qui fait adhésion et appartenance, donc de construire et développer l’énergie qu’il y a dedans. C’est à ça que sert le web social d’abord. C’est le sens de ce qu’il ne faut plus appeler de la e-reputation.

Dans le cas de Gap, on est simplement dans le contexte que changer doit avoir un sens. S’il n’y en a pas, il n’y a rien à expliquer aux gens qui sont par nature hostile au changement. Cela laisse la place à tous les arguments contre. Beaucoup ont dit que Gap avait reculé en écoutant le message, celui des mécontents. C’est parfaitement vrai. Il n’y avait personne pour développer une quelconque forme de justification.

C’est d’autant plus problématique que Gap n’est pas une marque avec une culture du changement. Changer n’est pas le problème d’un Apple, notamment, du genre de ces marques qui impriment un vrai rythme de renouvellement, sans parler de la mise en scène. Le comble est sans doute que, dans l’univers de la mode, il y a matière à créer du renouvellement et une dynamique, non ? Quand on n’a pas cela, le changement sera un événement lourd de sens caché, d’attente d’un message, qu’il sera bon d’avoir soutenu avec un travail préalable d’évangélisation, un signal de progrès propre à susciter une adhésion, à fabriquer des soutiens qui répondent aux critiques.

Les gens sont-ils casaniers sinon réactionnaires ?

Oui, les gens sont comme ça. Les gens aiment les habitudes. Les gens ne sont pas à l’aise dans la nouveauté car ils ne la maîtrisent pas. Ils aiment beaucoup, par contre, revisiter des classiques. C’est d’ailleurs le propre des interfaces innovante de ré-interpréter des modes d’interactions culturels, ou d’être intuitif et simple.
Il est assez croustillant qu’au même moment ou Gap bat en retraite, le CEO de Digg recule lui aussi. Une habitude de cette vieille maison du web 2, depuis 2008 et les premières révoltes de ses usagers face au changement. Digg nous a appris que les gens investissent, au sens propre du terme, les environnements sociaux, les lieux d’appartenances, et qu’ils détestent par dessous tout que les règles du jeu changent et soient susceptible de remettre en cause leur investissement. C’est un peu comme si les utilisateurs de Digg disaient aux actionnaires et à l’exécutifs : gardez l’argent et surtout, ne changez rien ! Il y a peut-être un peu de ça aussi chez Gap.
Pensez aussi aux reculades de Facebook, qui a depuis changé de tactique en instillant le changement simultanément au fait de rajouter des choses dans la caisse à jouet.
Il faut peut-être se poser la question de savoir si les marques, en tous les cas celles qui ont su créer du sentiment d’appartenance, ne ressemblent pas aussi à une force de société, en tous les cas des biens communs qui servent nos intérêts dans les réseaux sociaux que nous entretenons. Il est patent que la consommation fabrique des matériaux à l’édification de ces constructions. Une bonne raison pour ne pas aimer le changement de ces briques, surtout si on n’en comprend pas le sens.

La frontière de l’entreprise est tombée, les clients en font partie

Le code de marque appartient aux clients, c’est en tous les cas un bien commun partagé avec la marque. Il est constitutif de l’appartenance, cette chose précieuse qui caractérise l’attachement entre une marques et ses clients. Il ne peut pas être soumis aux diktats d’un seul. La conclusion est sans doute que l’entreprise étendue est plus qu’une vue de l’esprit, qu’elle ne procède pas d’une décision de la faire, qu’elle l’est déjà tacitement. A ignorer que le monde a changé, à penser que de ne pas changer n’a aucun impact, les marques, entreprises et institutions font une grave erreur.

L'automobile est-elle connectée à ses clients ?

Sep 30 2010

Le mondial de l’auto est le genre de grand événement duquel on attend de prendre le pouls d’un secteur et d’un produit hautement chargé d’expérience autant que de commodité.

L’automobile, combien de divisions ?

Je suis tombé un peu par hasard sur la page Facebook de BMW, où se fêtait dignement le deux millionième fan.
Mais ils en sont où les autres dis donc ?
Déjà, il faut bien voir qu’avec 2M de fans, BMW a une chance d’entrer dans le top50 des fans pages de marques, qui ne comportait à ce jour AUCUN constructeur automobile. Surprenant.
Ensuite, BMW est bien leader, devant Audi et Ferrari. Mercedes est juste 4x plus petit et le premier frenchie est … 50x plus petit. Ouch !
Je sais bien que le volume de fan ne veux pas dire grand chose et qu’il est aisé de le nourrir de jeux concours qui fabriquent des fans qui ne servent à rien. Cela dit, à 2M de fans versus 40k, on est juste dans une autre dimension, pas dans la même division, de celle qui sépare les marques qui sont encore dans l’expérimentation ou la bricole, de celles qui sont passés au social-business et la relation client du XXIe siècle. En ce domaine, les allemands ont visiblement compris quelque chose et pris de l’avance …

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La voiture, cette interface connectée qui s’ignore

Mais tout cela, ce sont des enfantillages. A l’ère de l’internet des objets et de l’opendata ambiant, on attend plus que d’être fan sur Facebook.
Deux initiatives tracent la voie.
Ford et Ford My Touch, qui permet une connexion sur Twitter. D’où l’idée que la voiture puisse aussi être une interface pour dire quelque chose à travers ses profils sociaux déclarés, en attendant que quelqu’un pense à proposer du checking FourSquare ou Places d’une pression sur un bouton du tableau de bord.
Fiat et eco:drive, disponible sur FIAT 500, ou l’idée, via une prise USB sur la tableau de bord, de donner accès aux données de la voiture. Fiat a traduit ça en terme de coaching à la conduite écologique. Les données des dépositaires sont bien fédérées au niveau des conducteurs qui veulent bien les partager. Mais il n’y a pas vraiment de communauté active. Dommage, à voir le nombre de fans (cf photo plus haut) …
Imagine t’on une seconde ce qu’un constructeur pourrait apprendre des usages de ses véhicules, sinon permettre à chacun de se situer en terme de conduite. L’idée que vos données de circulation soient trackées vous choque ? C’est pourtant ce que fait depuis longtemps l’industrie informatique et logiciel, et plus encore à l’ère du SaaS et du Cloud.

Embedded : awaiting …

A la sortie de l’iPod, il y en avait eu quelques uns pour proposer un connecteur directement dans la voiture. Feu de paille, les équipementiers se font des c… en or à vendre des palettes d’accessoires. Et en attendant … rien.
Les constructeurs automobiles ont traité l’internet et le digital comme un gadget et, s’il faut reconnaître la force de frappe du marketing germanique, la révolution digitale reste à l’extérieur du produit.
Quel constructeur saura considérer ce que font les gens et ce qu’ils embarquent avec eux, qu’il y a vraiment des montagnes de choses à envisager dans un véhicule. Bien plus que de lire des DVD en tous les cas…

Aller, bien le bonjour chez vous… béco à madame… et n’oubliez pas de changer le monde !

Gaga, viande et TIC

Sep 16 2010

Quel rapport entre ces trois mots ? Tout le monde a vu (enfin, c’était fait pour ça) Lady Gaga aux MTV Video Awards vêtue d’une robe de viande crue, tout comme sur la couverture de Vogue Japan. Du déjà beaucoup vu en art et en design, mais pas par le grand public à la télé, ce qui explique le buzz. Je ne suis pas sûre que l’habit ou le discours de LGaga soient soutenus par une position philosophique ou métaphysique très affirmée. Je vais donc me hasarder à quelques hypothèses sur la signification de cet habit:

Madmoizelle.com

Madmoizelle.com

Version1 : Le développement des TIC et des technologies du numérique en général est à l’origine d’une porosité croissante entre intérieur et extérieur. Un retournement qui se décline dans ce que Pierre Lévy appelle l’effet Moebius : rapports privé-public, intime-extime, propre-commun, carte-territoire, réel-virtuel…, et aussi extérieur-intérieur du corps (par l’image médicale numérique notamment).  De façon consciente ou inconsciente, tout cela rend possible l’exposition du corps retourné ou disséqué…

Version2 : Le corps ne suffit plus à contenir toute l’information déversée par les réseaux. Peu capable de mémoire, moins performant que des machines, il est encore une interface indispensable, mais les progrès du numérique, des prothèses extension et des mémoire externes, de l’intelligence artificielle le renvoient à terme à son obsolescence. Il resterait un organe de chair externe à ses prothèses, entrave au pur esprit souhaité par Turing, inventeur de l’ordinateur,  un simple objet de chair symbolisé par LGaga en viande. On retrouve là en partie les thèses de Stelarc.

Version3 : Il n’est que viande vouée à la mort et à la putréfaction, une conception développée depuis l’antiquité puis par le christianisme. « La chair est périssable jusqu’à l’indécence » (Cioran). On aurait conseillé à LGaga de persévérer quelques jours pour vérifier cette évidence… Déjà fait en 1987 par Jana Sterbak dont la robe de viande (Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique) est au centre Pompidou. Le débat n’a d’ailleurs pas beaucoup avancé. Si vous avez 8mn30 écoutez le débat mi-désolant, mi-désopilant sur radio Canada à propos de cette robe exposée à Montréal en 1991.

Version 4 : Terry Richardson (photo de Vogue) est un photographe habitué des people et sait les mettre en scène de façon assez polémique et s’exprime notamment dans des pub «  porno chic ». Là, c’est une communication, un marketing du type plus on me voit, plus j’étonne, plus je choque, plus on buzze, plus la télé et les magazines remplissent les salles et les stades…

Version 5 : celle de LGaga : « résistons avant d’être transformés en viande !». ? Chacun d’entre nous est appelé à développer…

Version 6 : c’est n’importe quoi !

A vous de choisir !

Le lien et l’écriture hypermédia dans l'ergonomie du désordre

Sep 13 2010

La réflexion relative à l’apport du lien hypertexte ou hypermédia dans les modes de lecture et d’écriture est depuis bien longtemps en cours. Quelques billets récents ici ou ont réactivé chez moi le souvenir d’une étude que j’ai réalisée en 2007…où l’on voit que des îlots de signification autonomes (R.Barthes) prennent du sens (ou un autre sens) dès lors qu’ils sont reliés en réseau. La nature et l’organisation des liens, l’ergonomie donc, prennent alors toute leur importance. Si les critères ergonomiques sont généralement appliqués dans le but de faciliter et d’orienter l’accès à une information classée et hiérarchisée, a priori le contraire du désordre, la réalisation de Philippe de Jonckheere et Julien Kirch, désordre.net, montre qu’ergonomie et désordre ne sont pas antinomiques, bien au contraire.

On a là un modèle d’écriture hypermédia qui est aussi une sorte de leçon d’ergonomie en creux : « …et tout s’enchevêtra dans un désordre impeccable », selon PdJ : hétérogénéité des contenus, absence de charte graphique comme de charte des médias, multiplication des pages repère d’organisation différente, liens culs de sac, fausses pistes, absence de balisage du parcours et d’outils de repérage, liens externes non différenciés, fakes, script aléatoires, empilement de pop up, absence de contrôle de l’internaute sur le contenu affiché, souvent imprévisible, page d’accueil énigmatique (modifiée assez récemment)…,bref, la structure du site tourne volontairement le dos aux critères ergonomiques et d’accessibilité habituellement recherchés. Les auteurs s’appliquent à organiser un savant désordre, une apparence de hasard, qui conduit le visiteur à déambuler dans leur univers de façon ludique. Il s’agit de se fixer par avance des contraintes, ici une ergonomie du désordre, pour relier plus de 30 000 fichiers,  dans le but de mieux exercer sa liberté – on retrouve là une démarche de type Oulipo connue dans la création littéraire (voir entre autres Queneau ou Pérec).

La structure de desordre.net répond pour partie aux principes de l’un des modèles du réseau auquel il est souvent fait référence, celui du rhizome de Deleuze : sans hiérarchisation, sans commencement ni fin, en cela antigénéalogique, sans centre, composé de réseaux mouvants, on peut y rentrer par n’importe quel point relié à un grand nombre d’autres, y compris externes, de nature souvent différente. Les limites du site sont peu perceptibles. La profondeur spatio-temporelle est recherchée notamment par l’utilisation de la superposition de pop-ups et la juxtaposition de lieux et de temps différents dans des iframes.

Du point de vue de la lecture, chaque fragment, texte, photo, vidéo ou son, peut être considéré comme autonome. Il n’est ni début, ni fin, ni suite. Caractéristiques de l’hypermédia, les parcours de lecture permettent d’échapper à toute linéarité en établissant des relations de sens et de voisinage entre des documents qui n’ont pas de liens propres. L’information produite s’élabore en temps réel et résulte d’un parcours individuel non reproductible compte tenu des scripts aléatoires. Le lecteur construit et déconstruit l’information en choisissant sa direction à chaque carrefour. Si l’on parle de collectif, on voit plutôt là que l’hypertexte est l’ennemi du partage (dixit Castells). Ce que partagent les lecteurs, c’est un espace mental dans lequel ils évoluent sans pour autant en avoir la même expérience .

Alors qu’est-ce qui assure la cohérence du travail et lui donne un sens ? C’est l’ appartenance des contenus à un même univers personnel ET leur organisation en réseau mouvant. Cet univers est soutenu par la transparence et la subjectivité de l’auteur et la thématique transversale qui relie les contenus autour de la mémoire, du quotidien et de l’intime. Si le réseau autorise ubiquité, fragmentation, simultanéité dans un processus continu de territorialisation-déterritorialisation, l’architecture de ce site permet l’exploration de ces possibilités dans une liaison intime entre le fond et la forme. Le réseau utilisé comme matière est ici au moins aussi important que le contenu lui-même ; « medium is message »… Un site à l’image de la pensée, des dédales de la vie et des réseaux qui s’entrecroisent, dit De Jonckheere ; et aussi à l’image de la mémoire qui fonctionne par associations, discontinuité et multiplicité.

Certes le parcours est chaotique, souvent déroutant. Vous aurez toutes les raisons de vous perdre, d’être agacé et même de renoncer ; mais au final, un travail attachant pour qui acceptera de s’immerger longuement et de se perdre dans cet univers où les fonctions émotives et phatiques sont privilégiées. La qualité générale des documents donne une réelle plus-value à cette création, laquelle a d’ailleurs reçu le prix de la société des gens de lettres en 2002. Si ce type de structure convient à un travail de nature artistique, je persiste à penser que ce désordre qui s’inscrit si bien dans notre fonctionnement mental, pourrait, dans certaines conditions, très bien être adapté à des formes de teasing (luxe, tourisme…). Photos, contes, extraits de concerts, compte-rendus de visites, personnages locaux, jeux, bloc-notes, vidéos…tout cela au « hasard » des clics,…tout cela ne prend bien sûr du sens que par la mise en réseau, mais c’est cela qui raconte une histoire qui s’inscrit dans l’émotion et la sensibilité du visiteur.

NB : On pourra lire mon expertise complète de 2007 ici (qques changements dans le site depuis), et la réaction de PdJ

Les leçons de France.fr [Change or Die]

Sep 2 2010

La poussière est un peu retombée sur France.fr, l’occasion de prendre un peu de recul sur tout cela et de tirer des leçons de fond.

Une belle occasion également d’inaugurer une nouvelle catégorie de billets que j’appelle [Change or Die] et qui visera à mettre en lumière régulièrement l’indispensable adaptation des modèles du XXième siècle à notre ère digital minded.

Le chiffon rouge du budget

Comme souvent dans ce genre d’accident industriel, et plus encore car c’est de l’argent public, tout le monde regarde le montant de la facture. Et comme d’hab, tout le monde y va de son commentaire sur l’énormité du chiffre, sur l’idée que c’est hors de prix, surtout parce que c’est de l’open-source et blabla bli… Et vas y que je te fais des calculs au prix de la page, et pourquoi pas un prix au Ko ou à la ligne de code tant que vous y êtes ! Y’a vraiment des gens idiots ou aigris pour en arriver à raisonner aussi bêtement.
Saura-t’on un jour grandir et faire preuve d’un minimum de maturité ? J’entend à longueur de tables rondes les uns et les autres chez les agences se plaindre de l’indigence des budgets, de la pression sur les prix, et de ces clients qui nous la font à vouloir la lune pour trois cacahouètes. Et dans le même temps, on ferait un concours à dire que France.fr, ça se fait avec un ou deux zéros de moins ?
Non, France.fr, n’est pas une histoire de budget. D’ailleurs, le travail d’une agence étant avant tout de faire de la stratégie, du conseil et du suivi, c’est tout simplement débile d’apprécier le budget en ne considérant que la part de production technique.
Un dispositif digital, de qualité, bien pensé, ça a un coût, ça demande même beaucoup de moyens quand on le veut global. J’ose même dire ici que je suis prêt à faire le pari que ce n’était justement pas assez cher, notamment du côté de la maîtrise d’ouvrage !

On ne tire pas sur le pianiste, svp

France.fr n’est pas un problème de pognon, c’est par contre un problème d’exécution.
On a beaucoup parlé des prestataires, jusqu’à faire porter le chapeau par l’hébergeur, qui est bien le bouc émissaire de l’histoire. Ils ont malheureusement l’habitude.
Dans cette affaire, les prestataires et agences me semblent les dindons de la farce. Le responsable premier s’appelle la maîtrise d’ouvrage, donc le SIG.
Vu l’obsession documentaire et bureaucratique habituelle que l’on observe dans les marchés publics, on a peine à croire que le pilotage de ce projet soit autant passé à travers presque tous les fondamentaux. Il ne manque normalement pas de gens très compétents au sein de l’Etat, mais quelqu’un a-t’il vraiment lu les specs avant de les valider ? quelqu’un a-t’il véritablement mis le nez dans le code lors de la recette ? quelqu’un a-t-il vraiment pu valider ce design et cette ergonomie ? Et je passe sous silence l’absence évidente de quelconques tests de montée en charge. Enfin, on se cache pour pleurer sur l’accessibilité.
Là encore, la simplicité, comme j’ai pu la lire trop souvent ces dernières semaines, est de tirer joyeusement sur l’agence. Mais dois-je rappeler que pour faire un bon projet il faut être deux ?

En retard d’une guerre

Mais sur le fond, d’où sort l’hibernatus qui nous a pondu un bon vieux portail fédérateur digne des stratégies d’il y a une bonne décennie ?
J’admet volontiers que France.fr est une excellente url et qu’il faut mettre quelque chose au bout. A l’heure du web social, où est la France en réseau connectée au village global ?
Quelle idée saugrenue quand même de vouloir propulser en mode top-down une représentation parfaitement bureaucratique de notre beau pays. Le comble étant de penser qu’elle ne s’adressait qu’à des étrangers, sans renvoyer aux français eux-mêmes une image et de cristalliser ainsi un décalage inévitable. Je retrouve là cette erreur fondamentale qui consiste, sur une problématique de marque et de territoire, à vouloir marquetter celui-ci en totale déconnexion des valeurs d’appartenance de ceux qui y vivent, sans surtout prendre la peine de se connecter à eux.

Et si France.fr était un lieu d’expression de la France par des français ambassadeurs, une bonne façon de se tourner vers l’extérieur avec volontarisme, ouverture et envie d’entrer en relation. A l’heure d’un web résolument social et real time ce serait plus heureux vous ne pensez pas ?

Finalement, France.fr a foiré. Un beau pétard mouillé. Certains diront qu’ils a atteint ses objectifs politiques : il a constitué un effet d’annonce au service de ses commanditaires. Pour ma part, je dirais qu’il incarne parfaitement la compréhension du digital des plus hautes personnalités de l’état français, et ce depuis de nombreuses années. Cela m’inquiète, me désespère et m’encourage à me dire qu’il faut d’urgence mettre en oeuvre une nouvelle génération de décideurs politiques qui ne laisseront plus faire ce genre de stupidités qui nous rendent risibles aux yeux de ceux qui ont compris, eux, le monde digital dans lequel nous vivons.

Aller, bien le bonjour chez vous… béco à madame…

Du bon usage des QR Code : Zoo Records

Aug 30 2010

zoo records qr code campagne

zoo records qr code campagne

Une excellente campagne, qui a d’ailleurs reçu un Lion d’or à Cannes me semble-t-il, et qui démontre un excellent usage de la technologie QR Code trop souvent mal manipulée.
Dans un contexte ou faire émerger de nouveaux artistes n’est pas chose aisée, qui plus est en Chine, cette campagne met en oeuvre les bons atouts pour exciter et amuser nos chers teenagers de génération iPhone :

  • Les codes graphiques de l’underground pour susciter l’intérêt
  • Du street marketing pour renforcer le coté aficionados
  • Un brin de technologie qui permet de dégainer son iPhone
  • De quoi découvrir de nouveaux groupes tel que Pandora, Last.fm ou Deezer le permettent
  • Un one click shopping pour le plus grand bonheur des ventes
  • Et un one click sharing on Facebook et Twitter pour le coté statutaire : c’est moi qui l’est vu en premier les gars, je suis le leader de la tribu que ce soit clair ! ;)

Plus de la moitié des 14 groupes impliqués dans cette campagne ont fait “sold out” sur les ventes de leur album durant la première semaine. Pas mal n’est ce pas ?

Calculez votre âge digital

Aug 20 2010

En quelle année êtes vous né sur le web ? Découvrez les usages de l’époque et retracez l’histoire des services web. Dites moi quel est votre âge digital en commentaire !

MBA Online
Via: MBA Online

Web isn't dead, it's the economy, stupid !

Aug 19 2010

Le web est mort, c’est la discussion du moment. Elle était préméditée, est arrivée à l’heure et déclenche le débat. Mais de quel débat on parle ? Tout ceci me paraît un peu artificiel, en tout état de cause plus proche de considérations de légistes que de projections sur l’avenir ? Le web n’est pas mort, il est juste devenu moins intéressant dans le business. Faire un site web quand on veut développer du business est devenu une mauvaise réponse, tout au moins une partie secondaire de la réponse.

Qu’est-ce qu’on nous apprend que nous ne savions pas déjà ? la réponse est RIEN

  • Que le mobile tend à devenir la plateforme d’usages majoritaire dans l’avenir proche ? C’est déjà dans le tuyau, on attend juste que ça arrive.
  • Qu’il y a un déplacement manifeste du web “classique”, donc du marché du search, vers [ce qu'on appelle à tort] les médias sociaux ? Ça aussi c’est en train de se faire.

Alors ok, c’est Chris Anderson qui dit que la page s’est tournée et il faut sans doute ce genre d’autorité pour que le message soit bien reçu et que cela nous aide, travailleur de l’ombre, à enfoncer le clou auprès de clients qui continuent à penser que leur stratégie se résume à refaire un site corp. (non, je ne parlerai pas de France.fr) ou un jeux-concours sur Facebook, comme les copains. C’est très bien que ce soit dit. Rendons grâce, il le fallait.


Capture d’écran 2010-08-19 à 10.41.24J’aime bien le petit tableau avant/après d’Anderson. Il me rappelle les Web 1.0 vs Web 2.0 du bon vieux temps. Comme ceux-là, je ne l’aime pas car il nous enferme dans des idées grossières et dangereuses, il nous enferme surtout dans des outils. Il me semblait qu’on avait tous compris que le futur du web 2.0 ce n’était pas le web 3.0, mais changer le monde. Raté.

Les apps sont un grand succès, mais le navigateur n’est pas mort. Il a déjà vaincu les widgets et gadgets de bureau, qui sont elles les grandes victimes des apps de console de commodités portable et configurables que sont devenus nos téléphones. Les apps sont des commodités, des choses que l’on adopte. Le vrai changement n’est pas le navigateur, c’est l’ordinateur. D’autres que moi ont fort bien dis que smartphones et autres tablettes sont la mort de l’informatique personnelle et domestique, que l’ordinateur est (re)devenu un outil de travail, une machine complexe pour gens compétents. Les apps, c’est simple et ça ma grand-mère s’en sert et sait à quoi ça lui sert.

Parler d’abonnement, installation ou souscription en lieu et place de syndication n’est que de la sémantique. Du moment que c’est l’utilisateur qui prend la décision de s’approprier le service, peu importe la nature de cette appropriation. Les gens ne portent pas de valeur à la technologie. Ils s’en servent, elles les sert, et s’il y a mieux ou que ça ne marche pas autant qu’ils le souhaitent, ils en changent. Les geeks, c’est fini, place à des masses qui n’ont aucun mysticisme de la technologie.

Que l’on soit passé du free au freemium est un défonçage de porte ouverte. Chris Anderson ne fait même pas sa propre pub, il ne fait que constater que le freemium est le modèle gagnant de l’après-crise. Ceux qui découvrent l’information ont certainement du rester déconnectés dans les dix-huit derniers mois. L’innovation, elle est maintenant dans l’après-freemium !

Non, la seule vraie chose pertinente, c’est du passage des !! à ?? derrière Google. Pourquoi ? parce que ça parle marché, économie, la seule chose qui compte !

On le sait bien, Google a perdu la bataille du web social. Les grands réseaux l’ont gagné et celui du monde occidental s’appelle Facebook.

Google a failli perdre celle de la mobilité, mais il a réussi à se placer avec Android. Il est donc toujours là dans le mobile, avec quand même une question sur les apps et la monétisation de son économie du lien, car le search reste une simple commodité parmi d’autres sur cette plateforme.

Il faut donc souhaiter à Google que le web ne soit pas mort, car c’est après-tout son coeur de business. Si on se dit que le web a perdu la position en terme de fidélisation et de commodité (apps) et que les plateformes sociales ne sont plus du web mais une surcouche et des environnements cross-platforms, le web n’est presque plus que du search vers du contenu ou des plateformes. Normal que les comptes de Google soient bon, malgré la crise. Normal que les Ads se portent bien.

Google est révélateur du changement car il est bousculé sur ses fondamentaux. Le web n’est pas mort, mais il n’est plus l’alpha et l’omega des usages de l’internet. Chris Anderson a bien choisi son titre. Nous assistons à une nouvelle relecture de la nouvelle économie, où c’est la modification du terrain de jeu par l’extérieur qui remet en cause les positions. Google était indétronable sur le web, mais si le web est remis en perspective, ce n’est plus le même jeu.

Le seul vrai marché est celui des usages, il vit d’innovation pure, sans distinction de hard, de soft ou de plateforme. Comme je le disais en introduction, c’est une erreur de raisonner en outil, en système ou en ce que vous voulez, la seule chose qui est sûre, ce sont les usages et à travers eux le sens que les gens donnent aux choses.

Le web n’est pas mort, il est juste ramené à ce qu’il est : un moyen parmi d’autres, dans une palette toujours plus riche et étendue de modalités pour faire des choses pour nous les hommes. C’est ça l’histoire de l’internet, l’extension du champ des modalités. Vive l’internet et à travers lui un nouvel art de vivre et un vivre ensemble que nous construisons chaque jour loin d’institutions qui n’ont pas compris et d’une économie qui a encore du mal à l’entendre.

Le vrai débat, il est sur les valeurs et la manière de créer de la confiance et un environnement fructueux de business et de relation entre les clients/usagers et les marques/entreprises/acteurs qui veulent avoir de la relation/business/engagement avec eux.

Billet à relire également sur Owni

Illustrations CC FlickR par Anitakhart

Art, paysage et mémoire à Vassivière en Limousin

Aug 17 2010

Serait-ce parce que plus j’accumule de photos numériques, plus je reçois d’informations, plus je ressens, comme le dit Rabinow, l’impossible tâche de saisir la totalité, et plus se posent à moi les questions de l’accumulation et du sens, et donc celle du dialogue présent-passé, de la mémoire, de la transmission et du partage, qu’une escapade à Vassivière m’a redonné de la sérénité ? Un petit billet estival, hors numérique donc, à ce sujet…

Le centre d’art de Vassivière en Limousin est un des cinq ou six lieux d’intérêt national ou international dédiés à l’art contemporain dans une des plus petites régions de France. Sur une île due à un barrage EDF, se déploie un très agréable parcours (par beau temps) autour du thème art, paysage et mémoire. Plus de trente oeuvres d’artistes de renom sont dispersées sur l’île. Quasiment toutes dialoguent avec le site et l’histoire et sollicitent la mémoire à divers titres. Je ne citerai que le mur d’Andy Goldsworthy, bien connu des amateurs de Land Art, mur qui plonge dans le lac, trait d’union entre terre et eau, entre l’île et les hameaux immergés, entre hier et aujourd’hui.
Mais c’est le bâtiment conçu par Xavier Fabre et Aldo Rossi, qui est pour moi la plus grande des sculptures de l’île. Construit avec des matériaux hétérogènes, granite, bois, acier, ciment, verre, brique, il est assez représentatif d’une architecture postmoderne née après l’affaiblissement des valeurs de raison et de progrès à la suite des deux guerres, et chère à Rossi. Chargé de valeurs symboliques, il emprunte à la mémoire collective et dialogue avec le site et le paysage dont la continuité est assurée par des baies vitrées transversales. On peut y reconnaître entre autres du granite, une tour phare, un toit de péniche, une carène de bateau, des arches d’aqueduc, une face forteresse, dialogue du bâtiment avec le site, des gargouilles, des colonnes, mais aussi une tour cheminée d’usine et une structure de hangar agricole, dialogue entre profane et sacré, tout cela pouvant s’inscrire dans la mémoire d’un limousin postmoderne.
Vassivière n’est pas simplement un musée placé sur une île. On peut voir l’ensemble comme une oeuvre  globale incluant l’île artificielle, les sculptures en plein air, traces et artéfacts face à la nature, et bien sûr le bâtiment, sculpture plus qu’enveloppe, même s’il reçoit des expositions (en ce moment, Marisa Merz). C’est dans le dialogue entre toutes ces formes que se construit une mémoire des temps et des lieux inscrite dans le paysage. De quoi retrouver de la sérénité et un autre rapport à notre espace…

Le centre d’art de Vassivière en Limousin

« Lire d’une toute autre manière »…

Aug 13 2010

…ou comment raconter des histoires…

J’ai récemment lu sur InternetActu l’explication, d’un article de Kevin Kelly portant sur la manière dont les supports digitaux modifient notre manière de lire.

Outre le rappel intéressant de l’économie des écrits et des conséquences que celle-ci a pu avoir sur le type de formats et le type d’écrits accessibles au plus grand nombre, j’ai noté 2 points majeurs :

- Nous sommes devenus le peuple de l’écran : si « plus de 4, 5 milliards d’écrans numériques illuminent nos vies », ils modifient également notre manière de lire. Cette activité de lecture mobilise en effet des compétences nouvelles : lire un texte, lire les contenus qui gravitent autour (les liens hypertextes, les images, les photos, les pictogrammes), ce que l’on peut observer avec l’apparition d’infographies de ce type,  présentant un « texte complexe » (mots + schéma et pictos) sur les activités en ligne des internautes.
On peut alors se demander ce à quoi ressemblera demain « apprendre à lire » ? Est-ce que le simple support papier, statique sera suffisant ? L’apprentissage du code formé par l’ensemble de ces signes visuels ne devra-t-il pas être pris en compte ?

- La lecture sur écran récompense et nourrit la pensée en temps réel. Si l’auteur qualifie la lecture des livres de « contemplative » et « vérité révélée » (ce que je ne partage pas entièrement compte tenu de l’activité intense que représente la lecture en termes d’images et de références personnelles), en revanche on a bien le sentiment que la lecture sur écran donne accès à plus de choses. Tous les mécanismes d’intertextualité dans les livres, qui nécessitent de connaître les références, peuvent être ici immédiatement révélés. On imagine alors la rapidité avec laquelle le lien sera fait et donc l’ouverture de ces références à un public moins connaisseur et plus large. J’y vois personnellement une sorte de démocratisation de ce « savoir » (plus besoin de connaître tout un courant littéraire pour comprendre le sens d’une formule) mais surtout une forme de socialisation des lecteurs à travers le récit commun et partagé.

Intertextualité et mobilité, ce sont là les deux atouts dont les marques devront se saisir rapidement pour intégrer le quotidien de leurs clients. Plus qu’un produit, les consommateurs sont à la recherche d’expériences, le produit n’étant au final qu’une réponse à un besoin et un témoignage de fidélité à la marque.

A elles donc d’organiser les dispositifs intelligents qui leurs permettront de raconter leur propre histoire : à différents moments, sous des formats adaptés à la situation : mobile, statique, anecdotique, etc. Outre les problématiques de community management qui nécessitent un travail évident de réflexion stratégique en amont et non une simple manipulation des différents outils permettant de s’inscrire au sein du web social, les marques doivent imaginer la manière dont elles prennent pied dans ces écrans et dans la vie de leurs clients. Les dispositifs qu’elles mettront en place vont devenir tout aussi importants que les messages qu’elles vont émettre à travers leurs codes.

Foursquare : une opportunité pour les retailers physiques

Jul 30 2010

Ne nous méprenons pas sur les services de géolocalisation, leur faible nombre actuel d’utilisateurs est un leurre au vu du potentiel qu’ils offrent aux retailers dans leur connaissance client.

Au début de la semaine, Forrester a sorti une étude sur les réseaux sociaux géolocalisé (SNLB) qui estimait que seul 4% des internautes adultes US avaient déjà utilisé un service SNLB et uniquement 1% l’utilisaient au moins une fois par semaine.

Bien que connecté à Facebook et Twitter, l’intérêt actuel de Foursquare se limite à une course d’égo pour l’obtention de points et de badges, même si certains endroits ont compris l’opportunité business offerte par le service.

En effet, il offre un énorme potentiel, en particulier dans la mise en place de stratégies “clic & mortar”, et ceci pour deux raisons :

La première est l’émergence de l’utilisation du mobile dans le processus d’achat en contexte d’achat

Dans son étude 2009 qui avait pour titre The Emerging Opportunity In Mobile Commerce, Forrester nous apprenait que parmi les américains ayant utilisé leur mobile dans l’achat d’un produit, 62% l’ont utilisé pour trouvé une boutique proche ayant le produit recherche, 42% pour chercher des informations sur un produit dans le magasin, et 39% pour comparer les prix à l’intérieur même du magasin.

Pour ceux qui ont du mal à s’imaginer ce que cela pourrait donner dans un futur proche, je les invite à voir la démo TED du “6ème sens”.

Conscient de cette tendance, des magasins comme la Fnac offre au sein de son application mobile un scan de code barre, et certaines agences digitales présentent déjà le code barre comme le saint Graal de la révolution digitale en magasin.

La deuxième est le couplage avec le système de la carte de fidélité.

Cette semaine, CardStar a annoncé le couplage de son application avec Foursquare. (Cardstar offre, à travers son application mobile déjà télécharger plus d’1,4 millions de fois, la possibilité de regrouper ses cartes de fidélités physiques en une seule application mobile).

Ce qui est intéressent dans cette fonction c’est que l’on monte de niveau dans la connaissance client. Alors que l’activation de la carte ne se fait qu’au niveau du paiement, en le couplant avec Foursquare, on l’active au moment de rentrer en magasin.

A l’image d’un site d’e-commerce qui peut tracker le nombre de connexions d’un clients ainsi que son intérêt pour des produits, l’interconnexion entre SNLB et carte de fidélité est la pierre angulaire d’une meilleur connaissance client dans un réseau physique.

Et en regardant encore plus loin, il peut se reveler être la promesse d’une connaissance client transversale entre le physique et le digital.

Ainsi les retailers, mais aussi les chaînes de restaurants, se doivent de digitaliser leurs cartes de fidélité et les coupler à des SNLB,  tout en poussant des offres qui récompensent leurs clients se flaggant en magasin. (L’utilisation en caisse commence à rentrer dans les mœurs vu qu’en 2006, 80% des femmes les utilisaient systématiquement au moment de payer)

Les SNLB offrent l’occasion d’améliorer l’offre, le service et la connaissance clients, il serait bête que les retailers laissent passer cette occasion.

Et quel meilleur moment que maintenant où le smartphone commence à se démocratiser, représentant déjà presque 20% des mobiles en circulation et surtout une croissance exponentielle de plus de 140% entre Janvier Mai 2009 et Janvier Mai 2010.