Les français adorent le web social

Dec 17 2008

Dans les résultats de l’enquête Médiamétrie sur le net et les français, il y a des petites choses instructives à mettre en lumière.
Du point de vue de l’audience, il n’y a rien d’autre à constater qu’une croissance de tous les segments, selon une mécanique archi-connue de transformation des nouveaux internautes en consommateurs de services web. L’année dernière, le web a gagné 2,5 millions de cyberconsommateurs. Ils consomment aussi du média online, CQFD. Sans surprise, l’audience des blogs et réseaux sociaux a doublé en quatre ans, atteignant 22 millions d’internautes, soit le tiers de la population française. Et la pente reste forte …
Il est plus intéressant de regarder l’attention portée aux différents segments pour constater un fort regain d’intérêt au web social. Cela ne surprendra personne à l’heure où Facebook est passé de 2 à bientôt 7 millions d’utilisateurs (plus de 10% de la population française, ndr), mais on constatera, dans le même temps, le tassement des versions web des segments “traditionnels”. Quand aux sites vidéos, ils grandissent avec un rythme constant et ont dépassé cette année la TV. YouTube, puis DailyMotion dominent la vidéo online en France. Et ce n’est qu’un début.
Depuis 2004, les français sont deux fois plus nombreux en ligne et y passent deux fois plus de temps. Et ce temps là, ils le passent à faire quoi ? et bien très largement à se parler et à brasser de l’information en Société de l’Information. Les segments médiatiques sont au plafond et seuls progressent ceux qui participent de là où les gens se parlent et font des choses entre eux. Une tendance de fond, inéluctable, qui ne devrait que s’accélérer. Et on se rappelle la prédiction de Vinton Cerf, annonçant la fin de la TV telle que nous la connaissons en 2012.
Hier soir, nos chers députés ont fini par valider la loi sur l’audiovisuel public. Pendant ce temps, le web est le cadet de leur souci et cette chose étrange qu’ils regardent avec méfiance. Un vrai paradoxe d’avec ce que pratiquent de plus en plus leurs administrés …
Attention08.png

Sociogeek lève le voile sur les ressorts du web social

Dec 5 2008

La FING et Dominique Cardon en particulier ont présenté cette semaine les premiers enseignements de l’enquête SocioGeek, dont il y a deux mois.
La question de base était d’avoir une prise de température des motivations et surtout de ce que nous sommes prêts à faire sur les réseaux sociaux pour étendre ou animer nos relations. “Sommes-nous impudiques ?”, vaste programme.
Sociogeek1.pngPlus de 11 000 personnes ont fait le test, avec un sérieux surprenant dans les réponses, malgré le risque le caractère très ludique de l’enquête induise le contraire. Je pense que c’est bêtement aussi parce que l’on aime se regarder dans la glace.
L’équipe a
publié quelques résultats et analyses, mais j’invite vivement ceux qui seront comme moi à le Web 08 semaine prochaine, à assister à une nouvelle présentation.
Sociogeek va continuer de tracer sa route, certains aspects devront être préciser et d’autres enquêtes viendront consolider la vision. Pour autant, ces premiers éléments sont suffisamment signifiants à mes yeux car ils ont l’avantage d’enfoncer le clou sur des réalités que l’on connaît mais que l’on aurait aimé dépassés par autre chose. Sauf qu’au final ce sont des mythes. Impressions.

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Ça aurait mérité un billet

Nov 22 2008

  • LE billet de la semaine écoulé, c’est le pavé de Fabrice Epelboin, le démontage en règle du rapport Création et Internet. Christine Albanel nous la joue comme Bush avec les armes de destruction massive de l’Irak et organise une petite sauterie où, entre gens de bonnes compagnie, on parle de réguler l’Internet. Enrico Macias y pense smeble-t’il que ce n’est pas à nous artistes de nous adapter à Internet, mais l’inverse, à Internet de s’adapter à nous . Mais comme Philippe Astor, je pense que Création et Internet est un vrai enjeu de société. Dommage, la société de l’information est partout, mais pas au parlement. Effrayant.
  • Eric Besson avait indiqué en présentant son pseudo-plan, que la LCEN n’avait pas à être revue. Il avait raison : avec un bon dossier, Eric Dupin a gagné en appel. Bravo à lui et à ses conseils et merci d’avoir refermé la parenthèse.
  • 3 ans après le coup de gueule de Jean-Noel Jeanneney appelant à un sursaut culturel face à l’arrivée de Google Books, sort Europeana. Comme d’hab, le site est down dès son ouverture. C’est bien de l’avoir fait, mais quel contraste avec les saillies corbertistes autour de Quaero et autres saillies corbertistes parfaitement vaines qui ont suivi. En attendant, il n’y a toujours aucune vision politique sérieuse de l’économie de la connaissance, surtout pas en France …
  • Kelkoo était en son temps le symbole d’une capacité d’innover. Il a été bradé par Yahoo! cette semaine. Le titre fait un petit hoquet et tout revient comme avant une heure après. Signifiant ! Pendant ce temps, Jerry Yang a rangé ses affaires, ce qui n’empêche pas l’absence totale de stratégie.
  • Les chiffres de l’e-commerce, justement, c’était en début de semaine. Ça se tasse légèrement et la progression des ventes avant Noël se tasse un peu sous l’effet de la Crise. Pour autant, la croissance reste soutenue (+38% sur un an). L’e-commerce est le seul canal marchand en croissance, et de très loin.
  • Le public américain place pour la première fois l’Internet devant les autres média en terme de confiance. RWW parle de turning point in history et rapproche l’événement de ce qui s’est passé avec la campagne. À propos d’Obama, quelques chiffres supplémentaires, s’il en était besoin, pour montrer ce que le web a rapporté à Obama.
  • Six Appart sort Connect essaye de transformer une certaine idée du futur des blogs et cherche le chaînon manquant d’avec les réseaux sociaux. Je pense que je vais jouer.
  • Enfin, lu dans le dernier Courrier International, TechRadar nous raconte l’expérience de chercheurs qui se sont dit que, pour bien mesurer le spam, il fallait en envoyer. Ils se sont donc servit du réseau Storm et démontrer que le taux de transformation était de 1 pour … 12,5 millions de mails (!). Cela n’empêche pas qu’avec le nombre de machines hackées adaptées, cela n’en soit pas pour autant juteux. À 20$ le gain par vente et 7000$ par jour de revenu d’un bon réseau de spam comme Storm, je vous laisse faire le calcul du nombre de mails qui ont été supprimés …

Thomas Blard pour DecideursTV et Manuel Diaz

Nov 12 2008

Merci à Thomas de son invitation à échanger autour de mon parcours en tant qu’entrepreneur du web. C’est toujours difficile de résumer plus de 10 ans de travail en quelques minutes mais vous avez ici une bonne synthèse de mon point de vue du moment sur ce que le web est devenu et ce qu’une agence interactive se doit d’être au service des annonceurs qui lui font confiance.

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With all of us, we can

Nov 6 2008

Tout a été dit, ou presque sur la place du web dans la campagne et donc l’élection de Barack Obama. Bruno Clément propose aujourd’hui un pratique Tour d’horizon, mais je renvoie volontiers sur cet ancien mais excellent billet de Frédéric Filloux qui ne nous parle pas d’outils, mais d’une stratégie limpide, avec des résultats prodigieux et une histoire qu’on se racontera longtemps au coin du feu.
Oui, la stratégie web d’Obama constitue une étude de cas qui fait date. Elle le fait car elle sanctionne la montée en charge progressive du réseau dans le jeu politique. Il y a quatre ans, à l’aube du web 2, c’était un élément important, mais pas déterminant. Aujourd’hui, c’est un élément déterminant car il se traduit en réalité concrète d’argent collecté, de message diffusés, de mobilisation quantifié et active. Il y a deux ans, en France, Désir d’Avenir aussi, faisait date. Mais comme Ségolène Royal n’a pas gagné, la démarche a perdu du crédit outre qu’elle n’a pas été comprise. Le succès d’Obama relancera-t’il les dynamiques socio-participatives dans le débat ? ce serait bien.
Le consensus général, c’est que cette stratégie est une démonstration de puissance du web social et révélateur de la performance des réseaux sociaux. C’est sûr que, si on met en perspective son coût et ce qu’il a rapporté, on atteint des ratios qui peuvent vite monter à la tête. J’aimerai toutefois éclairer deux choses simples qui nuancent une approche facilement technico-tactique ou une lecture partielle du phénomène.

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LinkedIn surfe sur la crise

Oct 31 2008

Chacun appréciera l’à-propos par lequel LinkedIn promeut ses annonces, dans un Meet Sarah bien en ligne avec cette série culte. Quand on vous dit que le social-networking est passé en mode performance

Meet Sarah on LinkedIn
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Dessine-moi un buzz

Oct 28 2008

Le buzz, c’est quoi ? ça commence quand ? et où ? autant de question troubles et, il faut le dire, un peu obscures pour ceux qui ne sont pas habitués aux affres de web social.
Jusqu’à présent, on s’intéressait beaucoup aux mécanismes de viralité en général et ce qui faisaient passer un simple bruit de fond à une vague destructrice en particulier. Franck Beau a décrit tout ça très bien il y a trois ans déjà et ce qui s’est produit depuis n’a fait qu’ajouter vitesse et puissance.
Contribution à la connaissance, avec la pédagogie et l’impact de cette vidéo de Linkfluence (filiale du RTGI de l’Université de Compiègne, dont on se rappellera les (déjà) éclairantes représentations de l’impact du web politique lors du référendum de 2005. Un événement fondateur de l’impact du tout jeune web social.
De quoi nous parle Linkfluence ? de l’émergence du buzz qui a concerné l’iPhone 3G et l’offre plus 3G- que 3G+ d’Orange. Bref, de cette excellente étude de cas (une de plus) du marketing social subit, à l’heure où l’expérience utilisateur se partage.

Qu’est-ce que l’on voit ici ? Déjà que tout est mêlé et que ceux qui continuent de penser qu’ils ont SUR le web (donc au-dessus, logique descendante de média classique) sont en retard d’une guerre.
Ensuite que le buzz nait forcément quelque part, en particulier sur de bons vieux forums, ces sortes de bouillons de culture du réseau. Que ces blogs, qu’on dit moribond, forment les relais nécessaires à l’extraction et à la diffusion du buzz.
On retrouve alors quelque chose de la théorie des influenceurs. Sauf que l’on voit bien, dans ce cas, que c’est une chaîne d’influenceurs qui se répondent, qu’on est dans une logique de traîne, que les petits ruisseaux font bien les grandes rivières. Chacun a un impact local, mais ils se cumulent.
Enfin, on mesurera que la force d’Apple est bien dans l’existence d’un tissu de sites maillés, qui parlent de cette marque et de ses produits. Un tissu très structurant, donc très influent de celui du territoire IT. La puissance de la marque est celle de ses power-users et de l’entretien de leur sociabilité …

Extension du domaine du débat

Oct 7 2008

Quand nous répétons à l’envie que la discussion va plus vite sur le web que nulle part ailleurs et qu’il est vain d’essayer de croire qu’on puisse la prendre de vitesse, on ne mesure pas à quel point c’est vraiment le cas, notamment quand un rendez-vous de masse s’étend par la discussion online qu’il suscite en même temps. Comme nous en sommes habitué maintenant, les grands rendez-vous politiques signent l’évolution des choses. En l’espèce, l’élection américaine nous en donne un saisissant exemple, ce qui doit nous amener à modifier notre façon de penser l’interaction avec le public.

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Zlio, le web social en mode marchand

Sep 25 2008

ZlioEco.pngS’il s’est passé quelque chose en aparté de e-commerce 2008, c’est la lancement de Social Commerce par Zlio.
Zlio est une belle réussite et un projet qui gagne à être connu hors les frontière de la blogalaxie et des afficionados du net. J’en parle pour ma part assez systématiquement dès qu’il s’agit de phosphorer autour du C2C et des opportunités du réseau comme plateforme de business. Le bas peuple marchand pense eBay, mais s’en trouve ravi de découvrir qu’il existe d’autres solutions. faire de l’e-commerce n’est pas réduit à lancer une boutique, il y a bien d’autres canaux.
Zlio a le sens de l’a-propos et vient confirmer ici que les bons projets sont ceux qui savent être en charge au bon moment. À l’heure où la monétisation des réseaux sociaux anime les tables rondes, où le Christine Lagarde prend acte du bienfait des quelques dizaines de milliers de néo-marchands, Zlio arrive à maturité fort de ses 300 000 boutiques. Il est alors temps d’enfoncer le clou, et de passer le versant fournisseur en mode mainstream.
Voilà en tous les cas du projet qui fait plaisir à voir. Une vrai réussite du web social. Reste maintenant deux questions. Proposer ses produits dans Zlio, c’est bien, mais faire savoir aux vendeurs Zlio que c’est une bonne pioche, c’est mieux. Etre en situation de satisfaire le client final, ça se prépare et ça se travaille. Bref, si Social Commerce de Zlio est une super opportunité, se lancer dedans demande à s’inscrire dans une démarche construite.

Etudier la blogalaxie est-il encore pertinent ?

Sep 24 2008

Alors qu’on pouvait penser qu’il n’y avait plus rien à dire sur les blogs, la publication par épisodes de l’état de la blogalaxie de Technorati (terme emprunté à Transnets, plus pertinent à mes yeux que “Blogosphère”) suscite son petit buzz et nous ramène presque deux ans en arrière. C’est en tous les cas là que j’avais laissé pour ma part l’appréciation des évolutions de ce petit monde, constatant l’atteinte d’une phase plateau.
Alors, pour peu que l’on n’oublie pas ce qu’audite ou pas Technorati, donc que cela concerne surtout et avant tout une vision très nord-américaine du bloguing, on découvrira quelques clés socio-économiques de cette activité.
Pour ma part, je constate déjà qu’avec 900 000 billets par jour, le périmètre audité par technorati a vu sa production baisser de 40% comparativement à mars 2007. De quoi valider le constat que la production des blogueurs s’est dilluée dans le web social.
ReadWriteWeb pense que le bloguing est une activité de niche. Ça reste relatif, mais il me semble pour ma part, que les usages de masse se sont déportés sur les environnements sociaux. Leçon à mon goût du coup de blues des blogueurs historiques cet été, les blogs forment aujourd’hui plutôt un modèle média, au service d’objectifs mixant média et participation tant pour des individus en recherche de visibilité et/ou de notoriété pour eux-mêmes, leurs idées, leurs projets, les marques, organisations ou même les médias classiques. Bref, le blog est l’instrument d’une stratégie.
Cela étant dit, j’aurai pour ma part bien du mal à étudier ces postures stratégiques en les réduisant au seul bloguing. Le couplage avec les autres outils de socialisation est une banalité et le blog lui-même n’en est pas nécessairement le centre. Ce que nous explique Technorati est très intéressant, mais je m’interroge quand même sur la pertinence qu’il y a à regarder les tenants et aboutissants sous l’angle d’un seul des instruments de l’individu numérique. Je crains que cela nous amène à voir les choses de manière soit partielles, soit déformées. Nous ne sommes plus en 2006, les blogs ne sont plus seuls au monde dans le web social, il est temps de regarder les choses autrement.

Blogs, Flickr et autres, le réseau comme autre et miroir

Sep 19 2008

La rentrée de septembre a sans doute été l’occasion pour beaucoup de garnir blogs, Flickr et autres d’une myriade de billets ou de photos du type Moi, Mes aventures, Mes amis, Mes vacances…Pour qui ? Pour quoi ?
On peut certes invoquer le côté pratique pour amis ou parents éloignés, l’accès de n’importe où n’importe quand, le partage ou le développement du lien social, la valorisation de soi, tout cela est sans doute vrai. Cela concerne tout aussi sûrement la recherche et l’élaboration de sa propre identité, un thème très largement abordé par les artistes en général, ceux de la vidéo puis du numérique en particulier. Lorsque, idée maintenant rebattue, à partir du milieu des années 90 (Jennifer Ringley 1996 ), des internautes s’exposent jour et nuit dans le champ d’une webcam au regard d’hypothétiques internautes, puis-je penser que c’est à moi qu’ils s’adressent ? certainement non ! De la même façon, lorsqu’on expose récits, pensées, films et photos personnelles, ne s’adresse-t-on pas plutôt à une entité réseau à la fois autre et miroir ?
Zogby, cabinet d’études de l’opinion publique américaine, nous apprend en 2007 que 24% des américains pensent que l’Internet peut servir de substitut comme autre (Hello, Internet, I’m Home ! ). Cet autre est d’autant plus valorisant que l’image qu’il me renvoie est en partie modelée à mon goût de par mes publications et le choix de mes connexions. En fait, de ce point de vue, ce que Benayoun nomme pulsion connective, pourrait bien être une nouvelle version du miroir Lacanien (Pour rappel, au risque d’être reprise par des spécialistes, dont je ne suis pas, le stade du miroir c’est cette période au cours de laquelle, son image dans le miroir permet de construire un schéma corporel, une image de soi et d’en prendre conscience). Lorsque je publie, placé au centre de la toile, la mienne, je me donne à voir, je vois. Plus on me voit, plus je vois, plus j’existe. La complicité, même fictive, qui s’instaure, le regard de l’autre, me confirment dans mon être et dans mon existence…et dans le personnage dont je me fait l’idée ou dont je pense que l’autre se fait l’idée (j’y vois d’ailleurs une certaine parenté avec ce qu’il est convenu d’appeler télé-réalité).
Que ces démarches séduisent ou irritent, on ne peut qu’en prendre acte, même s’il faut être conscient des limites de l’exercice. Au final, d’une façon ou d’une autre, l’internaute se raconte (My life, My experience, comme le montre l’étude 2006 de Pew Internet ). Ainsi peut-on saisir l’intérêt qu’il peut y avoir à s’insérer dans la construction narrative de cet internaute en agissant sur son imaginaire, en lui permettant d’intégrer dans sa propre histoire, et donc son identité, les parcours et les discours qu’il est amené à construire lors de ses visites. On comprend donc pourquoi la gestion et le guidage des flux émotionnels qui transparaissent dans les blogs, forums et réseaux divers intéressent tant les spécialistes du marketing et de la communication.

Mac et Linux ambiance Chrome, aux bons soins des codeurs réunis

Sep 16 2008

Une semaine après sa sortie très médiatisée, mais uniquement en beta sous Windows, Google Chrome est disponible sous Mac et Linux. Mais le plus important n’est pas que les fondus de la pomme ou du manchot vont se la donner avec ce nouveau joujou, c’est que cette sortie n’émane pas de Google.
Pourquoi s’emmerder quand on a des communautés de développeurs actives sous ces deux environnements, hein ? il suffit de mettre le code à disposition et elles font le boulot, vite et bien en plus ! Vont-elles se contenter de porter la bête, où vont-elles aller plus loin, je vous laisse faire vos pronostics.
En tous les cas, les stats de ce blog confirment qu’il pèse déjà 1%.

Représenter le web 2, mais pour quoi faire ?

Sep 7 2008

Le web 2 étant prolixe en services en tous genres, il a très vite généré toutes sortes de représentations. Il y a les planches de logos, des nuages de mots-clés, des cartes de la d’une prétendue blogosphère, des réseaux sociaux façon la Terre du Milieu ou géopolitiques, des cartes sémantiques, des cartes géolocalisant les acteurs concernés, des plans de métro, des posters, mais aussi des classifications.
Ces dernières consistent à distribuer les logos sur des diagrammes signifiants et je trouve que, depuis quelques temps, il en est fait un usage immodéré. Les discussions enflammées qu’elles suscitent participent de la recherche de je ne sais quelle vérité, notamment en terme d’usages. Or, si elles disent quelque chose, elles n’apportent strictement rien sur ce point, justement.
Il y a en effet un pêché originel dans ces images, celui qui revient à enfermer chaque service dans un usage dominant, alors que la réalité est bien plus compliquée. Voir l’exemple de Flickr. Des représentations usage, je n’en connaît finalement pas vraiment. Même les excellentes typologies de Dominique Cardon ont leur limites en ce domaine.
À défaut d’usages, ces cartographies me semblent plutôt relever d’un essai de représentation en terme de marché. Ainsi, celle ci-contre ne sert qu’à vendre l’idée d’un marché des “conversations” (notion qu’elle ne définit pas d’ailleurs…). Les services ont en effet la faculté à s’enfermer eux-même dans un discours qui, sous prétexte de simplifier la compréhension du positionnement business, défini une cible vite ramenée à un besoin plus qu’à une pratique. La tyrannie des “needs” en quelque sorte.
Bref, ces représentations sont sans doute utiles aux investisseurs, ou pour travailler du positionnement quand on est soi-même à la tête d’un de ces services. Quoi que …
En fin de compte, la seule utilité que je leur trouve vraiment, c’est de proposer un joli poster pour agrémenter mon bureau.

Châteaux de sables et widgets à gogo

Aug 26 2008

Si le web 2 a changé quelque chose dans la structure même du web, c’est sa widgétisation, en particulier le fait qu’une partie des services que peut proposer un site est motorisé par des services tiers. Exemple emblématique avec l’utilisation des outils cartographiques de Google Maps, à telle antienne qu’on s’en trouve surpris quand on tombe sur une carte faite maison.
Le résultat, c’est que que la widgétisation est un élément incontournable de toute stratégie digitale et que l’offre est littéralement pléthorique. On baigne littéralement dans les plug-ins, API, widgets et autres services intégrables, sources d’économie de développement, d’accès à des gisements et communautés qui accélèrent la transformation des objectifs. Un beau rayon pleins de produits vitaminés pour votre web, à condition de bien respecter les doses …

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Lifestreaming et futur des blogs

Aug 25 2008

En ce jour où ce blog entre dans sa cinquième saison, la perche était bonne à saisir pour parler blogs et surtout avenir des blogs. En tous les cas des blogs d’individus, car ce n’est pas parce que les blogueurs historiques ont un coup de blues que l’on en a fini avec eux. Et je suis pour ma part en constat permanent qu’en ce qui concerne le marketing ou le corporate, sans parler de leur usage en intra.
Les blogs, c’était quoi ? et bien c’était la première fois qu’un non-technicien pouvait se créer un site. Et on a alors assisté à une première étape de démocratisation du web. Ce qu’on effectué les réseaux sociaux ensuite, c’est finalement abaisser le niveau d’implication éditorial pour démocratiser encore plus.
Cela dit, il s’est aussi produit un petit glissement. Avoir un blog, c’était être dépositaire d’un vrai morceau du web. Sur Twitter ou Facebook, ce n’est pas le cas, vous exploitez un profil dans un contexte très encadré. Vous ne possédez pas le bout de web qu’il représente et qui n’a quasiment pas d’entité propre, au sens notamment où, un site web, ça se ferme. Cherchez le bouton supprimez de votre profil et si vous le trouvez, faites-moi signe, et relisez bien les CGU.
Si je vous dis cela, c’est que vous ayant expliqué semaine dernière que le microblogging avait ouvert la voie au lifestreaming, cette sorte de reconstruction de l’individu par agrégation a suffit pour que certaines y voient un renouveau pour les blogs.
Mais pourquoi diable s’emmerder avec un hébergement et ignorer l’efficience d’univers sociaux où le maillage est facile ? pourquoi se passer de FriendFeed ? Et bien tout simplement pour être vraiment propriétaire de son canal média, un vrai moyen de s’extraire de l’anonymat des réseaux sociaux, si ce n’est de rêver que son pré carré prenne de la valeur.
Pendant ce temps, Nicolas Vanbremeersch Versac nous explique qu’il y a plus de valeur à se disséminer un peu partout plutôt que de la localiser sur un canal média, considérant l’éclatement de la discussion en toute sortes de lieux, toutes sortes de niches. Finalement, la vraie question, ce n’est pas de savoir ce que doit faire un blog ou pas, c’est le sens qu’on lui donne qui est important.
À l’heure où chaque univers social est porteur de sens, vouloir repenser les blogs sous l’angle du lifestreaming, c’est vouloir les réduire pour leur donner un sens par défaut. Il ne faudrait pas confondre le marché du bloguing avec ce que les blogs permettent de faire et portent en eux de potentialités aux stratégies média, individuelles ou pas.