Burberry serait elle la première marque de luxe avec une véritable vision digitale ?

Dec 3 2011

Je ne sais pas vous, mais pour ma part, cette interview d’Angela Ahrendts, CEO Burberry, est la meilleure vision digitale que j’ai jamais entendu de la part d’un grand dirigeant de maison de luxe.
Multi touch point marketing, multi channel marketing, brand experience, social oriented, toutes les valeurs que l’on défend chez Emakina y sont résumées.
Et si Burberry montrait la voie à l’industrie du luxe qui a tant de mal à s’adapter à ce nouveau monde digital ?

Je vous présente Thomas Suarez, Mobile Native

Nov 10 2011

Après les Digital Immigrant, les Digital Native, nous allons faire face à une nouvelle génération que j’appelle les Mobile Native. Si vous voulez savoir à quoi va ressembler l’avenir je vous invite à découvrir Thomas Suarez, 11 ans, qui vous explique avec une aisance bluffante toute la dextérité qu’il possède déjà à développer des applications mobiles juste pour le fun. Son objectif : continuer à animer son club de technophiles dans son école, coder pour le plaisir, s’intéresser aussi à Android.

Etes vous prêts à accueillir les Mobile Native à la tête de vos entreprises ? Je vous conseille de vous y préparer en commençant à muter comme dirait Alexis. 

YouTube Preview Image

 

 

 

 

 

Et si la TV était sociale avant d’être connectée ?

Mar 9 2011

La télévision est au centre de toutes les attentions, l’objet de toutes les convoitises, au cœur d’une bataille très disputée… En effet, après une longue phase d’ignorance mutuelle, de mépris et d’observation, la télévision et internet vont se marier. C’est inéluctable. Cela soulève deux questions. L’une porte sur les usages, l’autre sur le modèle économique. C’est naturellement la seconde qui gouverne les esprits. Si les recettes publicitaires sur le web ont connu une très forte croissance, nous sommes encore bien loin du gigantesque gâteau de la publicité télévisuelle, une économie (encore) florissante mais déjà bousculée que le web regarde comme une grande opportunité.

Les chaînes sortent aujourd’hui de la télévision pour aller sur d’autres écrans, soucieuses de bien verrouiller le tuyau des contenus et des revenus publicitaires. Ce mouvement s’inscrit dans une tendance de fond : faire rentrer le web dans la télévision en la connectant. Constructeurs, géants du digital, fournisseurs d’accès et même certaines chaînes se disputent ainsi la place du meuble sous le téléviseur, à grands coups de « boxes ». Cependant, l’offre reste disparate et manque de convergence dans un marché qui reste en forte croissance avec une demande de plus en plus importante de la part des consommateurs pour des flux vidéos de toutes sortes que ce soit via la vidéo à la demande ou encore sur mobiles…

Télévision connectée ou « à l’ancienne », la télévision fonctionne quand elle capte un maximum d’attention du téléspectateur. C’est sa force et sa faiblesse. Le fait que la télévision « sorte de la télévision », suive le téléspectateur sur d’autres écrans ou il se connecte, ne réinvente rien en soit. Les écrans connectés sont de fait déjà une norme.

Alors quelle est la véritable révolution ? La télévision n’est en fait pas simplement « connectée », elle est « prolongée ». Les téléspectateurs utilisent aujourd’hui Facebook ou Twitter pour commenter en direct avec leurs amis leurs programmes favoris. Sur les grands rendez-vous – un match de l’OM, le tournoi des 6 nations ou un épisode de Plus belle la vie – le phénomène a pris une ampleur considérable. De même de plus en plus nombreux sont les téléspectateurs qui souhaitent partager la liste de leurs programmes favoris. Le magazine TV de demain est donc déjà réinventé : ce soir, vous regarderez ce que vos amis regardent et non plus les programmes imposés par la politique éditoriale des chaines…

Ainsi, est ajoutée à la posture de téléspectateur traditionnelle une expérience sociale qui décuple le plaisir de la consultation et assouvit un besoin de commentaire, participation, débat, et de partage. Réseaux sociaux et phénomènes de socialisation numérique sont de fait un formidable levier de valorisation pour la télévision et surtout une immense opportunité de fédérer plus que de l’audience, de générer de l’appartenance, de l’engagement. La télévision sera de moins en moins uniforme et linéaire pour évoluer vers quelque chose de vivant, une communauté active de téléspectateurs.

Dans ce contexte, les chaînes traditionnelles ont encore une avance concurrentielle puisqu’elles conservent – pour combien de temps ? – les droits des grands événements (compétitions sportives, concerts, …), des programmes et séries en première diffusion. Mais cette accoutumance – il est vrai déjà mise à mal par les « boxes » – devrait rapidement prendre fin. Les nouveaux formats de séries apparaissent sur le web, la vidéo s’y réinvente et l’internet a supplanté la télévision en termes d’influence sur l’acte d’achat. Le jour où les acteurs de l’Internet feront une vraie proposition de culture et de divertissement avec des programmes exclusifs et une ligne éditoriale, le tout accessible facilement, il se passera quelque chose d’une violence aussi inouïe que celle qui a bouleversé l’industrie musicale.

Et pour les acteurs historiques du canal hertzien, l’avenir passe très certainement par un positionnement sur des contenus live, originaux et exclusifs, couplés au second écran dans les mains d’un utilisateur sur son canapé engagé dans une expérience de socialisation et d’échange avec ses amis via sa tablette ou son mobile. En parallèle, de nouveaux acteurs développeront un autre modèle économique basé sur l’accès à un catalogue infini et intelligent de vidéos à la demande contextualisées à nos goûts et comportements sociaux déterminés.

Sur cette seconde expérience tout est à inventer et les chaînes ne peuvent s’appuyer sur leur culture initiale ni compter sur leur puissance dans la mesure ou des acteurs globaux comme Google, Apple ou Facebook seront des compétiteurs redoutables déjà bien installés dans les usages. Ce Yalta concurrentiel aura-t-il lieu ? Nul ne le sait, mais la guerre froide a déjà commencé. Bienvenue dans une économie de l’attention.

Procter & Gamble change de format

Jan 13 2011

Il y aura bientôt un an, Pepsi avait marqué les esprits en délaissant le Superbowl pour investir les médias sociaux. C’était un événement signifiant à plus d’un titre. Et il n’est pas étonnant que Mad Men soit un grand succès. Cette série fait l’autospie d’un monde et d’un âge d’or publicitaire qui est révolu.
Un an plus tard, un autre événement marquant se produit, avec l’arrêt annoncé par Procter & Gamble de ses investissements dans les séries TV, au profit d’investissements massifs dans les médias sociaux.

Une preuve de plus du déplacement de l’attention

Comme le rappelle Boston.com, qui analyse la nouvelle, il faut se souvenir que le terme Soap operas désigne à l’origine les séries sponsorisées par P&G, il y a trois-quart de siècle. C’est ce qui donne de la symbolique à cette nouvelle, tellement signifiante pour le monde de la télévision.
Social media has become mass media, and for women especially comme le dit l’experte interviewée par Boston.com. Mais il n’est nul besoin d’aller aux USA. En août dernier, Harris interactive a relevé que le web était bien plus influent que la télévision, en France.
On pourrait donc considérer qu’il s’agit là d’un épisode de plus, même s’il a sa signification, du passage des budgets des médias de masse du siècle dernier vers ceux du nouveau siècle que sont les médias sociaux. En tout état de cause, la domination des premiers cesse, au bénéfice d’une plus grande diversité de supports. Car, n’en doutons pas, dans l’avenir proche, tout sera articulé autour d’expériences digitales.

Une preuve du déplacement de la création

Dans cette affaire, il faut relativiser la notion de télévision et plus largement le canal. Car le fait est que nous n’arrêtons pas de regarder des séries, nous sommes en train de les regarder autrement.
Les séries sont sorties de la télévision et sont passées par quantités de supports et pas uniquement du Replay. Surtout, en sortant du cadre et du format de la télévisions, les séries se sont libérées des codes et ont rencontrés d’autres environnement d’attentions.
P&G ne délaisse pas les séries, P&G suit les créateurs là où ils sont aujourd’hui : sur le web en général et sur le web social en particulier.
Chacun sait que la vidéo a investi le web en masse. Frédéric Filloux a récemment consacré un excellent billet à ce phénomène. Mais la vidéo a aussi changé avec le web, suscitant une profusion de nouveaux formats, de nouveaux territoires de jeu pour les créateurs.

Derrière le social media, la création 2.0

Cela fait un bon moment que les créateurs ont suivi leurs publics, là où leur attention est fructueuse. Il est inutile pour moi de vous la faire avec MySpace, LadyGaga son économie centrée sur le web, comme tous les artistes qui veulent compter, plus tous ceux qui émergent, puisque le web est la nouvelle écloserie.
Le web n’est pas juste un tuyau, du contenant. Il a développé son propre contenu et le succès des mini-séries montre qu’il va être le nouveau point central, car c’est là que le public y adopte de nouveaux formats, notamment audiovisuels.

En écho à un précédent Change or die, je vous dirai que les gens ont changé, que les artistes ont changé et que, en effet, les annonceurs suivent. Mais ce n’est pas simplement pour être là où sont les gens, c’est aussi pour maintenir la proximité avec les bons créateurs. CQFD

Au delà de votre réputation, votre nouveau visage business

Dec 14 2010

Plus que jamais, la fin de cette année est marquée par les réseaux sociaux. On a récemment vu Le Monde faire la part belle à la récente refonte de la page profil Facebook, le genre de chose parfaitement microcosmique il y a moins d’un an, dorénavant élevé comme événement de masse. Les réseaux sociaux font partie de nos vies. Cela n’a évidemment pas échappé aux marques, mais on ne peut qu’être frappé par les nombreux papiers qui parlent de freins, de blocages, des limites de l’exercice. Cela démontre que l’adoption est en marche, mais qu’il y a encore beaucoup de travail, que les choses ne sont sans doute pas prises par le bon bout.

La prise de conscience de la perte de contrôle

La prise de parole libérée du consommateur a d’abord été largement perçue comme une perte de pouvoir et une perte de contrôle. Et c’est d’abord dans l’idée de le reprendre, ou de défendre son image de marque que le sujet a été approprié par les marques et les entreprises. Il est donc parfaitement logique de lire que les responsables de la réputation soient sensibles à repérer et avoir les armes pour faire face aux menaces : c’est le sens même de leur nomination. Cela oriente la réputation sur une approche défensive et fabrique des ponts avec l’intelligence économique. C’est un marché du radar et de la protection.
Sommes nous à ce point en situation de fragilité qu’il faille à tout prix se prémunir et ignorer les grandes opportunités que représente la bonne nouvelle d’avoir les gens à portée de main pour faire quelque chose avec eux ?
Cela traduit sans doute un certain degré d’ignorance des sphères dirigeantes dans le web social et ce qui s’y passe. Le fait qu’ils aient nommé des gens pour s’occuper du sujet est une bonne nouvelle, dans le sens où cela traduit la prise de conscience du phénomène. Maintenant qu’il y a quelqu’un qui s’en occupe, c’est que c’est important. Il leur appartient de dépasser la logique défensive pour éveiller leurs géniteurs aux opportunités, car s’en est aussi une pour eux ! La sécurité est une préoccupation légitime, mais si on ne regarde pas les choses sous l’angle de la création de valeur, il ne s’agira que d’une dépense qui enfermera tout le monde.

L’occasion de se poser de bonnes questions sur soi-même

Il faudra rendre grâce, un jour, à l’industrie musicale d’avoir essuyé les plâtres et montré à tous que l’absence de remise en question sur le fond et l’élévation des digues de sacs de sable était une erreur. En 2007, à propos de ce qui se passait dans ce secteur , le PDG de Warner avait dit : il ne faut pas partir en guerre contre ses clients.
C’est en effet une grande vérité de voir que le doigt qui est pointé en matière de réputation, n’est rien moins que le client. Vos clients sont des opportunités, pas des ennemis. Ce qu’il vous disent n’est pas une menace. Il y a dedans vos prochaines innovation, vos prochains progrès, vos prochains revenus. La réputation n’est pas une dépense défensive face à un nouveau fléau. C’est un centre de profit.
Si l’on craint ses clients, cela veut dire que l’on n’est pas sur de ce que l’on est et de ce que l’on fait. Les postures face aux web social trahissent bien souvent l’absence de stratégie, ou plutôt une sourde ignorance de ses faiblesses dans ses produits et services, dans la solidité de ses convictions sur les sujets d’importance.
Dans un monde de la perte de contrôle, la vraie défense, c’est d’être sûr de ce que l’on est, de l’affirmer. L’exemple Nestlé en est un exemple emblématique. Gap, dans le genre “je n’ai pas de message à l’appui”, en est un autre.
Suntzu a dit que l’on gagnait la guerre en choisissant le champ de bataille. Je dis qu’il est important de SE connaître tout autant que de connaître ceux qu’il y a en face. En ce sens, la réputation et le web social sont de formidables opportunités de trouver, définir et structurer un territoire d’appartenance et d’interactions avec les clients, de constituer un espace hautement fertile en business.

N’ayez pas peur des médias sociaux, embrassez-les !

Car la grande nouveauté, c’est tout simplement l’opportunité de parler et d’échanger. Il ne faut pas le voir juste comme des outils et un moyen productif et efficace de le faire. Il faut le voir comme un changement profond du modèle.
Marc Zuckerberg, dorénavant intronisé comme visionnaire de ce nouveau siècle social, le dit avec des mots simple : le monde est social. Ce que cela représente forme un courant qui adresse et modifie tous les marchés, tous les business. Tous les domaines d’activités voient fleurir les initiatives et expériences à tous les niveaux. Olivier évoquait récemment les nouvelles orientations de Philips, qui a décidé de piloter sa stratégie produits avec ses clients. Philips est une marque connue pour sa capacité de remise en question, d’innovation et de repositionnement. Ce qu’elle fait et ce que font ce genre d’acteurs trace la voie.

Il ne faut pas s’arrêter aux constats mitigés ou pessimistes de la première étape de prise en compte des réseaux sociaux dans le business. Il faut aider ceux qui sont en poste à exploiter les opportunités et à passer à l’offensive, dans le bon sens du terme. Il faut croire en un nouveau monde d’opportunités.