Burberry serait elle la première marque de luxe avec une véritable vision digitale ?

Dec 3 2011

Je ne sais pas vous, mais pour ma part, cette interview d’Angela Ahrendts, CEO Burberry, est la meilleure vision digitale que j’ai jamais entendu de la part d’un grand dirigeant de maison de luxe.
Multi touch point marketing, multi channel marketing, brand experience, social oriented, toutes les valeurs que l’on défend chez Emakina y sont résumées.
Et si Burberry montrait la voie à l’industrie du luxe qui a tant de mal à s’adapter à ce nouveau monde digital ?

Les véritables entrepreneurs sont…

Dec 29 2010

Une excellente définition de ce qu’est un entrepreneur par Steve Blank.

Le CDT Haute-Bretagne dévoile ses trésors cachés grâce au geocaching, by groupeReflect

Sep 10 2009

Lorsque le CDT Haute-Bretagne m’a demandé si je connaissais une agence qui pourrait les accompagner dans la mise en place d’un projet outdoor de découverte innovante et ludique du territoire, mon sang n’a fait qu’un tour… Imaginez un territoire riche de nombreuses légendes et autres mystères, patrie de Merlin l’enchanteur, de Surcouf, d’Arthur, roi des bretons qui fut le seul à tirer l’épingle du jeu la mythique Excalibur du Roc, des Korrigans que vous croiserez peut-être à proximité des nombreuses Mégalithes qui jonchent la région… Bref, l’endroit idéal pour une opération de géocaching !

What's your Hobby ?

Géoquoi ?

Si on s’en tient à la définition de wikipédia, le géocaching est un loisir qui consiste à utiliser la technologie du géopositionnement par satellite (GPS) pour rechercher ou dissimuler un contenant (appelé « cache » ou « géocache ») dans divers endroits à travers le monde. En très gros donc, utiliser des satellites de plusieurs millions de dollars pour chercher et trouver des tupperware dans le bois, pour reprendre un visuel très connu des géocacheurs.

Lancé en 2000 aux Etats-Unis suite à l’ouverture du système gps anciennement militaire au grand public, le geocaching est un donc en quelque sorte une chasse aux trésors “high tech”. Près de 900.000 caches sont dissimulées à travers le monde, la France et son modeste territoire si on le compare à la superficie des Etats-Unis en comporte un peu plus de 12.000. A noter également qu’une entreprise de Seattle, Groundspeak, est aujourd’hui dépositaire du nom et éditeur du site geocaching.com qui concentre l’ensemble des pratiquants à travers le monde.

Ok, donc je peux trouver des tupperware cachées grâce aux satellites… ça sonne bizarre votre truc !

Geocaching by groundspeakEn fait pas tout à fait. Il vous faudra un récepteur gps, qui vous permettra de vous géolocaliser sur le globe.

N’importe quel gps peut faire l’affaire, les gps de rando offrant un confort supplémentaire puisque bon nombre d’entre eux permette d’afficher des fonds de carte topographiques facilitant le positionnement sur le terrain. L’iPhone (encore lui) est ainsi un excellent moyen de s’initier au géocaching (téléchargez l’application geocaching de groundspeak, et lancez-vous !), les produits evadeo (IGN) et garmin également…

Une fois équipé de votre gps, il vous suffit de saisir les coordonnées de la cache ou d’un point intermédiaire qui vous permettra après avoir résolu une petite énigme (pas obligatoire) de trouver le trésor mérité.

Différents types de caches, de différentes tailles sont ainsi dissimulées parfois sous des pierres, dans le creux des arbres, etc… Et ce la plupart du temps à proximité de points d’intérêts remarquables. Chaque cache dispose d’un petit texte explicatif qui vous présente le lieu, son histoire, et enfin les étapes à respecter avant d’atteindre la cache.

Ok j’ai compris le principe… Donc vous avez fait ça avec le CDT Haute-Bretagne ? Quels sont les bénéfices ?

Nous avons effectivement réalisé l’opération de A à Z, en étroite collaboration avec les équipes du CDT Haute-Bretagne mais également avec les Offices de Tourisme locaux qui ont pu apporter leurs connaissances de leurs territoires respectifs.

Le géocaching s’avère être une excellente activité à vivre en famille ; Il dope l’imagination et la curiosité des plus jeunes, tout en offrant une présentation innovante et ludique du territoire pour les plus grands. Bon nombre de familles ont déjà franchi le seuil des Offices de Tourisme de la Haute-Bretagne, qui en s’appuyant sur le site Internet réalisé dans le cadre de l’opération peuvent ainsi imprimer les fiches des caches et les remettre aux touristes, accompagnés d’un petit dépliant expliquant le concept de l’opération également réalisé dans le cadre de l’opération, et enfin mettre à disposition des touristes des gps de randonnée pré-configurés.

Le géocaching est par ailleurs un loisir mondialement représenté, et tout particulièrement développé au Royaume-uni, Benelux, Allemagne… Autant de pays dont les touristes viennent chaque année profiter des charmes de la Haute-Bretagne, des cibles supplémentaires pour cette opération !

Pour finir, le géocaching, de part sa nature, est une activité ludique et «pas cher» pour les touristes, totalement en phase avec «l’ambiance» du moment…

Site Internet, Dépliant, Caches… Quel dispositif avez-vous préconisé ?

À la découverte des trésors cachés de Haute-Bretagne Ille-et-VilaineL’opération s’appuie sur un site Internet, le coeur du dispositif, disponible en deux langues (Fr & Uk) : tresorsdehautebretagne.fr. L’objectif ici était de présenter l’opération auprès du grand public (hors géocacheurs qui ont eux été ciblés via geocaching.com), s’appuyant sur une cartographie mettant en avant les caches réalisées dans le cadre de l’opération (une vingtaine pour cette première saison), mais également les caches du réseau geocaching.com. Les internautes sont invités à se créer un compte avant de se lancer dans l’aventure (datacollecting).

Un dépliant présentant le concept du geocaching et l’opération a également été réalisé. Celui-ci accompagne les fiches des caches imprimées depuis le site Internet et est remis aux touristes lorsqu’ils se présentent dans les Offices de Tourisme. Cette démarche n’est néanmoins pas obligatoire, bon nombre de terminaux gps aujourd’hui commercialisés permettant de télécharger les descriptifs des caches directement sur le gps.

Nous avons par la suite, en collaboration avec le CDT et les OT, dissimulés une vingtaine de caches sur le territoire, puis rédigé les énigmes et descriptions en tirant notamment parti de la matière fournie par le client. Les fiches des caches sont disponibles en Français et Anglais, et également accessibles sur le site geocaching.com

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Géocoin CDT Haute-BretagneD’ici quelques jours, des géocoins aux couleurs de l’opération (objets voyageant de cache en cache, trackables grâce à un numéro d’identification unique) parcourront le monde pour faire la promotion de l’opération auprès des géocacheurs.

La réalisation du projet a pris 3 gros mois, et a été lancé à la mi-juillet, sans effort de communication particulier. Si il est encore beaucoup trop tôt pour tirer des chiffres pertinents de l’opération, les très nombreux commentaires postés par les utilisateurs (français et étrangers) sur le site de l’opération ainsi que sur geocaching.com laissent présupposer un vif intérêt des touristes pour l’opération !

Quelques commentaires…

“Grâce aux Trésors de haute Bretagne, nous découvrons les joies du géocaching, et (re)découvrons avec plaisirs les sites qui servent de cadre aux différentes énigmes.”

“Nous arrivons à Montfort-sur-Meu et nous rendons dans un premier temps à l’Office du Tourisme. Nous rencontrons une hôtesse fort sympatique, en la personne de Servane. Elle nous transmet la version imprimée des énigmes de Montfort. Il va y avoir du travail, mais si nous sommes là, c’est bien pour cela ;)

“A nice interesting and informative walk around the charming town of Redon. Very pleasant and easy. Many thanks, merci bien au CD du Tourisme de Haute Bretagne…”

Retrouvez d’autres témoignages sur tresorsdehautebretagne.fr

N’hésitez pas à me transmettre vos questions par email, j’y répondrai avec grand plaisir ! Et si finalement, c’était le Web communautaire appliqué au tourisme ;) ?


La danse contemporaine à la conquête de nouveaux imaginaires, l’iPhone accueille N+N Corsino

Sep 3 2009

Image de l'oeuvre "Soi moi"

Image de l'oeuvre "Soi moi"

Pour quelques euros (on n’achète pas ici un service ni un outil, mais une œuvre d’art), il est possible depuis quelques jours de télécharger ce qui est présenté comme la première création artistique pour iPhone, « soi moi » de Nicole et Norbert Corsino, chercheurs et chorégraphes reconnus. Une série de chorégraphies met en scène une silhouette dans un décor sur lequel on peut agir en exploitant les possibilités de l’appareil… Spécialistes de l’étude du mouvement et des rapports entre corps, image, musique et texte, N+N Corsino immergent le spectateur dans des créations associant souvent réalité virtuelle et scénographie 3D. Leur site N+N donne un aperçu de la sensorialité et de la poésie de ces créations. (voir par exemple une de leur plus récente, seule avec le loup). Avant même cette première réalisation pour l’iPhone, dont on voit bien qu’il se place au cœur de la convergence numérique et étend les lieux de la création, de nombreux travaux pour Internet ont déjà été réalisés. Parmi les créations les plus intéressantes, on peut voir celles de Didier et Magali Mulleras,  créateurs de « micrométrages » choré – graphiques interactifs, mini@tures, dès 1998. Leur étude du mouvement, du lien entre corps et image, a été poursuivie dans invisible puis dans 96 détails qui explore le lien entre corps dansé et corps représenté.

La danse contemporaine est certainement l’une des formes artistiques qui intègre le plus et peut-être le mieux les outils numériques qui permettent l’interaction entre le danseur, la musique et le spectateur. Depuis l’apparition sur scène de danseurs (-seuses) munis de capteurs puis de danseurs virtuels à partir des années 90, la réduction progressive des contraintes technologiques, le développement d’Internet et maintenant des terminaux mobiles ouvrent de nouveaux territoires à la création et multiplient l’espace des possibles. On pourra objecter que la création sur écran ne remplace pas la scène, qu’il s’agit d’une danse désincarnée, ce à quoi on répondra qu’il ne s’agit pas de remplacer mais d’étendre l’espace physique et mental dans lequel on (corps et esprit) se déplace. N+N Corsino et la compagnie Mulleras n’ont d’ailleurs pas abandonné l’espace physique et continuent à créer sur scène en relation avec leurs créations numériques. En dépouillant le geste de la chair, on n’en rend le mouvement que plus visible. notre attention se fixe sur lui plutôt que sur le corps comme c’est souvent le cas lors d’un spectacle vivant. Les questions de la représentation du mouvement, du rapport du corps à son image peuvent recevoir de nouvelles réponses. Il s’agit là pour la danse d’occuper ces nouveaux espaces et de conquérir de nouveaux imaginaires…

Une installation vidéo et numérique en Avignon

Jul 28 2009

install-Avignon.JPG Un petit tour à Avignon 2009 où, si le numérique est généralement encore peu présent en temps que support ou sujet artistique, on constate (certes plus ou moins selon les années) la grande porosité entre les formes d’expressions, théâtre bien sûr, mais aussi danse et arts plastiques. Dans ce domaine, en combinant photo, vidéo et numérique, l’installation de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, visible jusqu’à la fin du mois, réussit à émouvoir. Dans l’église des célestins, entre ruine et inachevée, « Tels des oasis dans le désert » traite de la mémoire et de l’identité du Liban et de Beyrouth en particulier.
Dès l’entrée, le spectateur peut détacher (et emporter) une des 3000 pièces d’une photo-puzzle de Beyrouth de 12 mètres carrés cependant qu’une webcam capture ses mouvements et constitue une archive du démantèlement de ce puzzle, archive projetée sur un écran. Puis dans les alcôves suivantes, des photos et des vidéos font rimer déchirement d’affiches et effacement des promesses, effacement de lieux et résurgence des souvenirs ou de visages des martyrs. L’émotion est amplifiée à mon sens par deux facteurs principaux : Effacement et résurgence entrent en résonance avec l’état de cette église et se renforcent mutuellement… et le spectateur est impliqué par une interactivité active et intentionnelle. C’est là un apport du numérique et cette implication du spectateur ne lui permet plus de se distraire…Une installation vidéo et numérique techniquement simple, mais qui vise juste.
A côté de ça, je ne vous dirai rien de « La guerre des fils de lumière contre les fils de ténèbres ». Ni le texte pourtant fort, ni la voix de Jeanne Moreau ne m’ont sauvée de l’ennui secrété par la plate mise en scène d’Amos Gitai. ; mention particulière pour Jan Fabre parfois provocateur, entre autres de par le rôle qu’il fait tenir au corps, mais dont l’outrance « montypythonesque » permet de supporter d’abord, d’apprécier ensuite une « orgie de la tolérance » qui dit beaucoup (trop, disent certains) sur l’état de notre société. Mais il est vrai que je suis fan…

Blog d'entreprise et groupeReflect

Feb 19 2009

Merci à Hervé de son invitation à témoigner sur le fait que groupeReflect ait été la première agence en France a ouvrir son blog corporate.

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Virilio et Depardon à la fondation Cartier : Deux régimes de représentation à propos de l'enracinement et du déracinement.

Jan 26 2009

Présentée jusqu’à mi-mars à la fondation Cartier, l’expo met face à face ou côte à côte, selon la façon dont on le comprendra, deux discours en apparence contradictoires, racines contre migrations, identité contre trajectoire, mais au fond complémentaires comme les deux faces d’une même pièce. Les formes utilisées par les deux auteurs, le documentaire filmé pour Depardon, l’installation multimédia pour Virilio, entrent en résonance avec leurs thèses.
Depardon alerte sur le déracinement et la disparition de peuples et de cultures. L’alignement de l’œil, de l’appareil et du sujet que l’on retrouve dans l’image photographique ou cinématographique en général, nourrit le sensible et l’émotion. Sur 80 m2, d’immenses visages s’adressent à nous dans leurs langues finissantes, et c’est très réussi. Mieux d’ailleurs que dans la seconde salle où, par contraste, sont projetées des images d’un monde anonyme et uniformisé. La thèse aurait à mon sens, été mieux appuyée en projetant ces images face au premier film, sur un mur opposé…
Virilio, lui, annonce le siècle des migrations, de la substitution de la trajectoire à l’identité, les outils sont très différents. Une salle avec quelques dizaines d’écrans exploite les possibilités du numérique et de la vidéo : Doubles, multiples, décalages, mise en abîme du temps et des images, renvoient à l’utopie et l’uchronie du monde moderne et soutiennent les thèses sur la vitesse, l’effacement des frontières et la pollution dromosphérique chères à Virilio. Une deuxième salle permet à l’image numérique de synthèse d’exercer toute sa puissance. Des statistiques et des graphiques, que l’on consulterait d’un œil distrait dans un livre statique, sont ici designés, dynamisés, sonorisés et projetés sur un grand écran à 360°, et balayés par une énorme et très belle planète en 3D. L’effet d’immersion qui en résulte affecte la sensorialité et instaure une interactivité, certes passive, mais néanmoins très forte avec le spectateur. On reste fasciné face aux graphiques et aux tableaux dynamiques de chiffres, face aux flux de pixels qui traduisent les flux migratoires ou les flux de dollars, face aussi aux représentations de la désertification ou de la submersion de grandes villes par la montée des eaux.


fondationCartier.png
Diller scofidio + Renfro


Si Depardon montre ce que plus personne ne voit, avec Virilio on voit ce que personne ne montre avec autant de force. Et l’expérience que le numérique permet de proposer n’y est pas pour rien…Un art à l’état gazeux, selon le mot d’Yves Michaud, s’est infiltré dans ce message à la croisée de l’économie, de la sociologie et de la politique. A voir…

groupeReflect et Panasonic lancent iLoveLumix

Oct 20 2008

Cela fait plusieurs mois que nous travaillons sur ce projet avec Panasonic et aujourd’hui la première brique est en ligne !
Panasonic à fait appel à groupeReflect pour la mise en place du site iLoveLumix, la plate-forme de tous les possesseurs de Lumix ! Très bientôt, iLoveLumix sera une site communautaire d’échanges de photos (un flickr-like), dédié à tout ceux qui souhaitent partager en toute simplicité, leurs photos avec leurs proches !
En attendant ce grand jour, la V.1 de iLoveLumix vient de sortir. Au programme :

  • Lumix Addicted : toute l’actualité de la gamme Lumix
  • Blog iLoveLumix : un blog de professionnels et de passionnés autour de la photo, des Lumix et particulièrement du nouvel appareil photo : le G1 !
  • Et surtout, iLoveLumix proposera, en exclusivité, un photo reportage de Pedro Winter sur la tournée mondiale de Justice “A Cross The Universe” qui a démarré samedi 18 octobre à Tokyo. Armé du nouveau Panasonic Lumix G1, Pedro Winter va shooter la tournée dans ses moindres détails, et le contenu sera publié uniquement sur iLoveLumix !

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Pour les afficionados de Justice, un jeux-concours sur iLoveLumix vous permet de gagner les toutes dernières places pour la seule date française de la tournée : vendredi 25 octobre à partir de 23h au Queen Club à Paris. Bien évidemment le concert est sold-out depuis bien longtemps, donc si vous voulez y assister, c’est votre dernière chance !

Jan Fabre à Avignon, le corps d'abord.

Jul 21 2008

Un petit billet qui nous éloigne du numérique (les quelques uns qui sont en vacances me comprendront), au moins en apparence. Parallèlement au développement des mondes virtuels accusés de nous placer en apesanteur par rapport au réel, voire de reléguer le corps jusqu’à lui dire adieu (voir David Le Breton ), se développent (en réaction ?) des processus d’intensification de ce corps dans le cadre des sports extrêmes mais aussi de l’expression artistique. Jan Fabre (le scandaleux d’Avignon en 2005), conscient des mutations technologiques actuelles qui diluent les repères spatio-temporels, revendique le rattachement au corps et à ses sécrétions. (je suis sang , histoire des larmes…). Cette année, plus intime, Another Sleepy Dusty Delta Day (1 et 2 ) que je viens de voir, rappelle l’amour, la mort, le suicide, et fait la quasi-unanimité. Pour ma part, ce n’est pas sa création que j’ai préférée, mais cela nous rappelle que, pour le meilleur et pour le pire, nous avons bien un corps. Nous voilà rassurés…

La WII-attitude : sur la voie d'un corps comme construction interactive ?

May 15 2008

En expérimentant ce week-end le dernier produit WII destiné à se maintenir en forme, j’ai retrouvé et ressenti avec acuité ce que j’avais déjà expérimenté comme spect’actrice ou créatrice d’installations interactives. J’ai pu interagir avec la machine par tout mon corps ou du moins en ai-je eu l’impression.
La manette à la main ou bien dans la poche, mon corps ainsi augmenté et devenu interface m’a permis de mener un dialogue interdépendant avec la machine, d’autant plus complice que c’est mon avatar qu’elle semblait prendre en compte. Rien là de bien extraordinaire direz-vous si vous êtes coutumiers de l’interaction avec des dispositifs numériques ! certainement, mais à la réflexion, cette expérience devenue courante montre à quel point la théorie d’un corps devenu construction dynamique interactive prend du poids.
Cette approche renouvelle la place du corps dont on sait qu’elle est intimement liée à la civilisation qui la porte. Si l’on suit la logique jusqu’au bout et si on l’accepte, alors on ne voit pas pourquoi (hormis des considérations éthiques) l’interfaçage de ce corps interactif permettant le dialogue entre l’esprit et la machine ne conduirait pas à terme à l’implantation à demeure de capteurs-émetteurs, ce qui est d’ailleurs une voie déjà effleurée. Ainsi, ce corps, intégré dans la construction du sens, pourrait-il dialoguer avec des mondes virtuels, mais aussi peut-être s’intégrer à l’internet des objets, ou si l’on préfère au réseau d’objets dont on nous promet l’avènement pour bientôt . Après les installations et déjà nombreuses expérimentations des précurseurs, ingénieurs et artistes, la WII est un des premiers systèmes introduisant à la maison la possibilité d’expérimenter ce corps interactif…

NIN a réussi son pari

Mar 16 2008

On se plaint et je me plaint des approches conservatrices en matière de modèle économique de la musique, mais le fait est que la tendance mondiale actuelle est la lutte contre l’échange de fichiers illégaux. Ailleurs, la “riposte graduée” qu’on nous promet apparaîtrait pour vraiment modérée.
À titre personnel, je suis profondément convaincu que la musique gagnera à se détacher d’un aspect plus ou moins patrimonial, pour être définitivement un terreau d’usages. Il suffit de voir ce qui se passe avec les iLike et autres outils de socialisation autour de la musique pour en juger. La musique, on la partage, on la fait en ensemble, elle vit.
Ce changement est une composante essentielle de celui qui concerne plus globalement l’économie culturelle et il est à ce titre très important que ceux qui l’impulsent soient aujourd’hui les artistes eux-mêmes, des gens qui pensent en terme d’expérience.
La bonne nouvelle du jour, celle qui vaut finalement ce billet, c’est qu’après RadioHead c’est Nine Inch Nails, un groupe qui m’est cher, qui démontre que l’on peut faire autrement. Trent Reznor innove depuis longtemps, notamment en proposant ses morceaux sous GarageBand, ou en jouant à fond la carte du participatif. Voilà un groupe qui fait de la création AVEC son public. Le fait est que ses fans le lui rendent bien puisque le résultat est là.

Une illustration des possibilités du numérique appliquées à la vidéo ou comment faire beaucoup avec peu.

Feb 22 2008

Ils partirent trois et par le prompt renfort de la technique se virent des milliers en arrivant au port…Si vous n’avez pas encore vu le document proposé par Richard Hammond, regardez-le, vous comprendrez. Pour les non spécialistes, signalons que la toile verte tendue en fond de certains plans permettra un découpage des motifs ou des personnages au pixel près et leur insertion dans un autre fond sans que la manipulation ne soit perceptible. Le processus a beau être connu et très utilisé dans le cinéma et certaines installations multimédia, il n’empêche qu’une reconstitution d’Omaha beach pour la BBC avec en tout et pour tout trois acteurs-graphistes, c’est quand même fort !

Un keynote qui répond surtout aux critiques ?

Jan 16 2008

Comme sur le net par ailleurs, les réactions sont mitigées ce matin suite au keynote d’Apple hier. Ok, le MacBook Air fait envie, mais cyrille cherche la prise RJ45. Nicolas se demande si l’Apple TV sert à quelque chose ici à l’heure où sa box lui offre déjà de la VOD et d’aucuns restent sur leur fin et pensent que les vrais annonces iPhone sont à venir.
Quand à moi, je relève que voilà une boîte qui prend 14% d’un marché en six mois (celui des smartphones aux US) et qui annonce des résultats flatteurs. Bluffant quand même.
Je pense qu’elle en a sous le pied et je prend la majeure partie de ces annonces comme une réponse de Jobs aux remarques formulées par ses clients sur ses derniers produits. C’est notamment le cas des principales nouveautés sur l’iPhone ou l’iPod Touch. Steve Jobs écoute et tient compte, certes à sa façon, mais il le fait. Outre ses clients, les signaux écolos qui meublent l’annonce du MacBook Air en sont une autre illustration. Pour le reste, Apple reprend la main sur des axes où certains avaient pris position (MacBook Air, Apple TV).
D’une certaine façon, Apple n’a fait qu’annoncer les ajustements que ses clients ou le marché lui demandaient. C’est assez nouveau et c’est sans doute pour cela que l’on est mitigé. On avait déjà beaucoup de tout cela en tête et rien ne nous a vraiment surpris. Ça n’empêche pas d’avoir envie de ce MacBook Air, surtout quand on envisageait un MacBook Pro.
Et vous, qu’en pensez-vous ?

Plus que 90 jours…

Dec 19 2007

Je ne t’oublie pas…

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Demain, moment de vérité de la France numérique

Nov 22 2007

L’industrie du disque est en train de mourir, elle a d’ailleurs délivré son testament il y a quelques jours. Faute de n’avoir su évoluer face à la montée en charge des usages numériques de masse, croyant qu’elle allait pouvoir mettre au pas ses clients, elle s’est fourvoyée et il est bien tard.
Demain vendredi est un jour particulier. Nicolas Sarkozy himself va nous présenter le fameux rapport Olivennes du nom du PDG de la FNAC chargé de trouver la quadrature du cercle. On sait déjà que de consensus, il n’y a point et qu’une usine à gaz législative s’annonce. Une sorte de DADVSI 2.0 à priori encore plus délirante.
J’ai déjà expliqué l’autre jour que le gouvernement l’avait trouvé, lui, le nouveau modèle économique que l’industrie culturelle n’avait pas su imaginer. Il prendra certainement la forme de la fameuse “riposte graduée”, un truc qui ressemble furieusement aux radars automatiques. Certains ont cru que j’ironisais, mais pas tant que ça en fait, surtout quand je tombe dans Télérama (nouveau site très bien soit dis en passant) sur ça : les frères ennemis de la radio FM unis pour faire face au passage de leur “contribution équitable” (au profit des ayants droits musicaux) de 25% (qu’ils avaient aprement négociés) à … 38% (on comprend qu’ils fassent la gueule). FM et internautes, même punition, même combat !
Non, mais sincèrement, demain, j’ai bien peur qu’on assiste à quelque chose de grave. La DADVSI 1était une punition infligée à la société de l’information en France, qu’elle avait fait passer l’intérêt d’une industrie dépassée au détriment de l’économie numérique. Depuis, d’aucun aura noté l’inexistence d’une vision de la société numérique et l’absence d’incarnation politique du sujet. Ce que je vais écouter demain, ce n’est pas l’avenir de l’industrie du disque ni même la riposte graduée, c’est la place de la France dans l’économie de la connaissance, celle du siècle où nous sommes depuis presque 8 ans.

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