September 6, 2004

Felletin : une histoire du haut-débit ?

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amo@emakina.fr

Felletin fait toujours parler d’elle. Sur sa desserte Salettelite/Wifi, elle est l’un des 17 projets retenus de l’appel à projet technologies alternatives d’accès à l’Internet “haut-débit. On parle de Felletin sur France Info, dans Libération, sur le Journal du Net…
Il est assez amusant, et flatteur, de voir une petite commune creusoise de 2000 habitants, située dans l’un des quatre départements les plus mal couvert par l’Internet haut-débit en France [], servir d’exemple.
Il est plus étonnant de constater le nombre d’expérimentations encore à l’état d’étude alors que Felletin démontre, à notre sens, qu’il est plus que temps de sortir des expérimentations, notamment dans la distribution à l’abonné.
A Felletin, il a fallu éclairer l’étendue des usages au bout de deux années d’expérimentations de Boucle Locale Radio pour mesurer la dépendance des acteurs clés du territoire (économie, enseignement, services publics…) et le risque politique d’afficher une régression au terme d’un expérimentation si celle-ci avait des lendemains difficiles. Alors que la dynamique en était encore à la phase initiale de son cycle d’innovation, celui des usagers en était déjà à son terme !
Toutes les expérimentations actuelles sont bien sympathiques, mais il leur manque souvent, soit d’être circonscrites à un cercles d’usagers bien précis, surtout de se préoccuper de mesurer l’appropriation quand il ne s’agit pas d’accompagner sérieusement les usages.

netjl

Pour une fois 😉 je vais émettre mon avis sur le sujet : après l’expérimentation la désertification ?

Quel est le bilan aujourd’hui des expériementations sur felletin :

- une certaine renommée qui s’essouffle

- quelques utilisateurs (très peu nombreux ) du wifi

Je suis un peu inquiet de tout cela, et j’ai bien peur qu’au lieu de créer une dynamique, cela accentue l’effet “vide” après l’effet “c’est génial ce que l’on peut faire dans le milieu rural”.

Felletin a eu sa chance (ils étaient les premier, c’est le seul argument qu’ils pourrons garder à vie), désormais tout le monde fait ça et y va de sa petite expérience à la campagne : “si ça marche ici ça marche partout”…

Je ne sens pas la dynamique d’il y a quelques années sur le terrain, beaucoup de lieux dits “précureurs” tombent en désuétude et tout cela est très inquiétant… et fait penser que maintenant que les argumentaires des commerciaux sont rédigés et que l’on s’est bien servit des milieux ruraux, on va pouvoir aller là où ça rapporte : dans les zones urbaines…

Je suis curieux de voir dans quelques années ce que nous ressortirons de tout cela, mais en tout ca je ne suis pas optimiste du tout.

Alexis Mons

Je comprend cette forme de dépit voire de pessimisme (il faut le dire) et il faut reconnaître qu’elle a un certain écho, mais je n’y adhère pas.

Il ne faut pas oublier que la société de l’information (ne parlons pas des TIC) est un processus global d’innovation. Ces processus ont un début, un milieu et une fin. Pour la société de l’information, c’est pareil :

  1. début : initiatives pionnières et expérimentations
  2. milieu : politiques d’aménagement et d’incitation
  3. fin : massification et banalisation

Si l’on considère que l’action publique se définie par rapport à des objectifs clairs (on ne rigole pas), il est évident que l’atteinte de ces objectifs puisse être le signe de la banalisation.
Le politique est alors face à un choix :

- maintenir une priorité sur le sujet, donc renouveller les objectifs et relancer l’action

- porter ses priorités sur d’autre sujets et se contenter d’un niveau de service minimum pour ne pas régresser malgrès tout.
Pour parler clair, le premier choix est rare, car il faut un nouveau programme lisible, compris, qui fasse adhésion, mais surtout que le politique soit sûr de savoir porter et défendre.

Vous l’aurez compris, avoir une politique numérique durable n’a rien à voir avec le fait d’avoir ponctuellement [54] des actions fortes.

Felletin n’est pas une exception : la phase de dynamique forte a sans doute atteind un terme, là comme ailleurs, mais il y a toujours du haut-débit et un espace public numérique, avec il est vrai moins d’ambitions. Chacun peut, il est vrai regretter des périodes plus dynamiques.