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February 23, 2005

Il est plus que temps d'enseigner l'entreprise

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amo@emakina.fr

Cela fait plusieurs fois que j’entends Sophie Talneau ou que je lis des articles à son sujet. Sophie Talneau, c’est cette diplômée de Sup de Co qui, après trois ans de galère à chercher un emploi, a écrit et publié son chemin de croix chez Hachette Littérature : On vous rappelera.
9782012358515v.jpgAu delà d’un regard cru sur les méthodes de recrutement, ce qui est intéressant avec cette histoire, c’est qu’elle met en lumière tout ce qui participe du chômage des jeunes diplômés et plus particulièrement leur complète impréparation à la recherche d’emploi et à l’entreprise.
Il se trouve que c’est un sujet régulier de discussion entre les dirigeants de groupe Reflect, car nous ne pouvons en effet que constater et regretter cet état de fait. Le billet de Carlos sur les stagiaires en est un dérivé.


Il se trouve qu’il y a quelques temps, une mission gouvernementale avait été mise en place pour partir à la recherche de l’entreprise dans les programmes scolaires. Les résultats sont limpides : elle n’y existe pas. Y compris dans les cours d’économie de terminale, on ne parle que de macro-économie et très peu de micro-économie.
Ne cherchez pas plus loin une raison forte de l’incompréhension des français avec l’entreprenariat, mais aussi et surtout l’impréparation des jeunes diplômés à chercher efficacement un emploi. Ne cherchez pas non plus l’inculture généralisée aux règles de fonctionnement du monde du travail, à la source d’incompréhensions et dans certains cas d’exploitation.
Il me semble tout de même que c’est le bon sens que de tenir compte de la réalité qui fait que la majorité des emplois dans notre beau pays sont au sein d’entreprises. Si l’on souhaite que nos jeunes diplômés soient dans les meilleurs conditions pour trouver un emploi et s’y épanouir, il serait peut-être temps de les former en conséquence. Ce n’est pas la semaine passé en collège à la découverte des entreprises qui va y changer quelque chose et quand il s’agit de rechercher un stage en fin d’études, c’est déjà trop tard.
Plutôt que de découvrir et compatir avec les galères de Sophie Talneau, il serait plus que temps de considérer que le problème de l’emploi en France passe par le fait que les jeunes diplômés sachent vraiment comment fonctionne une entreprise et le recrutement. Il faut donc enseigner cela à l’école, certainement en Lycée, mais aussi en enseignement supérieur.
Je ne doute pas des crispations que cette proposition puisse susciter, mais je tiens ici à dire que pour ce qui me concerne, et je sais cela partagé au sein de groupe Reflect et par de nombreux entrepreneurs, nous sommes prêts à venir bénévolement animer des conférences et échanger avec les jeunes dans les établissements afin de les sensibiliser.

Carlos DIAZ

C’est tellement, suite effectivement à l’épisode stagiaire que j’ai vécu j’ai effectivement proposé de venir rencontré les étudiants pour parler de l’entreprise et de la recherche d’un stage ou d’un emploi. On m’a remercié mais rien de précis n’a abouti…
Sinon, je lis encore dans certaine lettre de motivation la phrase assassine : mon école m’oblige à réaliser un stage…
Alors certes il faut apprendre à se connaître mais quand le stage est vécu comme une obligation, on peut se poser la question de savoir si cette envie est partagée ?

Romain

Bonjour,
J’en profite pour rebondir car je sors tout juste des études et suis à la recherche de mon “premier emploi”. Dans le type d’école que j’ai fait les cours nous apprennent le fontionnement général d’une entreprise en fonction de ce qu’elle fait etc… On se spécialise un petit peu pour apprendre des techniques spécifiques à un métier, intégrer un peu de vocabulaire “terrain”. On a finallement, en tant qu’étudiant, une approche fontionnelle du monde du travail. Pour le reste, justement, on compte fortement sur les stages pour nous l’inculquer.
Ca fait partie de la formation et ça participe de l’expérience acquise par l’étudiant qui se transforme en salarié. C’est cette idée là qui a du mal à passer, autant chez le gars qui dit que son école l’oblige à réaliser un stage que chez les entreprises qui considèrent qu’un jeune diplômé n’a pas encore d’expérience.
Bonne journée.

David

Bonjour,
Stagiaire, je ne peux pas dire que les problèmes rencontrés par les étudiants ne soient dus qu’aux écoles. Un minimum de jugeotte et de savoir-vivre participe largement à une bonne relation entre l’étudiant et l’entreprise. D’autant plus que la majorité des écoles dispense des cours de communications orale et écrite afin de préparer leurs étudiants à l’entrée dans le monde professionnel. Il est toutefois regrettable que ces cours ne recueillent que peu d’assiduité…
Encore une fois, les écoles supérieures ne peuvent faire ce pourquoi elles ne sont pas faites : inculquer des valeurs civiques (cf. mon commentaire – sur le post de Carlos Le problème est bien en amont de l’école…

Olivier

Il est vrai que les étudiants ne voient pas l’intéret d’un stage ou même son utilité mise à part la prise en compte de celui ci pour son diplome. C’est le cas d’une bonne majorité de ma promo.

joel ronez

Mon avis:
> Tirer comme conclusion du livre de Sophie Talneau que le non-emploi est un problème de formation initiale est un contresens flagrant. Je rappelle qu’elle sort d’une école de commerce (lire le livre).
> Penser que c’est le rôle de l’école d’apprendre tout sur tout est un raisonnement simpliste. La vie s’apprend aussi sur un terrain de foot, une association, dans la famille, et ailleurs.
> Sous-estimer la capacité de l’entreprise à transmettre aux impétrants ses propres valeurs est encore une erreur (que font d’ailleurs souvent les entrepreneurs).
Mes remarques perfides du jour:
> Votre histoire de stagiaire est d’un angélisme touchant. Votre défense agressive face aux propos d’Olivier est un peu agaçante (seriez-vous un peu susceptibles ?).
Mon conseil du jour:
> Réservez vos cours de “sensibilisation à l’entreprise” à vos propres recrues. Laissez les autres tranquilles, vous verrez, ils se débrouilleront trés bien tous seuls…
Merci de prendre tout ceci avec humour, et détachement. Je veux bien débattre mais je ne tiens pas à me voir administrer une leçon d’entrepreneur comme à votre précédent contradicteur. :)))

Alexis Mons

Merci pour votre contradiction, c’est comme cela que les choses avancent.
Je ne souhaitait pas tirer une conclusion du livre de Sophie Talneau, j’en retirait simplement un point en liaison avec la problématique posée par mon post. Celle-ci était d’ailleurs évoquée dans le même sens que moi dans différentes émissions ou l’auteur était invité.
Effectivement, l’école n’a pas tout à apprendre et nous concevons et pratiquons chaque jour dans l’idée que nous nous faisons de l’entreprise de jouer aussi notre rôle éducatif. Pour autant, nous sommes stupéfait de l’ignorance parfaite dont font preuve certain des jeunes diplômés qui viennent jusqu’à nous ou que nous croisons (certains d’entre nous interviennent en université). Je maintient donc, et je ne suis pas le seul, qu’un minimum est tout de même souhaitable. Il n’est pas normal qu’un bachelier n’aie jamais entendu parler de l’entreprise durant sa scolarité (ok, je généralise). Je ne vois pas pourquoi l’école et le monde du travail seraient deux univers aussi étanches, mais je veux bien admettre que les torts sont partagés.
Encore merci pour vos critiques.

Carlos DIAZ

La critique est toujours la bienvenue quand on sait de quoi on parle et quand elle se veut constructive et utile.
Maintenant concernant notre “angélisme”, nos posts sont quelques fois une simple réaction à une situation et pas forcément une analyse pointue. Ces derniers sont alors plus emprunts de charges émotionnels que de véritable esprit de synthèse. C’est aussi çà l’intérêt d’écrire un blog, très différent de l’écriture d’un livre ou d’un exposé… Maintenant je ne vous en veux surtout pas de nous considérer comme “angélique”, c’est tellement rare… :-))
Enfin concernant vos conseils du jour, je vous trouve un peu gonflé… reconnaissez-le… on parle quand même de ce qu’on veut sur NOTRE blog ! Je ne permets pas de fixer la ligne éditoriale de votre blog “Cup of tea” que je lis d’ailleurs régulièrement.
Voilà, j’espère ne pas vous avoir blessé ou avoir paru susceptible ce qui serait complètement idiot. Le blog n’est pas le meilleur outil pour les susceptibles !

Olivier

/mode troll on
J’aime énormement vos deux derniers paragraphes M.Diaz …

joel ronez

Ah ! ça s’anime, je vois ? 🙂
Chouette, on va pouvoir férailler…
> Je ne fixe pas de ligne éditoriale, je commente (dans la rubrique “commentaires” d’ailleurs)
> Je ne suis pas susceptible en matière de commentaires (sauf en rugby quand le Stade Toulousain perd contre le Stade Français, mais ça va arriver de moins en moins souvent)
bonne journée & bonne semaine chers amis blogeurs du Limousin !

Etienne

TT a fait d’accord avec ce qui est avancé plus haut.
L’économie est de toute évidence une matière primordiale qui n’est pas enseigné a sa juste valeur. Et c’est un déficit considérable pour notre pays.
De plus la formation reçue ds nos universités est a cote de la plaque, nous formons qtité d esprits brillants mais pas de jobs derriere.
L ecole a un certain moment devrait etre plus terre a terre. Il y a urgence a reformer notre systeme educatif qui est profondement elitiste et qui en plus envoie sur le bas cote de nombreux jeunes. Les grandes ecoles s en sortent bien : leurs programmes collent parfaitement aux entreprises et les liens noues entre les ecoles et ces societes sont bien la. Il faut réagir : car sans parler de lutte des classes un fosse se creuse, abyssal : d un cote les ecoles, modernes, ambitieuses avec des etudiants pour bcp de parents cadres sup, profs et profs liberales et de l autre la fac + populaire et qui fait du sur place. Attention je ne mets pas tout le monde la dedans : IUP, MSG, DESS, MST, IAE sont d excellentes formations : mais globalement le portrait que je trace est le bon.
Tant que nous ne rapprocherons les entreprises de l’école au sens large, pour de simple raisons ideologiques qui n ont plus lieu d etre, et bien nous irons dans le mur.