September 13, 2005

Ou va Linux ?

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Webmaster

Linux se développe et rentre peu à peu au sein des entreprises. La couche serveur est la plus développée et présente de nombreux avantages que l’on ne présente plus. Cependant, une menace règne sur Linux et, cette menace est… Linux lui-même !


En effet, on observe actuellement une installation des grandes distributions et, pour certaines, l’absorption par de grand éditeurs. C’est par exemple le cas pour la distribution SUSE qui est passée sous le giron de Novell il y a déjà quelques temps. D’autres distributions, fortes de leur notoriété, s’installent sur une ligne de conduite qu’elles tiennent.
Ce mode de fonctionnement créé des distributions qui cohabitent, côte-à-côte, sans véritable rivalité ouverte mais qui suivent chacune leur chemin.
Chaque distribution annonce ses spécificités propres permettant de se démarquer des autres distributions. Un exemple, le Stateless Linux de Redhat dont l’objectif affiché est de faciliter l’administration marque un point de distance avec les autres distributions.
Sur de nombreux points, on n’observe pas de standardisation des solutions ce qui pose un problème principal, celui du coût d’acquisition. En effet, l’acquisition d’une distribution engendre des coûts de formation et de possession qui ne peuvent permettre de passer d’une distribution à l’autre. Des écarts et des différences existent et, chaque distribution défend sa crèmerie. Un exemple, les outils de gestion et d’installation de packages sont différents d’une distribution à l’autre : apt-get, rpm, … Ces exemples sont nombreux et dénotent d’une absence de standardisation. Les outils d’administration sont également généralement spécifiques à une distribution précise.
Pour les entreprises qui investissent dans la mise en œuvre d’une distribution, la formation est donc liée à la distribution. Celle-ci s’installe donc dans l’entreprise et dans le temps.
Les éditeurs de logiciels sont des révélateurs de cet état de fait. Un logiciel n’est pas certifié pour Linux mais généralement pour une distribution précise.
Dans ce cas, quelle est la différence entre un Linux et un système Unix de la grande époque ? Et oui, que va différencier une Redhat ou Debian d’un Unix SCO, AIX et autres Ultrix ?
Si l’on se projette dans le futur, faut-il s’attendre à un assoupissement de ces distributions Linux ? Je le pense. On peut s’attendre à l’émergence de nouvelles distributions prenant le relai et comblant les vides laissés par ces grandes distributions. Les challengers ne sont pas loin…

Jean-Luc Grellier

Je suis globalement d’accord avec toi… et comme toute évolution informatique nous sommes encore dans l’ère du foisonnement, ceci dit, des choix et des stratégies sont déjà en place.
Par exemple, personne n’osera installer une mandrake sur un serveur, celle-ci devant plutôt servir de poste client, tout comme la debian est faite pour le serveur…etc. Nous avons déjà des choix qui sont faits pour nous en fonction de ce que l’on veut…
Ensuite, il me semble qu’à un moment donné nous allons basculé dans une période de convergence : les distributions vont se regrouper pour être plus fortes, ou bien celles qui voudront continuer devront faire un choix : le monde des professionnels informatique n’est pas prêt à utiliser des distributions seulement soutenues par une communauté… il leur faut bien plus que cela… la maintenance, le suivi, les propositions commerciales etc. enfin bref : de la prestation donc des prestataires. Dès lors, on peut retomber dans du format propriétaire. Tu donnes l’exemple de Suse, il est utile de préciser que cette version n’est plus téléchargeable gratuitement, et que la communauté a disparue, à moins qu’un fork existe ?
On voit à travers tout ça les limites du libre (malheureusement). Même si une société n’offre intrinsèquement pas plus de sécurité qu’une communauté, au moins il est facile de signer un contrat avec elle, ou de demander des développements particuliers… C’est d’ailleurs aussi ce qu’a fait Redhat en étant un peu plus malin que Suse (à mon avis)… ils oont fait de Red Hat leur version pro et payante mais ont conservé la formidable énergie d’innovation, de débugage etc. que représente la communauté en créant le pendant libre de redhat : Fedora : très intelligent…
Mais au bout du compte : peut-on espérer que les developpements d’un communauté contiueront longtemps ? Peut on développer incessemment pendant son temps libre tout en sachant que ce que l’on développe sera repris pour être commercialisé ?
Ma conclusion sur ce sujet in vivo passionant : le monde professionnel n’est pas prêt à confier durablement l’avenir de son système d’information à une communauté qu’il ne maîtrise pas… donc pour ce qui est des systèmes d’exploitations serveurs nous allons retourner vers un schéma classique, en sachant que je ne donne pas cher de la peau du système Redhat fedora à moyen terme. Par contre, pour ce qui est des postes clients, la liberté est plus grande et les conséquences moins grave, c’est ainsi que l’on voit fleurir des postes clients sous linux, mais plus encore, de nombreuses applications libres comme Open Office, firefox, thunderbird etc. c’est certainement là que le libre est en train de trouver son modèle “non économique”…

Traces

O

jpgaulier

Pour une fois, je m’en vais faire un commentaire sur ce sujet qui pourtant peut facilement porter à polémique, osons le dire, au troll. Il y a d’abord un problème d’idées préconçues dans cette réflexion, à savoir qu’il n’y a pas de standardisation sur de nombreux points : lesquels ?
L’interface logiciel-machine, à savoir le noyau, est identique à toutes les distributions. On retrouve donc égalité de traitement sur la couche tcp/ip et la compatibilité matérielle. Ensuite, vient le shell, qui à défaut d’être unique, heureusement d’ailleurs puisque une notion de monopole est totalement insatisfaisante, qui reste commun à toutes les distributions. Pareil pour le système de fichiers, pour peu que le FHS soit respecté (voir pathname.com pour ceux qui ne connaissent pas). Un travail d’interfaçage très important est apporté en matière de couche graphique. Alors où sont les différences ?
Oui, les différences il y en a, et elles se trouvent dans le système de gestion des paquets. Deux grandes tendances de ce côté avec dpkg d’un côté et rpm de l’autre, en matière de binaires. Est ce dommage qu’il y ait le choix ? Est-ce dommage que l’on est le choix entre les voitures essence, diesel ou gpl ? Non, car chacune possède des spécificités qui font que certains préférerons ce type plutôt que celui-là et inversement.
Oui, rpm, dpkg et emerge ont leurs avantages et leurs inconvénients. Où est le problème ? S’il se situe au niveau d’un quelconque apprentissage, je n’ai jamais vu ce dernier comme une barrière. En terme de coût ? Un vrai ingénieur système GNU/Linux, si vous l’avez embauché, vous savez pourquoi vous le rémunérez et ce n’est pas un passage de Debian à Redhat ou mdk qui le bloquera où qui vous fera perdre des sommes colossales parce qu’il ne connaissait pas ce système au préalable. D’autant plus que la finalité est la même, à savoir installer un ensemble de fichiers déjà préparés pour un emplacement précis. La difficulté est grande pour l’ingénieur, je dois l’admettre. Passer d’un script qui place des fichiers dans des répertoires à un autre système qui fait la même chose, il va passer du temps sur le concept pour l’assimiler.
Quant aux soi-disant outils d’administration développés par des firmes comme redhat, à quoi servent-ils ? Des interfaces graphiques tournant sous X ? Quel véritable admin sys en voudrait ? Ce sont des jouets utiles, je l’admets, pour des personnes qui ne sont pas de la partie, qui ne tâtent pas du terminal à longueur de journée. C’est typiquement le cas de l’outil centralisé qu’est webmin.
Quelle grande différence avec les “grands Unices” ? Voyons voir :
* utilisation quel que soit le besoin
* disponibilité du code source
* modification permise
* redistribution accordée
Ah oui, j’aurai pu raccourcir en disant Logiciel Libre. L’autre grande différence, c’est justement que la plupart des distributions appartiennent à des communautés et non pas à des entreprises. Si de nouvelles distributions arrivent sur le marché et comblent le manque qu’il peut y avoir à présent, où est le problème ?! C’est fait pour cela. Je conviens que cette vie communautaire fasse peur aux entreprises. Ce que ces dernières n’ont pas compris, c’est que les communautés ne font pas du logiciel libre pour faire plaisir à l’entreprise, mais pour combler un manque justement dû à ces entreprises.
Pour répondre en vrac aux questions et remarques de Jean-Luc, en commentaire au post :
“Par exemple, personne n’osera installer une mandrake sur un serveur”
Tu te trompes, je peux te citer au moins trois entreprises dans trois domaines différents qui utilisent mandrake comme serveur. Ce n’est pas personnellement le choix que j’aurai fait, mais il en existe !
“Tu donnes l’exemple de Suse, il est utile de préciser que cette version n’est plus téléchargeable gratuitement, et que la communauté a disparue, à moins qu’un fork existe ?”
Oui, depuis le début du mois d’août 🙂 http://www.opensuse.org
“Peut on développer incessamment pendant son temps libre tout en sachant que ce que l’on développe sera repris pour être commercialisé ?”
Pour l’instant, ça fait 20 ans que ça dure, et ça dure fort. En effet, combien d’emplois ont été créés grâce aux logiciels libres ? Alors oui, desfois on vend des choses que l’on a fait sans en toucher le moindre copec, mais : – ça n’enlève rien à notre cv, bien au contraire, ça accroît notre crédibilité – on utilise nous même des choses gratuitement.
C’est cela une communauté, c’est un effort commun dans un but général commun, même si les détails peuvent en effet s’opposer sur quelques points.
ps : votre trackback.. bof, bof…

kelm

voila une reponse complete, pertinente et approprié, je me range paisiblement dans cette idée et vous souhaite un joyeux noel