December 2, 2005

A quoi sert la signature électronique ?

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amo@emakina.fr

Le code des marchés public va évoluer. Il s’agit en effet de répondre au déficit de dépôt des offres par les soumissionnaires sur les plateformes dématérialisées. L’obstacle principal pointé du doigt et qui disparaît, c’est l’obligation de signature électronique des soumissions. Il est taxé de complexité inutile et il ne manque pas de monde pour enfoncer le clou soulignant que beaucoup de téléprocédures critiques s’en passent très bien.
Si ce n’est pas un coup d’arrêt, ça y ressemble, mais cela ne fait que sanctionner le fait que la signature électronique n’a pas réussi à percer. Elle n’a pas été adoptée, c’est un fait.
Et d’ailleurs, qui s’en étonnera ? déjà, dans un atelier consacré à la confiance sur le réseau organisé par la FING il y a 3 ans, le noeud du problème apparaissait clairement. À l’époque nous étions en pleine déconfiture de la bulle 1.0 et le constat était sans appel : la signature électronique présenté comme élément de sécurisation était comprise comme le fait que le système n’était pas sécurisé, générant défiance et non-usages. CQFD : pour l’utilisateur, la sécurité ne doit pas être subie.
Et maintenant ? il y a peut-être un petit espoir autour de la clé qui doit équiper INES, la future carte d’identité électronique. Présenter sa carte d’identité est un acte banal et compris, il faut espérer que sa modalité électronique lui évite d’être perçu comme une défaillance potentielle du système.

Jean-Luc GRELLIER

Arffffff !
Quand un projet est mené en dépis du bon sens voilà ce qui arrive ! Ben oui c’est certainement ce que l’on pourra dire d’ici quelques mois (années ?). La démat a été menée en dépis du bon sens en se préoccupant des collectivité mais certainement pas des organismes, entreprises, particuliers etc. qui répondent aux AO.
Comment quelqu’un peut-il surveiller tous les sites de démat des collectivités ? C’est idiot ! A mon sens, ce qu’il fallait, c’est une plateforme unifiée pour tous les marchés publics en France (voir en Europe ou interconnectable avec sa grande soeur Européenne…) au lieu de cela on a fait les yeux doux aux prestataires. Ces derniers ont bien rempli leurs poches avec des solutions de démat qui allait du simple à 10 fois le prix (avec bien souvent un résultat semblable et les mêmes fonctionnalités).
Donc si je résume : mauvaise étude de la cible potentielle – pas d’étude des usages possibles en amont – une loi qui tombe sans concertation = un outil qui a couté à l’échelle de notre pays énormément d’argent public, qui est difficilement gérable par les collectivités, qui leur a couté cher à l’achat et en formation, et qui ne sert pratiquement pas aux entreprises ou autres soumissionnaires ! Mais alors à quoi ça sert ???