May 14, 2006

Quaero et l'innovation industrielle (suite)

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amo@emakina.fr

C’est peu dire que l’annonce du financement de Quaero par l’AII a suscité circonspection voire ironie, ce que j’ai pu constater en étant interviewé par la TechReview du MIT la semaine dernière, à cause de commentaires et billets, notamment celui-ci, que j’ose donc croire pertinents, tout au moins bien indexés. Avec tout cela et la magie du blog, me voilà donc cité dans cet article.

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Bon, je ne prétend pas être une sommité du financement de l’innovation, loin de là. Mais ma pratique assidue des modèles de développement de la sphère Internet depuis plus de 10 ans font de l’innovation et de son financement un sujet d’affection. Cette citation vient conforter un point de vue que je sais partagé, ce que j’avais d’ailleurs pu juger à la dernière UP FING, il y a presque un an.
Pour revenir au sujet, il faut d’abord redire que Quaero n’est pas la réponse à la bonne question posée par un Jean-Noël Jeanneny aiguillonné par GoogleBooks. Passé un temps par un projet de bibliothèque numérique européenne, lui aussi intéressant, tout cela nous a mené au projet de moteur de recherche européen Quareo.
Quoi qu’en disent ses promoteurs, Quaero est plus proche d’un patriotisme économique français que d’un projet européen. Les allemands se font plus que désirer dans cette affaire. Quaero n’a pour lui qu’un peu d’argent, mais à peine le quart que ce qu’un Google met sur la table en r&d chaque année, il n’a pour l’instant aucune innovation fondatrice et pas l’ombre d’un modèle économique alors que c’est justement la clé d’un tel projet dans l’économie de la connaissance si chère à notre Président. On peut alors toujours se féliciter de voir les technologies de l’Informations bénéficier ainsi d’une intention, mais il y a quand même beaucoup de questions sans réponses et la vision parait bien creuse.
Parmi les multiples réactions, j’aime bien celle que porte Loïc, avec ses 10 raisons pour lesquelles cette histoire risque d’aller dans le mur, la plus comique étant celle-ci.
Mais le plus pathétique sort des discussions d’un autre billet de Loïc, sur lequel je suis allé férailler.
J’adore la confusion entre Quaero et Exalead, dont l’histoire ne fait que poser un peu plus la question centrale du comment stimuler et financer l’innovation en France. Comme le souligne article de la TechReview, Exalead a sans doute des fonctionnalités pertinentes, mais il est quasi-inconnu outre-atlantique.
Certains nous disent qu’en France, on ne peut pas faire autrement, que ce n’est pas notre culture de développer des jeunes pousses et de les aider à accéder au marché, qu’il faut en passer par des modes de financement étatiques top-down dignes des 30 glorieuses et qu’il faut faire avec. On nous cite alors Airbus ou Ariane.
Peut-être, mais tout cela s’est engagé il y a un demi-siècle. Depuis, le monde et l’économie ont changé. L’économie numérique, ça ne fonctionne pas comme ça.

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