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November 4, 2006

Quand le mieux est l'ennemi du bien

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amo@emakina.fr

Il y a quelques semaines, j’ai vécu une expérience désagréable avec Affinitiz. J’ai laissé décanter cette expérience un moment et je la trouve parfaitement en lien avec deux sujets du moment, en l’occurence l’absence de portabilité des données, plus prosaïquement de fonction export dans les services en ligne, ainsi que le risque inhérent aux changements de versions de ces services.


D’abord l’histoire. Cela faisait plus de cinq ans que j’entretenais plusieurs communautés actives sous Affinitiz, service de communauté virtuelles bien connu, survivant de la bulle 1.0, avec un modèle payant. Pour ces échanges amicaux et familiaux en environnement privés, s’adressant à des gens très éloignés du profil de geek, c’était quasiment parfait.
Cet été, j’avais bien aperçu une brève sur le portail, mais c’est quasiment sans préavis que le service a fermé début septembre pour cause de refonte. Je passe sur le retard à la réouverture, mais à disponibilité de l’inévitable beta privée, le choc. Dans un environnement full flash assez déroutant, d’une part je constate un changement de modèle et de présentation qui n’a plus rien à voir et surtout un éclatage en règle des anciens contenus puisque le nouveau service n’interprète pas du tout le code html que l’ancien jouait parfaitement bien. Totale : contenus en vrac et communautés déstabilisée.
J’ai évidemment passé mon ire sur le webmestre de service, mais visiblement je faisais partie d’une minorité d’adeptes des balises dans le contenu passé par profits et pertes dans le cadre de la refonte. Et pour ce qui est de récupérer l’existant, à part un travail de romain, je peux toujours courir faute de portage.
J’ai découvert par ailleurs que l’un de mes amis avait construit une communauté projet sur Affinitiz, projet planté parce que le moment clé de la présentation à la Ville de Paris est tombé en plein dans la période de migration où le service était fermé. Allez rechercher des fonds et de la confiance sur la pérennité du service sur cette base !
Tout cette affaire me semble un exemple éclairant du risque inhérent aux services en ligne en général, payants ou pas. En tant qu’utilisateur, vous profitez des services proposés, vous élaborez des pratiques collectives avec vos communautés, vous développez peut-être même des projets et des activités, mais vous êtes soumis au risque de voir le service changer dans un sens qui ne vous satisfait pas mais que vous subissez quand même. Vous pourriez toujours aller voir ailleurs, mais faute de portabilité des données, le coup de sortie s’avère vraiment douloureux.
Pour ce qui est du particulier, les enjeux ne sont pas critiques. Comme je le dis souvent, le moteur d’utilisation de ces services, c’est celui qui revient à publier, partager et manipuler contenus des contre de la sociabilité et de la notoriété. Et le fait est que c’est le constat auquel je suis arrivé avec mes amis : tant pis pour les contenus publiés, l’important c’est le partage et la socialisation commune que l’on entretien. Gestion de contenus et réseaux sociaux, voilà la raison pour laquelle nous sommes dorénavant parti sur un mode décentralisé et avons commencé à reconstruire des choses chez Vox. Et pour ce qui est d’une ou deux aventures collectives que l’on aimerait conserver, et bien tout cela finira peut-être sur un projet de “site mémoire” ainsi qu’avec des DVD que j’avais déjà commencé à finaliser.
Pour l’entreprise et plus globalement le projet, les choses me paraissent bien différentes. Comme le suggérais un commentateur ici, “L’entreprise ne peut vivre sur le mode de l’innovation permanente pour ce qui concerne sa logistique. Elle a besoin au contraire de solutions pérennes pour disposer d’un socle stable et se consacrer à l’innovation de ses produits, de ce qui constitue sa vocation d’entreprise”. J’ajoute qu’elle a aussi besoin de maîtriser la propriété de ses données.
C’est à ce niveau qu’il est assez croustillant de voir les développements actuels des services s’orienter vers des offres professionnelles, notamment chez Google. Certes, les services sont convaincants et la qualité de performance de l’architecture, la fiabilité générale est très bonne, pour des coûts d’exploitation ridiculement bas. Heureusement qu’ils sont bas, parce que ce qui a un coût, c’est celui de la sortie, et surtout celui du changement subit. La solution, c’est évidement moins de permettre le maintient de la version n-1 pour une bascule maîtrisée vers la version n+1 comme cela se passe dans la vraie vie des infrastructures logicielles, mais qu’on ne voit pas si fréquemment que cela pour les services en ligne. Cela revient à raisonner en service au client plutôt qu’en service tout court, bref encore une fois, à être user-centric plutôt que service-centric.

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