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November 15, 2006

Emballement médiatique et vidéos pirates

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amo@emakina.fr

Symétriquement, aux USA et en France, deux vidéos publiées sur des plateformes ouvertes ont défrayé la chronique. Elle concernent toutes deux la politique et suscitent un torrent de commentaires et d’analyses constatant sur ces deux exemples l’irruption de la Doxa dans sa capacité à parasiter les flux médiatiques avec de l’information exprimée par tout un chacun. C’est aller un peu vite en besogne.


Je ne remettrait pas en cause le constat de Francis Pisani quand il dit que là où les médias amortissaient les effets de ce genre d’intrusion par l’emballage que le traitement maîtrisé qu’ils en donnaient créaient. L’expression brute que le réseau permet et les effets de viralité qu’il génère rendent les choses beaucoup plus crues. De fait, un chacun peut capter un propos, une image et la publier. L’information n’est plus contrôlable.
Cela étant, il faut bien constater aussi l’important effet de catalyse exercé par les médias. Alors que ces vidéos restaient somme-toute assez confidentielles, du moment qu’elles ont été mises en lumière dans la presse puis la télévision, l’audience en a été démultipliée. L’impact médiatique sur les intéressés est alors en marche. Nous sommes là exactement dans les mécanismes décrits lors des phénomènes d’emballement célèbres du web, notamment la dog poop girl, dans le lequel la presse américaine avait joué un grand rôle d’extraction. Lors de l’UP FING, où le sujet avait été abordé, personne n’avait su relever de cas d’emballement spontané sans intervention d’un média pour faire catalyse. Cela étant, les commentaires sont là pour contredire ce postulat si vous avez des exemples à donner.
On lira les analyses du cas français chez Versac. Celui-ci s’interroge sur le rôle des médias, mais aussi sur le “à qui profite le crime” au regard du positionnement payant observé comme par hasard sur Google et exploitant la fameuse vidéo.
S’il est patent que plus aucun personnage public ne peut prendre à la légère la capacité de mise en ligne de contenus le concernant par tout un chacun, les médias jouent un rôle très important dans la promotion de ceux-ci et les stratégies organisées de référencement, de positionnement et plus globalement de buzz sont à même de faire beaucoup de dégâts.
Pendant ce temps, on commence à voir apparaître des outils de réputation globale et je vous avoue que la mise en perspective de tout cela me laisse songeur. Alors que la FING travaillera le thème de l’apprenti -sorcier en 2007, je crois qu’il y a dans le domaine de la réputation sur le réseau un champ d’études des plus urgents et passionnants.

versac

Je m’interroge en effet sur l’attitude de certains media à l’égard de documents ou “informations”. Je vais essayer d’être plus clair que dans mes billets. Les cas de dog poop girl et assimilés (de l’affaire D. Hirschmann à la récente A. Vayner aux US, par exemple), une dissémination a toujours eu lieu de manière relativement large avant la reprise par les media, qui ont entrainé une généralisation, une inscription à l’agenda médiatique de ces sujets (pourtant souvent banaux ou qui ne l’auraient pas été sans cette préexistence sur “l’entrenet”).
Dans le cas de la toute récente vidéo de SR, Le Monde n’a même pas besoin de la diffusion large et “virale” de la vidéo pour la répercuter comme une information. Le simple fait de poster une vidéo sur dailymotion agit comme un acte de légitimation auprès des media, transformant ce qui aurait été rejeté par la rédaction si envoyé directement par son possesseur en un document valable.
C’est le signe d’une immaturité des media dans leur attitude à l’égard de ce qui se passe sur ce réseau. Et c’est un peu inquiétant à court terme, même s’il s’agit sans doute d’une période de transition…
J’aimerais bien revenir en arrière pour voir si cette vidéo aurait eu son succès sans l’article du Monde. Et pouvoir comparer.