December 18, 2006

Les blogs à l'ère de la maturité

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amo@emakina.fr

Alors que Rue des Entrepreneurs était consacrée au web 2.0, les médias ont largement repris la prédiction du Gartner annonçant un déclin des blogs en 2007, avec un plafonnement à 100 millions de blogueurs. Le Gartner est cohérent avec lui-même et notamment son fameux hype cycle, où les blogs atteignent la fameuse “vallée des désillusions”. Son idée, c’est un peu comme si la blogosphère s’apprêtait à achever son recrutement. Tout le monde ou presque de ceux qui devaient blogueur l’ont fait.
En fait ce plafonnement irrémédiable me semble déjà en marche, j’en veut pour preuve le plafonnement du volume des billets publiés, tel que le montre Technorati. Depuis juin 2006, le chiffre plafonne à 1,5 millions de billets/jours en moyenne.
En fait, derrière des constats assez évidents, tout cela illustre la nécessité de savoir de quoi on parle. Quel rythme de publication caractérise le fait de considérer un blogueur actif ? un blog vivant ou mort ? C’est la question posée à Technorati depuis un bon moment maintenant, qui place le curseur à un billet par trimestre. Cela a-t’il d’ailleurs un sens ? Il faudrait peut-être regarder le nombre de billets d’un côté, le nombre d’auteur correspondant et leur renouvellement. Tout ça n’est pas très clair.
Après trois ans de forte croissance, le plafonnement de la blogosphère est logique et en rythme conforme à d’autres cycles observés dans la Société de l’Information. Le phénomène est entré depuis maintenant plus d’un an dans une phase de maturité, elle termine de s’imposer dans l’univers médiatique, mais son état est tout sauf de l’immobilisme. La blogosphère bouge, elle évolue au grès des événements et de la société. Il suffit, ainsi, d’observer l’évolution de la blogopshère poilitique en France.
Une nouvelle ère du blogging s’ouvre, j’aimerai trouver au pied du sapin de bons instruments pour caractériser cet univers et sortir des lieux communs.

Hubert Guillaud

Il est tout à fait possible qu’un jour la courbe atteigne effectivement un sommet (c’est également ce que j’aurais tendance à penser, mais peut-être pas si tôt, n’oublions pas que certains attendaient ce reflux pour 2006). Pour autant je ne suis pas sûr que Technorati soit un bon exemple pour étayer ce phénomène, d’autant plus qu’il a toujours souffert de ratés d’indexations assez étonnant… Le meilleur indicateur selon moi, pourrait ou devrait être la progression du nombre de skyblogs, parce qu’il montre bien la viralité du phénomène auprès des plus jeunes… C’est là qu’il faut guetter le tassement qui pour l’instant n’a pas l’air d’être à l’ordre du jour, au contraire : 2 millions en mars 2005, 4 millions en mars 2006, 6 millions en novembre 2006.
Les études plus ou moins sérieuses lues jusqu’à présent montrent une progression plutôt soutenue et dont il me semble difficile de percevoir les premiers signes de faiblesse – mais je ne suis pas un spécialiste des chiffres… Sauf que la bataille des chiffres ne va pas s’arrêter demain, au contraire, dommage qu’ils demeurent souvent des estimations trop souvent hasardeuses, qui font que selon les sources, on passe du simple au double d’un article à l’autre…
La grande question subsiste. Le blogging va-t-il se répandre jusqu’à disparaître ? Ou va-t-il rester une activité particulière et spécifique (avec de très nombreuses utilisations ponctuelles et limitées de l’outil, pour un projet, une année scolaire, la préparation d’un événement…). Il faudrait arriver à mieux mesurer tout cela effectivement, et là, autant dire que notre frustration reste totale et Technorati, malgré la qualité de ses analyses, bien limité.