February 6, 2007

Voir le blogueur comme une richesse et non comme un risque

Posted by

amo@emakina.fr

On s’inquiétait l’année dernière de savoir si les traces blogosphériques des skyblogueurs pouvaient leur nuire lors de leur entrée dans le monde professionnel. Intéressant sujet, quoiqu’un peu réduit à l’attente de constatations. C’est inutile puisqu’en suivant des liens sur InternetActu, je me suis retrouvé face à ce billet. Comme quoi, c’est déjà demain !


Dans cette histoire de recrutement universitaire, les candidats du dernier round ont eu droit à une recherche Google sur leur nom, même si c’était inutile pour une partie d’entre eux, leur blog figurant en bonne place dans leur candidature.
Le moins que l’on puisse dire est que l’exploration des carnets de ces candidats a quelque peu perturbé l’idée que s’en faisait certains membres du jury.
Qu’il s’y trouve tout et n’importe quoi est une évidence. Que les intentions liées à ces productions, quelles qu’elles fussent, soient en décalage complet de contexte et de sens pour des membres d’un jury cherchant à se faire une opinion sur un individu auxquels ils envisagent de faire confiance dans leur organisation est une évidence. Cela ne leur était pas destiné, mais ils l’ont trouvé facilement puisque c’était public, quand les candidats eux-mêmes n’en faisaient pas mystère (ce qui donne à réfléchir).
Même si l’auteur relative l’impact des blogs sur les candidats qui en avaient en sous-entendant qu’ils étaient à l’avenant d’autres facteurs négatifs, on n’en sera pas moins troublé, surtout si ce qui se trouve dans le blog offre sur un plateau l’occasions de questions “suffocantes” pour le candidat (sic). le blogueur candidat est à nu face à un jury qui a eu loisir de se faire une idée de e qu’il est à l’aune de ses contenus, il vaut mieux qu’il intègre cette réalité. On voit vers la fin que beaucoup ne sont pas dupes.
On comprend alors bien la tentation de préconiser l’anonymat aux jeunes blogueurs, mais est-ce compatible avec la construction du moi et l’envie de reconnaissance personnelle ?
Ce qui est plus troublant, c’est combien le fait de se permettre de s’exprimer hors de tout contrôle éditorial a visiblement déplu à des gens, universitaires en l’occurrence, pour lesquels la publication est au coeur même de leur vie professionnelle. Personnellement, ça me parle. La confrontation entre ces deux visions du contenu de la publication est un no-man’s land faussement discret.
Ce qui ressort de cette expérience, c’est que la démonstration de la capacité à s’exprimer et publier est perçu comme un risque au dévoilement des secrets de l’institution plus que comme une richesse. Ce n’est malheureusement pas surprenant, c’est une bonne illustration du malaise dans lequel se trouvent les organisations face aux usages sociaux-numériques et, au travers de cet exemple, le monde éducatif.
Pourtant, comme il est justement dis en conclusion du billet, derrière la mousse de ses écrits, le blogueur montre par cette pratique, surtout si elle est régulière, des qualités qui devraient en intéresser plus d’un. Reste évidemment aux recruteurs et aux jurys de recrutement à dépasser les apparences et à comprendre ce que tout cela veut dire. Voilà donc un nouvel espace en chantier pour l’intégration de la Société de l’Information dans les organisations.

Jean-Noel

On voit bien de toute façon que le réseau même est souvent vécu comme un risque devant lequel il faut se prémunir.
Voir pour illustrer la série des chartes préconisées par l’enseignement :
http://www.educnet.education.fr/aiedu/guide-charte.htm
(Tout ça pour démarrer Internet explorer !? 😉
Personnellement en tant que formateur et parent d’élève, j’en suis à ma troisiéme signée cette année : je dois contrôler non seulement mes propres usages (Oui, il y a des trucs que j’ai pas le droit de faire sur le Net comme par exemple… ce mot !) mais les usages de ma fille (jusque devant les ordinateurs de son lycée, ce que je ne vois pas comment faire) et ceux de mes stagiaires, sachant que la plupart utilisent MSN, les blogs, forums… et ont une réelle vie sociale sur le réseau qui dépasse déjà de loin les limites imposées.
L’idée de l’administration me parait plus être dans le sens : “si y’a un dérapage, on a un responsable déjà designé” que dans le sens “mettons en oeuvre des outils et un enseignement qui évitera les dérapages”…
Le premier cas est un refrain connu, le deuxième demande une connaissance et une implication dans le réseau que peu de responsables de ces mises en oeuvre ont, visiblement.