April 5, 2007

Le buzz et l’intelligence collective

Posted by

Manuel Diaz

A la lecture du post d’Alexis “Valeurs ou asservissements des foules intelligentes ?“, quelques réflexions me sont venues naturellement autour de la notion de buzz, de la qualité des contenus sur le web etc.


Il semblerait qu’une certaine mouvance soit pour un grand nettoyage du web. On peut certes aujourd’hui appliquer la règle des 80/20 : 20% des contenus apportent 80% des réponses sur le web, autrement dit on à peu près 80% de buzz. Dès lors sur quel critère déterminer qu’une information est du buzz ? Se fier à la source ? un journaliste rend-il une information plus fiable du fait qu’il est journaliste ? Une information sur un sujet qui ne m’intéresse pas du tout est du buzz pour moi mais l’est-elle pour tout le monde ?
Cela ne ressemble t-il pas à une intellectualisation exhacerbée du web ? Pourquoi vouloir à tout prix qualifier la qualité des informations des sites web ?
Dans les démocraties modernes, sous couvert de faire croire à chacun qu’il est libre de s’exprimer, certaines instances aiment à croire qu’elles pèsent de tout leur poid sur les contenus journalistiques, à moins que ce ne soit les grands médias qui pèsent de tout leur poid sur les politiques… ou qu’un accord implicite se soit mis en place… Alors vous pensez, laisser librement les gens publier des contenus sans pouvoir les influencer un minimum, c’est un risque qu’ils ne sont pas près à prendre. De fait avec internet et grâce aux réseaux sociaux l’intelligence collective se propage, elle permet, en se regroupant autour de sujets ou d’intérêts communs, d’être plus représentatifs, plus intelligents, plus performants etc.
Il semblerait tout simplement que des citoyens qui s’émancipent, s’élèvent et développent leur esprit critique cela dérange… nous sommes donc bien dans une société où ce qui compte avant tout c’est la consommation et non la réflexion, l’échange etc. Ce que l’on voit aujourd’hui à travers l’homme, c’est un consommateur et l’on oublie trop vite qu’il est un acteur de la société.
Il serait inadmissible de décerner un label de “bonne information” ou “d’information de qualité” comme semblait vouloir le proposer notre actuel ministre de la culture (RDDV)… épisode qui mis bout à bout des DRM et de la DADVSI représente un cumul d’errements assez impressionnant du côté de la société de l’information.
Essayons d’avancer sans mettre trop d’obstacle sous nos pieds, ce sera un peu plus facile pour tout le monde non ?
Le principe est bien que tout le monde trouve sur le web ce qu’il vient y chercher… à quelque chose près… personne n’empêche quelqu’un de ne lire sur le web que ses quotidiens ou ses sources préférées (références du monde réel….). On ne peut pas reprocher au web de produire 80% d’inutile quand les 20% d’utile remplissent 99% des besoins… bref halte à la dictature des pseudos intellectuels. Cela n’est pas sans rappeler la volonté récente de RDDV, de vouloir qualifier l’information (la vraie…) journalistique sur le net.
Ce débat qui consiste à parler de risque d’aliénation n’est pas né avec le web, mais avec les médias en général. Le web n’est aujourd’hui qu’un catalyseur de ce risque par sa facilité d’accès et son ouverture.
Aujourd’hui s’il existe un problème, c’est peut-être du côté des moteurs de recherche… et si des expériences comme Yahoo questions/réponses sont nées ce n’est certainement pas par hasard…
N’oublions pas que le web est un écosystème et plus on y mettra de règles plus il y aura de “monde underground” qui naitront. Il est capable de se réguler de lui même… comme tout écosystème… il y aura des hauts et des bas… c’est tout. L’intelligence collective dérange et c’est bien normal… l’idée qu’une masse d’individus soit plus puissante que quelques individus très intelligents remet en question des tas de concepts, à commencer par l’éducation et la façon dont nous la concevons en france…

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