May 22, 2007

Second Life et les services publics

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Manuel Diaz

second_life_logo.jpgLe très sérieux Institut Suédois, une entité du ministère des affaires étrangères dont la mission est de fournir des informations sur le pays, a annoncé le vendredi 18 mai que la Suède serait le premier pays à ouvrir sa propre ambassade dans Second Life.
Il s’agit pour cet organisme de communiquer sur le pays, mais aussi et surtout d’indiquer toutes les démarches qui permettent d’obtenir des documents administratifs.



Je sais, les septiques vont me dire “à quoi bon aller sur second life pour trouver des documents en téléchargement sur leur site ?”. Dans ce cas, à quoi bon faire des vidéos virales distribuées ça et là, qui sur Youtube, qui sur DailyMotion etc. quand il suffit de les poser sur son propre site. C’est un des aspects de la viralité qui caractérise le web 2.0. Des outils ont émergé et se sont révélés populaire, dès lors ils représentent un potentiel non négligeable au regard de politiques marketing toujours à la recherche de nouveaux espaces.

Second Life, c’est aujourd’hui 6 millions de visiteurs dont 1,2 millions d’actifs. Certains diront que cela fait donc 4,8 millions de zombies dans ce monde virtuel, et ils auront raison. Mais toujours est-il que cette initiative des suédois est très intéressante et qu’elle pourrait bien donner des idées à certains.

Imaginez un peu, préparer un voyage non plus à partir de photos mais de paysages en 3D reconstitués où votre avatar (personnage virtuel) pourrait se déplacer à son aise et visiter les lieux pour affirmer son choix… ça fait rêver et nous n’en sommes en fin de compte pas si loin que cela.

Pour revenir à la réalité et en attendant l’ambassade de suède, vous pouvez toujours vous promener au festival de Cannes, y monter les marches virtuelles (c’est déjà ça) et échanger avec des stars… enfin avec leurs avatars.

J’avoue être bluffé par les suédois, oser le service public dans Second Life, c’est courageux, mais pas dénué d’intérêt. Comme toujours, ce qui est passionnant, ce sont les usages qui vont émerger de cette tentative. Peut-être que Second life ou ses équivalents vont vivre une nouvelle vie.

Et pour aller plus loin dans la réflexion, les univers virtuels persistant ne sont-il pas le devenir des sites internet d’aujourd’hui, à la croisée du virtuel et du réel et dont Second Life ne serait qu’un brouillon ? On a souvent dit que ce qui manquait au web d’aujourd’hui c’est de l’humain, du contact, c’est aussi ce qui explique le besoin de communiquer de former des réseaux etc.  Avec ces univers, c’est certes toujours virtuel, mais au moins les avatars se déplacent dans un univers connu avec des codes du monde réel, et quelques réalités augmentées c’est vrai (on peut voler sur Second Life par exemple…)

Stéphane Bayle

En fait les Maldives ont gagné la course à la 1ere ambassade dans SL…
http://metaversed.com/22-may-2007/maldivians-snub-sweden-open-second-lifes-first-virtual-embassy
Le ministère délégué aux Affaires européennes (dénomination d’avant Sarko) a ouvert une Maison de l’Europe dans SL
http://tf1.lci.fr/infos/high-tech/0,,3404843,00-maison-europe-dans-second-life-.html
Pas mal, mais cela manque singulièrement d’ambition, le budget astronomique de cette opération a atteint la somme folle de 30 USD plus une personne chargée de renseigner les visiteurs.

Jean-Luc Grellier

Merci de ces précisions Stéphane.
J’ai tendance à dire que dans le public, les intentions sont déjà un premier pas, ensuite on verra… il ne faut pas trop ne demander non plus.
Les acteurs publics dans les mondes virtuels alors que certains ne sont pas encore à l’ère internet… C’est en tout cas un sacré challenge, et pour l’administration et pour Second Life et ses cousins.

Stéphane Bayle

Je suis d’accord avec toi Jean-Luc, mais quand on est quelques uns en France à se positionner sur ce marché, on aura du mal à vivre avec des projets à 30 USD 😉
Patience, patience…

Ben S.

Je ne sais pas ce que va donner l’expérience suédoise, ni même combien ça leur coûte. Mais si ça peut faciliter les démarches de quelques milliers d’utilisateurs c’est déjà ça : leur objectif est de founir un “service”.
Personnellement, je trouve leur démarche tout à fait logique dans la tendance actuelle qui est :
– de proposer toujours plus de services aux utilisateurs
– de proposer plus d’interaction (principe de consom’acteur, contenus gérés par les utilisateurs, toujours plus d’intéractions demandées).
– de rendre accessible la même info (et le même service) sur un panel de médias/types d’utilisateurs de plus en plus large (sites accessibles depuis les mobiles et autres supports tels que tablettes braille et lecteurs d’écran, depuis le bureau grâce aux widget, etc…)
Pour moi, l’utilisation de Second Life média à part entière surtout pour des services qui demandent traditionnellement un contact avec une autre personne à un guichet ou autre s’avère une bonne piste.
Le problème majeur à mon avis est plus d’ordre technique :
– Il n’y a pas QUE Second Life comme plateforme d’univers virtuel, ce qui pose encore une fois le problème d’interopérabilité de ces univers virtuels.
– L’inscription et l’apprentissage y sont assez fastidieux, ce qui met un peu par terre les avantages de l’utilisation d’univers reconstitués qui serait plus utile aux personnes mal à l’aise avec le Web. Or ce sont plutôt des early adopters qu’on s’aprête à trouver du coup sur ce genre de plateforme.

Jean-Luc Grellier

A lire également sur le sujet le dernier post de Fred Cavazza…
http://www.fredcavazza.net/index.php?2007/05/27/1540-vers-un-second-life-20

dedawad

Préparer un voyage sur second life, ça ne me fait pas rêver. Voir en 3D ce que vont être les images de mes vacances, ça en enlève toute la magie et notamment la part de rêve.