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August 19, 2009

La BNF rend les armes, question posée à l'édition ?

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amo@emakina.fr

Nous avons donc appris cette semaine que la BNF allait se résoudre à un partenariat avec Google. Il est facile d’y voir un dépôt des armes. 4 ans et demi après que Jean-Noel Jeanneney se soit élevé contre l’appropriation des fonds littéraires par Google et appelé à l’indépendance, il faut se souvenir que son propos n’était pas de rejeter Google, mais de pouvoir aussi avoir un accès digital à la culture qui peuple les rayons des grands fonds publics français et européens.< br/>S’en est suivi une impulsion de volontarisme politico-industriel digne des années 70, accouchant de Quaero et finalement de peu de choses au regard de l’idée initiale d’être compétitif. Depuis Europenana a ouvert, mais elle est isolée, à l’heure où l’important n’est pas d’avoir un site, mais qu’il soit inscrit dans l’écosystème où se développent son économie et ses usages. La BNF va donc signer avec Google, tout simplement par réalisme économique. Et finalement, c’est une entreprise privée, Google, qui réalise la bibliothèque mondiale, comme l’a souligné Alain Beuve-Méry, parce qu’elle a inscrit le sujet dans un écosystème porteur.

Pendant ce temps, en préchauffe de l’éternel retour d’Hadopi sur la scène politique, un Attali un peu fataliste vient redire ce que tout le monde sait, à savoir que tout cela ne sert à rien et que les trains sont loin devant. Pendant ce temps, Isabelle Huppert constate que le “piratage”, c’est aussi la diffusion des oeuvres là où les elles ne sont pas distribuées et surtout, personne, dans le monde des médias ou de l’édition ne relève qu’Apple va très probablement s’occuper de leur cas.
L’autre soir, j’écoutais, fasciné, une émission sur France Inter au sujet du livre électronique. À part balayer l’affaire en postulant que ça n’intéresserait pas les gens, les invités concernés faisaient tout pour ne pas avoir à penser que leur petit monde pourrait être lui aussi amené à s’interroger très fort sur sa modernité. Pendant ce temps, au Brésil, on pense que c’est une opportunité. Le même jour, un restaurateur interrogé à propos des guides gastronomiques, indiquait que c’étaient de bons “labels” certes, mais que, pour ce qui était de remplir la salle, c’est Internet qui faisait le boulot, et de parler notamment du bouche-à-oreille et de réseaux sociaux bien connus.
Ce que je pense, c’est qu’en ce beau mois d’août, on a fini d’enterrer les illusions d’un interventionnisme d’Etat dans le domaine numérique. L’Etat n’a rien à dire et son jusqu’au-boutisme sur Hadopi n’entretient que l’immobilisme. Je ne parle pas de l’économie digitale, elle fait ce qu’elle a à faire, ni même de l’économie réelle, qui prend le digital avec pragmatisme. Je parle de tous ceux qui se reposent facilement sur leurs certitudes de pré-carrés, convaincus par l’immobilisme d’en haut. À ceux-là, je prédis une rentrée pleine de surprises…

Jean-Luc Grellier

Le roseau plie… mais ne rompt pas #8)