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June 9, 2011

Le net passe, le CSA reste à quai

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Manuel Diaz

Faut-il en rire ou en pleurer ? Saisi par une chaîne de télévision, le CSA vient d’intimer l’ordre aux médias audiovisuels de cesser de nommer les réseaux sociaux, au motif qu’il s’agit de publicité (interdite sur les ondes en dehors plages dédiées). Exit donc les “Retrouvez-nous sur Facebook” ou les “Réagissez sur Twitter avec le @1214info”. Et place à : “Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux” ou un “Réagissez sur les réseaux sociaux”.

Cette décision, perçue comme archaïque et totalement décalée, a très vite beaucoup buzzé, suscitant d’autant plus d’incompréhension et colère qu’elle survient juste après le eG8 qui a acté un consensus clair : il est indispensable de cesser de légiférer sans avoir au préalable pris le temps de réfléchir et comprendre les courants à l’oeuvre.

S’il s’agissait de faire parler de lui, le CSA a réussi. Réussi aussi à démontrer par l’absurde que le monde audiovisuel vit dans une bulle, hors de la réalité des média du XXIe siècle. Et que le cadre législatif dont le CSA est le gardien est aujourd’hui coupé du réel.

Car, pour son propre malheur, cette décision de l’autorité de régulation est malheureusement logique. Les réseaux sociaux sont en effet des services de sociétés privées, des marques, et les citer relève effectivement de la publicité, le caractère d’intérêt général qu’on voudrait donner aux réseaux sociaux n’étant pas reconnu par la loi. Le CSA est donc dans son droit, ce qui n’interdit pas de penser qu’il a manqué une magnifique occasion de réinterpréter ses textes et de faire preuve d’un peu de créativité.

A quelques exceptions près, les chaînes de télévision sont elles aussi des entreprises privées, ce qui ne les empêche pas de se citer mutuellement, comme elles citent tous les médias “traditionnels”. Le CSA avait donc une opportunité : reconnaître aux réseaux sociaux la qualité de média. Il n’a pas osé le faire et démontre ainsi qu’il n’a rien compris à la société de l’information du XXIè siècle.

Cette occasion manquée de prouver sa pertinence sur internet devient presque risible si l’on se souvient qu’il y a quelques mois le CSA a tenté en vain de se faire attribuer des prérogatives sur le net. Non seulement cette décision le ridiculise auprès des internautes, mais elle justifie qu’on lui refuse la légitimité d’élargir son périmètre.

Il y avait pourtant un moyen très simple d’éviter cette déroute : interroger le Conseil National du Numérique. Mais le CSA s’en est bien gardé. Encore une autre occasion manquée. Cela commence à en faire beaucoup. Trop même.

Tribune également parue dans l’édtion du 9 Juin 2011 de Stratégies

Frugier

Les entreprises devraient-elles aussi retirer de leurs revues de presse?
Et si le Conseil National du Numérique demandait une réciprocité…les sites web ne pourraient désormais plus citer les noms des chaînes audiovisuelles?
Mais bon, c’est un réflexe valable au-delà des médias : quand on a peur ou que l’on est en crise, on se referme, on a peur de l’autre, on ferme les frontières et les passerelles. Et à la fin, les digues cèdent, sous la gronde et la pression.

Manuel Diaz

C’est avant un problème de jugement : les entreprises qui propulsent les media sociaux sont certes des entreprises privées mais leurs noms sont avant tout connu comme des media. Ne voit ont pas a la fin de chaque journal TV une revue de presse qui cite aussi des marques de presse écrite comme Libération, Le Figaro, le JDD etc ?
Le CSA a surtout perdu une occasion de montrer sa compréhension du monde actuel et a fait la preuve de son incompétence au sujet du digital qu’il prétendait il y a pourtant peu vouloir faire entrer dans son périmètre.