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May 7, 2012

Quand l’Opendata crée de nouvelles marques

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amo@emakina.fr

L’Open Data répond à une puissante attente sociétale de transparence. Celle-ci n’est pas restreinte au seul champ de l’action politique. C’est un principe qui s’applique partout, y compris aux acteurs économiques. Mais le fait que ce soit d’abord les politiques qui s’en emparent est le processus classique de réappropriation d’une attente de la société, le politique ayant pour rôle de la traduire.

Au stade où nous en sommes, ne nous focalisons pas sur des retombées économiques à court terme car  l’économie de open data, au sens de l’exploitation des données par des opérateurs économiques, n’en est qu’à ses débuts et ouvrir des données ne suffit pas. Faire des concours d’application est un passage obligé, mais n’est pas la condition suffisante. D’une certaine façon, il faut une structure commerciale et du marketing. Comme dans le monde réel, le tout n’est pas d’avoir une bonne idée et de la délivrer, il faut la vendre !

Exigence de modernité

L’enjeu, aujourd’hui,  est et reste une exigence de modernité de l’action publique, dans ce qu’elle résonne avec l’exigence de transparence et de vertu démocratique présente dans la société. S’il y a un objectif à court terme, c’est bien celui-là. Et son application réside, pour un territoire, à s’appliquer le modèle à lui-même, donc à se transformer. Après tout, le premier client des territoires qui se lancent dans l’open data, ce sont les territoires eux-mêmes ! L’Opendata peut être un puissant levier de performance, car il décloisonne et transversalise l’action par les données.

A mon sens, il ne peut pas y avoir d’opendata sans une remise en question fondamentale de la manière dont on produit du service dans un territoire, en réinventant la donnée publique et en lui redonnant  sa vraie utilité citoyenne. La data c’est un bien collectif . Il me semble, aujourd’hui, que les démarches opendata sont un peu trop tournées vers le citoyen et le développeur, et pas assez sur la collectivité elle-même. Or c’est la collectivité qui peut et doit en tirer profit.

A condition d’être vigilant d’une éventuelle superposition administrative française qui pourrait se développer en superpositions Opendata. Imaginez la métropole locale avec son initiative, le Conseil Général avec la sienne, et la Région avec la sienne , sans compter l’Etat lui-même et l’Europe ! Bref, chacun son entrepôt de données, sa démarche et plus particulièrement sa communication, son marketing et sa quête de valorisation. Quelle perte d’énergie ! Comme souvent, nous avons tendance à enfermer les idées et les initiatives dans des boites. C’est un des paradoxes de l’opendata, qui se veut l’incarnation des notions d’ouverture, quand une partie des démarches se veulent auto-centrées sinon propriétaires.

C’est pourquoi, il faut saluer ceux qui, d’emblée, prennent l’initiative d’ouvrir largement leurs données et permettent à l’échelle de leur territoire d’accueillir celles des autres collectivités, sans exclusive. Je pense en particulier au Loir-et-Cher (1) qui, sous l’impulsion de Maurice Leroy, président du Conseil général, a eu la pertinence d’inscrire l’Opendata dans une marque partagée, ouverte à tous, et dans une logique de laboratoire, qui sert la modernisation du territoire et incite aux initiatives.

Une nouvelle façon de penser et de faire l’action publique

L’opendata, ce n’est pas simplement ouvrir des données, faire acte de transparence et tacher de susciter des vocations de développement. C’est d’abord et avant tout un formidable levier de modernisation dans la façon de penser et de faire l’action publique, de façon plus ouverte, transversale, par adhésion et coopération. Ce n’est pas une solution toute faite à appliquer, c’est une véritable révolution des mentalités.

Il y a donc un risque à ne voir dans l’opendata qu’un outil. Il faut l’inscrire dans une démarche globale. Une démarche qui oblige à se concevoir coopérant et naturellement agile. Quand le monde politique offre un modèle de transparence et de modernité au monde économique , cela s’applaudit des deux mains !

Cette tribune a été initialement publiée sur Le Cercle des Echos

TT

On peut théoriser une autre utilisation, sous forme d’une visualisation généralisée des réseaux qui tissent notre monde : http://www.raison-publique.fr/La-connaissance-et-la-praxis-des.html