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October 8, 2013

Quand l’art croise le digital : à la rencontre de Systaime, artiste numérique

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Manuel Diaz

Comprendre le monde dans lequel nous évoluons est vital. Il en va de notre capacité à anticiper les usages, les tendances et les codes de nos contemporains. La révolution digitale étant consumée, nous savons comment la publicité s’est adaptée. Nous savons en revanche beaucoup moins comment l’art, discipline historiquement liée à la pub, a évolué. Comment les artistes jugent-ils les nouvelles pratiques possibles ? Qu’en font-ils ? Comment envisagent-ils le futur de cette relation ?

 

Pour apporter des éléments de réponses, Emakina est partie à la rencontre de Systaime, fondateur du mouvement French Trash Touch et acteur important du réseau artistique alternatif international de l’art numérique et de l’art en réseau.

 

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1/ En 2013, l’artiste numérique utilise le web comme le peintre son modèle ou sa toile…

 

« Je considère l’art numérique comme le Street Art du 21ème siècle, les territoires d’expression sont partout, tu as de l’art là où tu ne t’y attends pas forcément ». Ce sont par ces mots que Michaël Borras, a.k.a. Systaime fondateur du SuPer Art Modern Museum se présente. Le ton est donné. En quelques phrases, on comprend rapidement l’état d’esprit qui anime les net-artistes : leur art est un processus créatif pour l’échange, la co-construction et la diffusion au sein d’un « village planétaire ». Ce qui interpelle également avec l’art numérique, c’est « sa qualité spécifique d’être immatériel et natif de l’outil par lequel il se transmet ».

 

Mais l’art numérique c’est aussi de nouveaux outils. Si Toulouse-Lautrec, Rockwell, Lichtenstein ou Goude bénéficiaient de savoir-faire hors du commun, l’artiste numérique n’a rien à leur envier. Avec l’apparition et bientôt la profusion d’objets techniques qui nous entourent, l’artiste est plus que jamais un manuel qui sculpte, dépeint et expérimente.

 

2/ … et les objets techniques, la machine et les codes, comme un pinceau.

 

Comme l’écrivait Madeleine Akrich, sociologue et ingénieur française également chercheur au centre de sociologie de l’innovation à l’Ecole des Mines de Paris, en 1987 dans la revue Techniques et Culture dans son texte « Comment décrire les objets techniques ? », le concepteur d’une technologie « propose un “script”, un “scenario” qui se veut prédétermination des mises en scène que les utilisateurs sont appelés à imaginer à partir du dispositif technique et des pré-scriptions (notices, contrats, conseils…) qui l’accompagnent ». Car si les technologies sont pensées pour une utilisation dite « normale », l’artiste numérique dans sa logique d’interprétation du monde entre dans la boite noire de l’objet pour y déceler les failles et les bugs qu’il sera à même d’exploiter. Un concept proche de la vision de Systaime lorsqu’il décrit son art : « ce qu’exposent les artistes du net-art n’est autre que la réappropriation humaine des connaissances instrumentées par la technique. […] L’artiste ne détourne pas de manière “hackée” mais amène un petit décalage dans le conforme ».

 

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3/ L’œuvre numérique, nouvel enjeu de protection de la connaissance codifiée

 

De la même manière que la presse et la musique ont du trouver de nouveaux modèles économiques, l’art doit faire sa place et assurer sa pérennité. Systaime le martèle : « l’art numérique parvient à construire de nouvelles normes tant esthétiques qu’économiques ». Même si l’on peut saluer les initiatives déjà lancées par des marques en matière d’association avec un artiste numérique comme Perrier, Ford ou Panasonic, le marché du net-art demeure relativement peu médiatisé. Il est pourtant capital pour les acteurs de ce marché de mettre en place des solutions pour quitter la précarité de leur statut actuel.

 

 

Systaime connaît parfaitement ces nouveaux enjeux : « La bulle internet évolue et devient un capitalisme cognitif que les institutions et les industries devront consolider et protéger en transformant les biens marchands en connaissances codifiées ». Effectivement, d’une œuvre matérielle et exposable en galerie, l’art numérique apporte de nouvelles formes de créations interactives et techniques tout à fait immatérielles : « aujourd’hui, la question qui se pose n’est pas tant l’émergence des œuvres du web sur le web mais comment manœuvrer d’une société industrielle à une société de la connaissance ».

 

4/ L’artiste numérique comme initiateur de nouvelles expériences de marque.

 

En bouleversant les technologies, le digital bouleverse aussi les usages et les disciplines. Comme cela a toujours été le cas, l’art numérique constitue une nouvelle observation de notre société désormais régit par les codes numériques. Ces nouveaux artistes, au-delà leur capacité à exploiter ce territoire d’expression, entrent dans les objets techniques pour y injecter leur dose de créativité, à l’origine de nouvelles expériences. Car si publicité et art sont si proches, c’est avant tout parce qu’un dénominateur leur est commun : celui de la créativité. Animé par une soif de connaissance, de détournement et de liberté, l’artiste numérique possède cependant quelque chose que l’agence de communication n’a pas : la possibilité d’évoluer en dehors du cadre de la conformité.

 

Et si la meilleure façon pour une agence de penser en dehors du cadre était finalement d’aller chercher les idées directement en dehors du cadre ? Alors Systaime aurait certainement raison : « les marques ont également tout à gagner à incarner notre art plutôt que simplement le raccrocher à leurs valeurs ! »

 

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Un grand merci à Systaime et Ellectra Radikal d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et d’avoir été si précis dans leurs réflexions. Systaime est à retrouver sur Facebook, Twitter, Dailymotion, Youtube et sur son site !

 

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